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La province du Sud-Kivu a commémoré vendredi 1er septembre pour la première fois de manière officielle les massacres perpétrés dans cette région de l’Est depuis 1993. Des milliers d'habitants venus des différents territoires se sont rassemblés au terrain de foot de l'ISP Bukavu en vue d’accompagner le combat du docteur Denis Mukwege. Le Prix Nobel de la Paix 2018 se bat pour obtenir la création d'un tribunal pénal international pour la RDC.
Devant une assistance assise sous des bâches, face cagoulé, ce rescapé du massacre d’Abala témoigne ce qu’il a vécu en 1998. Il a fait le déplacement de Fizi jusqu’à Bukavu :
« À l’époque, j’avais 11 ans. Des hommes en armes, avec des tenues portant des insignes du Rwanda ont encerclé notre église, et sans rien demander ils ont ouvert le feu. Ma mère m’a dit : "Debaba, couche-toi par terre !". Il y avait du sang partout et des cadavres tombaient sur moi. Plus tard j’ai constaté que ma mère était aussi morte. Dans cette église, 284 personnes sont mortes et les rescapées étaient seulement au nombre de 17. »
« Nous pleurons nos frères et sœurs massacrés »
Sur les calicots, on pouvait lire « Nous exigeons l’exhumation du rapport Mapping », « Nous pleurons nos frères et sœurs massacrés pendant les guerres dites de libération », ou encore « les victimes demandent justice ».
Homère Bulakali est l’un des députés provinciaux du Sud-Kivu, insiste sur l'importance de la création d'un tribunal pénal international : « Nous n’allons pas nous arrêter en cours de route. Notre repos, c’est quand nous aurons obtenu le tribunal pénal international pour la République Démocratique du Congo partant des premiers éléments contenus dans le rapport Mapping et que nous devons compléter par les enquêtes qui doivent être menées parce que depuis 2003 jusqu’à maintenant il y a eu des crimes, et ça continue. »
Au nom du gouverneur du Sud-Kivu, le ministre provincial de l’Intérieur et sécurité Théophile Migo Kiluwe rassure : « La recherche d’une paix durable, d’une justice distributive, et de la réparation des dommages causés à plusieurs compatriotes congolais constitue un cheval de bataille du président Félix Tshisekedi Tshilombo qui tient à faire de notre pays un État de droit où les violations des droits de l’homme doivent être sévèrement réprimées ».
Les acteurs politiques et de la société civile présents ont fustigé un certain lobby qui tend à nier et ou étouffer la vérité sur les différents massacres.
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