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Thierry Katembwe Mbala : « Les jeunes entrepreneurs congolais doivent tenter de se mettre en association »

Thierry Katembwe Mbala : « Les jeunes entrepreneurs congolais doivent tenter de se mettre en association » 2019-09-16
Interviews / Afrique

Il a remporté le prix de la meilleure entreprise innovante de la construction en 2018 au Congo Brazzaville. Thierry Katembwe Mbala fait partie des jeunes entrepreneurs congolais qui ont choisi la République du Congo comme seconde patrie. Ingénieur en construction industrielle à l’université de Lubumbashi et MBA en développement africain AMM Research institut of management of London est responsable de la Compagnie africaine de construction CAC en sigle, une société de construction BTP qu’il démarre fin 2015 et d’implanter en 2016 la branche de la RDC. Le natif de Lubumbashi et le premier né de l’hôpital de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) envisage d’ici janvier 2020 commencer les opérations au Cameroun. Rencontre

Media Congo Press : Vous avez décidé de créer votre propre entreprise à la sortie de vos études. Comment y êtes-vous parvenu ?

Thierry Katembwe : Non j’ai décidé à ma deuxième année à l’Unilu de créer ma propre entreprise, c’est ça qui m’a orienté vers la construction qui était certes ma grande passion, nécessairement inspiré de mon père qui est ingénieur en construction ; et la construction est plus prompt à évoluer en indépendant. Ainsi, de la sortie de l’université je me suis fixé des objectifs, et j’ai travaillé fortement sur la capacité de management durant tout mon passage dans les entreprises ou j’ai travaillé. Lors d’une mes dernières expériences en tant qu’employé, en l’occurrence Directeur des projets, j’ai beaucoup observé mon patron pour savoir comment s’y prendre dans la gestion des clients, fournisseurs, banques. Lors de ma dernière expérience pour une multinationale, je voyageais beaucoup sous forme de business développement, ce qui m’a affermi dans ma volonté de se lancer. J’ai rapidement fait consultant indépendant et dans la foulée création de l’entreprise. J’y ai mis mes économies et lancé l’activité.

MCP : Faites-vous face à beaucoup de concurrence ? Quelle stratégie avez-vous adopté afin de relever ce défi ?

TK : Oui une très grande forte concurrence. Le défi est d’autant plus grand à relever car CAC a été créé en pleine période de rétrécissement du marché suite à la crise économique et les concurrents sont parfois des multinationales. Ma stratégie : - premièrement j’apprends, je suis ouvert et j’accepte de perdre et d’échouer pour gagner après. Je passe multiples appels d’offres ou je me bats contre les plus grands et là j’apprends et m’améliore, mais évidemment les échecs nous donnent des leçons, mais il nous faut apprendre à gagner et c’est là que j’applique autres choses

MCP : Comment avez-vous financé votre création d’entreprise ?

TK : La première phase de financement s’est effectuée sur fonds propre de l’économie obtenu après 11 ans d’une carrière qui m’a bien souri. La seconde phase dès les premiers marchés jusqu’à ce jour, la quasi-totalité des revenus servent l’augmentation de la capacité, on est sûr de l’auto financement permanent.

MCP : Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?

TK : Oh ! Beaucoup de difficultés ! Et ne le dites pas au passé ; car créer la société a été presque facile, il relevait plus d’une décision. Le plus dur dans la décision c’est de quitter sa zone de confort avec un salaire assuré… il fallait maintenant créer des centaines de salaires. Les grandes difficultés sur la vie du jeune entrepreneur africain, c’est le manque de financement et d’accompagnement financier. On nous demande des garanties souvent foncières à un jeune entrepreneur ! Comment voulez-vous que je démarre ma société et que j’aie déjà des bureaux et bâtiments à moi ? Grosse difficulté avec la fiscalité et les taxations. Grande difficulté d’accès à des cautions bancaires exigées soient par les maitres d’ouvrage pour des appels d’offres soit par des fonds d’investissement pour nous financer.

MCP : Lors de la dernière semaine minière de la RDC, les panelistes ont plus martelé sur la main d’œuvre locale, pourtant les entreprises ont du mal à faire confiance à ces jeunes, quel est votre avis ?

TK : Exactement et aussi je reviens du forum de Makutano 5, ceci était l’un des sujets principaux. A noter qu’à ce jour c’est l’un des grands sujets que son Excellence le président de la République a mis en exergue. Ces entreprises mettent en avant le manque d’expertise, le manque de capacité… Pourtant quand vous observez dans les années 2008 lors du lancement de plusieurs nouvelles usines au Katanga par exemple, nombreux d’ingénieurs sur les projets tant en construction que sur la mécanique, mines… avaient une moyenne de 30 ans et étaient congolais. Je pense que ces entreprises devraient plus nous donner la chance pas subjectivement mais objectivement, en lançant des procédures de qualifications pour entrepreneurs locaux, qui devraient être différentes des procédures de grandes sociétés. Réserver de façon exclusive autant que possible une catégorie d’opération, et aussi, à titre d’exemple, réserver 100 % des investissements et travaux à réaliser, grâce à la RSE (Responsabilité Sociétal d’Entreprise), aux entrepreneurs locaux et aussi jeunes. Elle représente dans le nouveau code 0.03 % du chiffre d’affaires, imaginez-vous que toutes les entreprises minières appliquent cela, l’objectif des champions, les millionnaires que le chef de l’Etat veut créer sera très vite atteint. Les RSE cumulées représentant plusieurs centaines de millions de dollars.

MCP : Et si c’était à refaire, retenteriez-vous l’expérience ? D’une autre manière ?

TK : Oui. Si c’est à refaire dans l’entrepreneuriat, je le referais 1000 fois (rire). D’une autre manière sûrement ! C’est différent aujourd’hui je suis déjà rompu à la tâche, je vois les erreurs du départ, que je ne pouvais pas voir à l’époque. C’est ainsi qu’ayant observé l’environnement en RDC et au Congo-Brazzaville, je me suis décidé de créer une nouvelle société WEZA investissement, sur un secteur peu exploité de faciliter l’investissement, qui va se pencher sur les montages financiers, les montages de financement des projets… je démarre différemment en avançant et pas à revenir en arrière pour corriger CAC.

MCP : A quel niveau classeriez-vous votre société sur l’échiquier africain ?

TK : Difficile de se classer ou de se juger, mais je dirais qu’avec un contexte conjoncturel très dur, CAC aurait été en chiffre et performance parmi les meilleurs start ups d’Afrique. Nous avons été primés comme « Meilleur entreprise innovatrice dans le secteur de construction » lors de la nuit des mérites du Congo Brazzaville. Ceci est une marque de reconnaissance forte et très symbolique de la part de mon pays d’adoption.

MCP : Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et aux jeunes diplômés ?

TK : De croire et de rêver grand, car je l’ai fait et je réalise des rêves. De s’ouvrir, de ne pas se décourager, de tenter de se mettre en association, en start up, de se fixer des objectifs sains. Certes, il n’est pas aisé de créer au sortir de l’université. Mais défier le nombre d’années d’attente d’un emploi en tentant au plus petit échelon on crée la surprise soi-même. Certes le pays et l’environnement doit croire en eux, nous accueillons avec beaucoup de satisfaction la création future d’un fonds de garantie pour jeune entrepreneur. Il y a des jeunes brillants, ma seconde société AITECH qui travaille sur des projets innovateurs de FinTech, je l’ai créée grâce à un jeune informaticien sorti d’école. Donc tout est possible même avec un promoteur.

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