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Les "Wuhan files" : preuves à l'appui, CNN révèle que la Chine a minoré la crise de la Covid-19

Les "Wuhan files" : preuves à l'appui, CNN révèle que la Chine a minoré la crise de la Covid-19 2020-12-02
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Le personnel médical transporte les premiers patients infectés par la Covid-19 à l'hôpital de Wuhan, en Chine le 4 février 2020 © AFP / Xiao Yijiu / XINHUA

Des dossiers officiels chinois ont été transmis à CNN par un donneur d'alerte anonyme. L'enquête s'appelle les "Wuhan files" et se concentre sur le début de la crise en février 2020. CNN révèle ce que la Chine savait au début de la pandémie, et n'a pas dit au public.

CNN révèle un rapport intitulé "document interne, garder confidentiel". Il s'agit d'une fuite sans précédent de documents chinois qui dévoile pour la première fois ce que la Chine savait dans les premières semaines de la pandémie de Covid-19, sans toutefois en informer le reste du monde. Le rapport de 117 pages provient du Centre provincial de contrôle et de prévention des maladies du Hubei et a été transmis à CNN par un donneur d'alerte anonyme.

Des chiffres volontairement sous-évalués

Le système de comptage des autorités chinoises semble avoir systématiquement sous-évalué les chiffres de la maladie. Dans les rapports révélés, les autorités de la province du Hubei comptabilisent 5 918 nouveaux cas au 10 février, soit plus du double des cas annoncés officiellement à la même date (2 478).

CNN démontre comment les documents officiels, donnant les bons chiffres, ont circulé en interne, sans être connus du grand public et donc du reste du monde.

Le 10 février, seuls les deux tiers des cas déclarés (confirmés ou suspectés) ont été annoncés publiquement.

Le 7 mars, de nouveau, le nombre de cas est largement minoré. Pour cette seule journée, seuls les trois quarts sont publiés. Du début de l'apparition du virus jusqu'à cette date du 7 mars, seuls 86% des cas ont été officiellement répertoriés.

Des diagnostics très lents

Un autre rapport datant de début mars, se trouvant également dans les documents obtenus, affirme que le temps moyen entre l'apparition des symptômes du coronavirus et la confirmation du diagnostic par le système médical était de 23,3 jours. Des experts ont expliqué à CNN que ces délais avaient entravé le suivi et le combat contre la maladie.

Un système de santé régional chaotique et sous-financé

Ce qui ressort de l'enquête de Nick Paton Walsh, journaliste spécialisé en sécurité internationale chez CNN, c'est que le système de santé de la province du Hubei a du faire face avec peu de moyens à une nouvelle pandémie inconnue.

Des révélations qui tranchent avec l'attitude du président chinois Xi Jinping qui s'était présenté devant des personnels médicaux le 10 février.

Le système de tests et de transmission de l'information n'étaient pas à la hauteur de la crise.

Les documents, qui couvrent une période allant d'octobre 2019 à avril 2020 révèlent un système de santé "inflexible, contraint par la bureaucratie et les procédures rigides, sous-équipé pour faire face à une crise émergente".

Un manque de préparation ressort. Le rapport présente le Centre provincial de contrôle et de prévention des maladies comme un organisme sous financé, sans équipement de test efficace, avec du personnel démotivé qui se sentait noyé dans le vaste système de bureaucratie chinois.

Ces documents incluent un audit interne, qui a été écrit dès octobre 2019, donc avant que la pandémie ne survienne. On peut y lire :

"Un manque énorme de personnel et de financements a sérieusement affecté les performances du système de santé publique". L'audit conclut que les responsables du Centre provincial de contrôle et de prévention des maladies doivent attirer l'attention du gouvernement.

Des cas suspects de grippe dès octobre 2019

Les documents révèlent également l'émergence inhabituelle de cas de grippe survenus en une semaine dès le 2 décembre dans la province du Hubei. Cette hausse (de 20 fois supérieure par rapport à décembre 2019) ne touche pas la ville de Wuhan (l'épicentre du coronavirus) mais des villes proches : Yichang (6 135 cas) et Xianning (2 148 cas). Wuhan est troisième avec 2 032 nouveaux cas cette semaine du 2 décembre 2019.

Le centre de recherche et de détection des maladies de Wuhan a ensuite enquêté sur ces cas de grippe et est remonté à deux cas en octobre 2019 dans deux hôpitaux de Wuhan. CNN rappelle qu'aucun lien n'est établi entre ces cas de grippe et le coronavirus, mais selon un expert cité par la chaine, le pic de grippe a peut-être accéléré l'étendue du coronavirus : "Les gens se rendaient dans les hôpitaux pour chercher de l'aide pour la grippe, augmentant les risques d'infection à la Covid-19"

Le gouvernement chinois a pointé du doigt le marché aux poissons à Wuhan comme étant l'épicentre de la crise de mi-décembre, où la viande d'animaux exotiques étaient vendus. Cette affirmation a en partie été remise en question par une étude du Lancet sur les premiers patients de décembre, qui a déterminé qu'un tiers des 41 personnes infectées n'avaient aucun lien avec ce marché.

Le personnel médical en première ligne

Un autre rapport rend compte des décès de six membres du personnel médical au 10 février 2020. Leurs décès n'ont pas été rendus publics, et étaient assez sensibles vu le soutien que recevaient les personnels médicaux sur les réseaux sociaux.

Fin décembre, un médecin de 34 ans, Li Wenliang qui travaillait dans l'un des principaux hôpitaux de Wuhan, a fait partie des médecins réprimandés par les autorités locales et était poursuivi par la police pour avoir tenté de tirer la sonnette d'alarme au sujet d'un virus potentiellement similaire au Sras. À ce moment là, les médias mettaient en garde la population contre "des rumeurs".


Le docteur Li Wenliang de l'hôpital central de Wuhan, est mort après avoir tenté d'alerter sur la gravité de la Covid-19 en Chine dès décembre 2019 © AFP / Li WENLIANG / Social Media

Li Wenliang a contracté la maladie et en est mort le 7 février 2020. Sa mort a provoqué la colère sur les réseaux sociaux. CNN admet qu'il est difficile de savoir ce que les autorités chinoises centrales savaient ou pas de ce qui se passait dans la province du Hubei. Les documents ne montrent pas que Pékin était le donneur d'ordre des actions locales.

La Chine affirme avoir toujours été transparente

Depuis le début, CNN rappelle que la Chine a toujours "défendu sa gestion de la crise". Lors d'une conférence de presse le 7 juin dernier, le Conseil d'État chinois a affirmé que le gouvernement avait toujours publié les informations concernant l'épidémie "en temps et en heure et de manière ouverte et transparente."

La chaine d'information a fait vérifier les documents qu'elle a reçus par plusieurs experts indépendants qui ont confirmé que ces rapports étaient fiables.

Valérie Cantié
CNN / France Inter / MCP, via mediacongo.net
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