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Tshisekedi accélère la descente aux enfers du FCC (Moïse Musangana)

Tshisekedi accélère la descente aux enfers du FCC (Moïse Musangana) 2020-12-08
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Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République

Sanctionnant les consultations politiques initiées à l’effet de refonder l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays après près de 2 ans d’immobilisme de la coalition FCC-CACH, le discours du Président Félix Antoine Tshisekedi à la nation ce dimanche 05 décembre a créé un choc dans le microcosme politique congolais.

L’annonce de la nomination d’un Informateur et la requalification de la majorité qui pourrait s’ensuivre, sur fond de la formation d’un nouveau gouvernement, ont fait monter d’un cran la tension au risque de faire basculer le pays dans la violence. Au centre des enjeux, l’Assemblée nationale s’est transformée en un champ de bataille depuis 48 heures entre le FCC et le CACH & alliés décidés de déchoir le Bureau Mabunda remplacé par le Bureau d’âges et contre qui pèsent une inflation des pétitions. La requalification de la majorité va consacrer une descente aux enfers du FCC dont le Parlement était l’ultime rempart après avoir perdu la présidentielle 2018.

«Il nous faut soutenir le camarade Emmanuel Ramazani Shadary à la présidence de la République, parce que s’il échoue c’en sera fini avec nous», dixit le Député national PPRD Aubin Minaku, ancien Président de l’Assemblée nationale et ancien Secrétaire général du PPRD.


Aubin Minaku

 

Cette profession de foi a été faite aussitôt après que le Président Joseph Kabila, au terme de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, avait jeté son dévolu sur le très permanent Secrétaire du PPRD comme dauphin à la présidentielle 2018. L’ancien speaker de la chambre basse poussait ainsi ses sociétaires élargis au FCC à se ranger derrière leur candidat, même s’ils étaient convaincus que leur Autorité morale n’avait pas misé sur bon cheval. Au terme des élections du 30 décembre 2018, le miracle n’a pas eu lieu. Emmanuel Shadary s’est classé troisième avec 23 % derrière Martin Fayulu, 36 %, et Félix Antoine Tshisekedi, 38 %. Proclamés à titre provisoire par la Ceni et confirmés ensuite la Cour Constitutionnelle après avoir rejeté la requête en invalidation introduite par Martin Fayulu, en fait le candidat Lamuka avait introduit deux requêtes (une avec 61 % et une autre avec 48,5 %), ces résultats ont été au centre d’une grande controverse qui n’a pas moins impacté sur la victoire de Félix Antoine Tshisekedi, présenté comme un «Président nommé» par Joseph Kabila avec qui il a convolé en justes noces au travers de la coalition FCC-CACH.

Parlement comme rempart

Après avoir perdu la présidentielle, le FCC s’est rabattu sur le Parlement avec des majorités confortables aussi bien à l’Assemblée nationale et au Sénat. Il a dupliqué aussi la recette dans la quasi-totalité des 26 provinces. C’était le rempart. Une garantie suffisante pour être au centre de l’action gouvernementale et en donner l’impulsion. Bref, contrôler la marche de l’Etat. Afin d’éviter les aléas de la cohabitation, la famille politique de l’ancien Président de la République a formé une large coalition avec le CACH pour se partager, dans une certaine proportion, des responsabilités dans la gestion de la Res publica.

En réalité, c’est le FCC qui avait le «pouvoir réel» avec la mainmise de son Autorité morale sur les forces de défense, d’ordre et de sécurité, la territoriale, le portefeuille de l’Etat, la justice, l’administration publique, les finances publiques, les affaires, etc. La marge de manœuvre du Président Félix Antoine Tshisekedi s’est trouvée ainsi réduite au point qu’il avait fini par adopter un profil bas. Outre la destitution suspendue sur sa tête telle une épée de Damoclès par les Présidents des deux chambres avec une Cour Constitutionnelle aux ordres, il était au centre des tirs croisés de ses anciens partenaires de LAMUKA et d’autres forces politiques et sociales comme l’Eglise catholique. Sa position était donc difficile à tenir. Par ailleurs, en fait d’une coalition, il s’agissait d’une malice pour se servir de son partenaire comme cheval de Troie afin de revenir au pouvoir en 2023 et reprendre en mains toutes les manettes.

