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« Ne pas oublier. Ne jamais répéter. Commencer à guérir. » C’est autour de ce message chargé de mémoire et d’émotion que le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité et la Commission institutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes ont organisé, ce lundi 25 mai à Kinshasa, un dialogue de haut niveau avec le corps diplomatique et l’écosystème international.

Placée sous le thème « GENOCOST et génocides commis en République démocratique du Congo : fondements et perspectives d’une reconnaissance internationale », cette rencontre a servi de cadre d’échanges et de réflexion sur les enjeux liés à la reconnaissance des génocides commis en République démocratique du Congo, dans une dynamique de vérité, de mémoire, de justice et de réparation pour les victimes.
Les discussions se sont articulées autour de trois panels majeurs : la mise en contexte du GENOCOST et des génocides commis en RDC, animée par le professeur Serge Makaya ; les éléments factuels, présentés par le professeur Junior Mumbala Abelungu ; ainsi que les intentions génocidaires, développées par le professeur Bienvenue Wane Bameme.

Le directeur général du FONAREV, Patrick Fata, a exprimé l’espoir que ce dialogue ouvre « un espace de réflexion collective sur le rôle que la communauté internationale peut jouer dans la préservation de la mémoire, la lutte contre le négationnisme et la construction d’une paix durable dans la région des Grands Lacs ».
« La démarche que nous portons aujourd’hui n’est ni une démarche de haine ni une tentative de réécrire l’histoire au détriment d’autres mémoires. Elle est avant tout une quête de justice, de reconnaissance et de dignité pour des millions de victimes congolaises. Aucune réparation durable, aucune réconciliation sincère, aucune paix véritable ne peut se construire dans le silence », a-t-il déclaré.

De son côté, le coordonnateur de la CIA-VAR, François Kakese, a souligné que cette rencontre visait à réfléchir « avec responsabilité et lucidité aux fondements susceptibles de soutenir une reconnaissance internationale des génocides commis en République démocratique du Congo ».
« Une telle démarche pourrait ouvrir la voie à un travail de mémoire et à la prévention des atrocités de masse. Nous espérons que les échanges permettront d’approfondir la compréhension commune des enjeux abordés, de renforcer le dialogue international autour de la mémoire des victimes congolaises et de soutenir les efforts en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs », a-t-il soutenu.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a quant à lui appelé la communauté internationale à « briser le silence » face aux violences documentées en RDC depuis plus de trois décennies.
« Le silence de la communauté internationale, c’est aussi lorsque l’on ignore les rapports des ONG internationales les plus crédibles, qui renseignent sur des faits qui ne peuvent être qualifiés autrement. Le silence, c’est lorsque ces rapports se limitent à qualifier les faits qui se déroulent en République démocratique du Congo uniquement de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », a-t-il déclaré.
Le ministre a insisté sur la nécessité de qualifier les crimes « de manière correcte ».
« Que les crimes de guerre soient appelés crimes de guerre, que les crimes contre l’humanité soient appelés crimes contre l’humanité, et que les crimes de génocide soient qualifiés de crimes de génocide », a-t-il martelé.
Les échanges se sont poursuivis avec les acteurs de la société civile, auxquels des arguments et outils de plaidoyer ont été présentés afin de soutenir les démarches en faveur de la reconnaissance internationale des génocides commis en RDC.
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