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Coronavirus : accident de laboratoire, chauve-souris, pangolin, mais d’où vient le SARS-CoV-2 ?

Coronavirus : accident de laboratoire, chauve-souris, pangolin, mais d’où vient le SARS-CoV-2 ? 2020-12-12
Santé
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Si les anniversaires sont habituellement des moments joyeux, celui-ci n’en est pas vraiment un. Le SARS-CoV-2 souffle en effet sa première bougie.

Mais alors que notre combat contre cette pandémie n’est pas terminé, son origine n’est pas encore connue. Fabriqué en laboratoire? Transmission par une chauve-souris ou un pangolin?

Ce matin dans Matin Première, nous avons essayé de faire la lumière sur cette question avec Eric Muraille, chercheur FNRS en Faculté de Médecine à l’ULB ainsi que Zhifan Liu, notre correspondant à Pékin.

La Chine refuse l’enquête

Les premiers cas de coronavirus s’étant déclarés dans la ville de Wuhan, les regards se sont tout naturellement portés sur la Chine. Mais alors que l’Empire du Milieu a réussi à contrôler la maladie grâce à des mesures de confinement très strictes, les autorités s’opposent aujourd’hui à ce qu’une enquête soit faite pour découvrir l’origine du virus.

"Cela fait un an que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) cherche à dépêcher une équipe d’experts" détaille Zhifan Liu, notre correspondant à Pékin. "L’Agence onusienne a bien été autorisée cet été à envoyer une équipe en Chine pour comprendre comment le virus est passé de l’animal à l’homme. Une mission sans risque pour le régime communiste car l’hypothèse d’une transmission par la chauve-souris faisant consensus."

Pas question toutefois pour Pékin d’ouvrir les portes de Wuhan aux experts internationaux pour enquêter sur l’origine du virus. "Pas même l’OMS qui pourtant a été critiqué notamment par les Etats-Unis, pour sa complaisance avec les autorités chinoises. Jusqu’ici, seuls les experts chinois ont le droit de mettre les pieds dans le marché des fruits de mer de Wuhan fermé au public."

Aujourd’hui, Pékin remet même en cause le fait que le virus soit parti de ce marché. "Pour Le Quotidien du peuple, organe de presse officiel du Parti communiste chinois, toutes les preuves sont réunies pour dédouaner Wuhan. Le coupable est d’ailleurs tout trouvé : les produits surgelés accusés d’avoir amené le virus dans le territoire chinois. Pour cela, la propagande s’appuie sur une étude de l’Institut italien du cancer qui affirme que des traces du virus avaient été retrouvées dans le corps de patients italiens dès l’automne 2019. Au début de l’année, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a également affirmé que le virus avait été importé par des soldats américains lors des jeux paramilitaires de Gourin à l’automne 2019."


Aujourd’hui, le marché de Wuhan est barricadé et inaccessible au public. © Tous droits réservés

Pas encore de vérité scientifique

Un an après le début de l’épidémie de coronavirus, son origine n’est donc pas encore claire. "Il n’y a pas de certitude encore à l’heure actuelle" ajoute Eric Muraille, chercheur FNRS en Faculté de Médecine à l’ULB. "La piste la plus probable pour l’origine de ce virus est une infection transmise à l’humain par l’animal parce que le virus est plus proche génétiquement du SARS-CoV-2, identique à 96% a été découvert chez la chauve-souris."

Mais aujourd’hui, une pièce manque encore pour compléter le puzzle, celle de l’intermédiaire. "On ne sait pas encore comment le virus est passé de sa forme animale à sa forme humaine. Il nous manque un intermédiaire. La piste du pangolin n’est pas sûre. Ça pourrait être un autre animal. Comme la chauve-souris elle-même puisqu’elle est consommée en Chine. Mais on ne le sait pas encore."

Et selon lui, il faudra encore beaucoup de temps avant de découvrir l’origine de cet intermédiaire. "Ce type de recherche prend beaucoup de temps. Par exemple, il a fallu près de 20 ans pour établir que l’émergence HIV était due à une augmentation de la chasse et de la consommation viande de chimpanzés dans la région de Kinshasa dans les années 1920 1930."

En continuant sur l’exemple du virus de l’immunodéficience humaine, Eric Muraille explique que le but du jeu est de trouver le patient 0. "Dans le cas du HIV, on a séquencé toute une série d’échantillons en remontant de plus en plus loin dans le temps pour arriver à retrouver les premières formes HIV, ce qui doit être fait également ici pour le SARS-CoV-2. Même si c’est possible qu’on ne le trouve jamais."

Un accident de laboratoire ?

Depuis plusieurs mois, une théorie parallèle à celle de la transmission animale est donnée, celle selon laquelle le virus ait été créé en laboratoire avant qu’un accident ne le laisse se disperser dans la nature. "Aujourd’hui, on ne peut pas formellement exclure cette théorie. Mais il n’y a pas non plus d’information vérifiable en faveur de cette théorie. L’analyse de la séquence SARS-CoV-2 ne montre aucune manipulation génétique du virus. Le seul argument en faveur de cette théorie, c’est l’existence d’un laboratoire de biosécurité de niveau 4 à Wuhan, c’est-à-dire un laboratoire habilité à manipuler les agents pathogènes dangereux pour l’humain."

Mais s’il ne l’a pas forcément créé, l’Homme pourrait avoir favorisé l’apparition de ce virus. "L’émergence de ce type d’agents pathogènes est considérée comme favorisée par toute une série d’activités humaines comme l’envahissement des écosystèmes naturels ou le commerce d’animaux sauvages."

Si certains disent que le virus était présent dans la population avant les premiers cas déclarés en décembre, ce n’est pas l’avis du professeur Muraille. "Les principales informations dont on dispose, c’est l’ensemble des séquences du virus qui ont été obtenues. Il y en a plus de 100.000. C’est vraiment exceptionnel. Quand on fait la phylogénétique, donc l’évolution de ces différentes séquences, on trouve une origine qui, temporellement, se situe à peu près en novembre ou en décembre. Donc c’est à peu près certain que le virus n’était pas présent dans une grande population avant cette date. Maintenant, il est possible qu’il ait été présent en Chine ou ailleurs chez peu d’individus. Mais ça reste relativement peu vraisemblable. Par exemple, dans le cas de l’origine italienne, ce qui a été observé, c’étaient des anticorps contre le virus chez des patients. Mais ça n’est pas du tout la preuve formelle de la présence du virus. C’est peut-être le résultat de réactions croisées, par exemple, entre certains virus."


RTBF / MCP, via mediacongo.net
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