Descente aux enfers du FCC

Bien que malmené, le Président Félix Antoine Tshisekedi s’est donné le temps de comprendre le système qui l’enserrait et l’empêchait de réaliser le programme pour lequel il a été élu. Après une campagne de charme auprès de la population aussi bien à l’interne qu’au sein de la diaspora, de la communauté internationale, de ses frères-ennemis de Lamuka même si Martin Fayulu et Adolphe Muzito sont en marge, de l’Eglise catholique et bien d’autres forces politiques et sociales, le locataire de la cité de l’Union africaine a repris petit à petit du poil de la bête. Son coup de maître aura été ses ordonnances du 17 juillet 2020 portant nomination au sein des FARDC et de la magistrature, avec comme couronnement la prestation de serment des 3 juges de la Cour Constitutionnelle. Non seulement qu’il avait compris que le système Kabila reposait fondamentalement sur ces deux piliers-là, mais aussi il se mettait désormais à l’abri de toute destitution avec la configuration de la Haute Cour. Reconfiguration qui va changer davantage en avril 2021 avec le renouvèlement tertiaire.

Afin de continuer sa marche royale vers son émancipation, le futur Président de l’Union africaine a résolu de resserrer ses lignes-arrières en élargissant sa base. Les consultations, boudées par un excès de zèle, d’assurance démesurée et manque de lucidité par le FCC alors que les rapports de force étaient en train de s’inverser, lui en ont donné les moyens. Et le cri de cœur lancé par le Président F.A. Tshisekedi à travers son speech était pathétique, lorsqu’il souligne : «Ceci n’est pas seulement un discours, c’est un appel à la mobilisation générale face à la dégradation de la situation de notre pays, voulue et orchestrée par les fossoyeurs de la République». Il a touché également sur la meilleure corde en s’adressant à ses compatriotes en 4 langues nationales. Un exercice difficile pour son prédécesseur qui ne sait pas aligner deux mots en lingala après près de 24 ans de vie en RDC, contrairement aux Chinois, Libanais et autres Indiens qui le parlent correctement deux mois après avoir foulé le sol congolais. Un signe de non intégration qui lui coûte présentement cher.

Désormais donc, l’Assemblée nationale devenait une citadelle prenable pour peu que l’on connaît les velléités lunatiques des membres de la classe politique congolaise. Malgré le combat d’arrière-garde et la résistance des cadres du FCC qui ont donné lieu à la violence au sein de l’hémicycle, malgré la foi en leur majorité, Jéricho est tombée. C’est le moins que l’on puisse dire avec l’installation radiotélévisée mardi dans la soirée du Bureau d’âges en vue d’examiner les pétitions initiées contre les membres du Bureau Mabunda. Plus de doute, c’en est fini pour eux au perchoir de l’Assemblée nationale. Avec leur départ, la majorité va changer certainement de camp. C’est une descente aux enfers du FCC. Et le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba n’a plus de ressort suffisant pour résister. Qui sait s’il a déposé sa démission auprès du Président de la République lors de leur rencontre lundi à la cité de l’Union africaine.


L'Objectif / MCP, via mediacongo.net
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JUSTICIER | 4TZW14P - posté le 10.12.2020 à 01:11

CONGOLAIS ,Maitre Firmin YANGAMBI est le SEUL CONGOLAIS digne et CAPABLE DE SAUVER la RDC EN REPRENANT DANS L' IMMEDIAT LA PRESIDENCE squattée de RDC. YANGAMBI le seul qui emprisonné DURANT 10 ANS par le régime KABILA et libéré à l'arrivé de TSHILOMBO malgré cela il continue comme sous KABILA, à défendre LA SEULE CAUSE JUSTE du moment : la destitution et mise en accusation et JUGEMENT de TSHILOMBO pour USURPATION DU POUVOIR et HAUTE TRAHISON par déstabilisation du pays en instaurant l 'ANARCHIE comme gouvernance

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