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La Birmanie dans l'impasse après l'inculpation pour corruption d'Aung San Suu Kyi

La Birmanie dans l'impasse après l'inculpation pour corruption d'Aung San Suu Kyi 2021-06-10
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L'armée durcit encore les charges contre la dirigeante qu'elle avait renversée en février dernier. Le pays s'enfonce dans la crise, alors qu'aucune institution étrangère ne semble en mesure d'initier un dialogue entre les militaires et les civils.

Décidée à écarter du pouvoir Aung San Suu Kyi pour de nombreuses années, la junte birmane a annoncé, ce jeudi, qu'elle avait engagé de nouvelles poursuites judiciaires pour corruption contre la dirigeante renversée lors du coup d'Etat du 1er février. De nouvelles charges qui pourraient déboucher sur une condamnation à quinze ans d'incarcération.

Selon le quotidien d'Etat « Global New Light of Myanmar », contrôlé par les militaires, l'élue, qui vit actuellement en résidence surveillée, est désormais accusée d'avoir directement reçu 600.000 dollars ainsi que 11 kilos d'or des mains d'un haut fonctionnaire de la région de Rangoon.

Elle aurait aussi, selon les magistrats pilotés par « Tatmadaw » (le nom de l'armée), bénéficié de loyers sous-évalués pour des terrains où elle a établi, ces dernières années, différentes fondations caritatives. « Elle a été donc été inculpée selon la section 55 de la loi anti-corruption », explique le média du régime.

Cherchant à donner un vernis légal à leur putsch, les généraux birmans, emmenés par Min Aung Hlaing , ont multiplié les charges contre Aung San Suu Kyi, qui dirigeait l'exécutif depuis 2016 avec le titre de conseillère spéciale de l'Etat, et contre plusieurs cadres de son pouvoir civil. Elle est notamment accusée de possession illégale de talkies-walkies, de violation de la loi sur les secrets d'Etat ou encore d'incitation aux troubles publics.

Les premiers procès

Un premier procès couvrant une partie de ces inculpations doit d'ailleurs débuter le 14 juin à Naypyidaw, la capitale légale et administrative du pays. Le lendemain, elle devra faire face, dans une autre procédure également lancée contre l'ancien président de la République Win Myint, à une accusation de « sédition ». Ses avocats - qui ont pu la rencontrer, deux fois quelques dizaines minutes, depuis son arrestation - estiment que ces deux premiers procès pourraient être bouclés d'ici à fin juillet.

En durcissant encore les accusations contre Aung San Suu Ky, qui jouit d'une immense aura auprès de la population et avait très largement emporté les élections législatives de novembre 2020, les militaires confirment qu' ils refusent tout processus de retour à la démocratie et comptent s'installer durablement à la tête du pays qu'ils avaient dirigé seuls jusqu'en 2011. « Je dois dire que la situation dans le pays est très inquiétante. C'est de pire en pire », constatait, mercredi, Kurt Campbell, le coordinateur de la politique américaine pour l'Asie.

Un pays paralysé

 

Le conseiller de Joe Biden dit même craindre un éventuel effondrement de l'Etat birman qui se retrouve débordé par l'intensité de l'opposition de la population au putsch des militaires. Si plus de 850 personnes ont été tuées depuis février dans des manifestations dénonçant la prise de pouvoir des militaires, des actes de résistance continuent d'être organisés tous les jours dans plusieurs villes du pays. Plusieurs secteurs économiques restent aussi paralysés par des grèves massives. Et certaines régions frontalières se retrouvent maintenant déstabilisées par une résurgence de conflits ethniques historiques.

Disposant de peu de relais dans le pays, les Etats-Unis et l'Union européenne ont mis en place, ces dernières semaines, de nouvelles sanctions contre les cadres de Tatmadaw et les grandes entreprises liées à l'armée. Ils comptent toutefois sur les pays asiatiques, réunis au sein de l'Asean (Association des nations d'Asie du Sud-Est), pour convaincre le dictateur Min Aung Hlaing d'accepter l'enclenchement d'un dialogue avec les civils. Mais l'organisation, qui abrite plusieurs régimes autoritaires, n'a pas su, jusqu'ici, orchestrer la moindre médiation.


Les Echos / MCP, via mediacongo.net
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