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Sur les pas du Docteur Orphée Makiese à l’hôpital Lariboisière de Paris

Sur les pas du Docteur Orphée Makiese à l’hôpital Lariboisière de Paris 2010-10-04
Stratégies

Dans les nombreux couloirs de l’hôpital Lariboisière à Paris ou nous déambulons, nous nous perdons à maintes reprises.

- « Vous cherchez le département neurochirurgie ? C’est tout au fond à droite, ensuite vous prenez l’ascenseur ».

- « Neurochirurgie ? Ha non ici vous êtes aux consultations. Pour le bloc opératoire, il faut redescendre et prendre la première à gauche, remonter et tourner à droite… »

Finalement, c’est le Docteur Orphée Makiese qui vient nous chercher en personne. Lunettes,  blouse de travail, sourire décontracté…les salutations à peine effectuées qu’il est déjà l’heure de filer au bloc opératoire. Tenue de circonstance obligatoire, nous enfilons donc notre combinaison bleue, masque, bonnet, chaussons et nous sommes fin prêts pour suivre le neurochirurgien dans son lieu de travail. Dernières consignes du docteur : « Restez toujours en dehors de la zone stérile et a tout moment, si vous ne vous sentez pas bien n’hésitez pas à sortir du bloc ». C’est noté !

Dans la salle d’opération, l’atmosphère plutôt chaleureuse contraste avec la basse température des lieux « Pour éliminer le plus possible de microbes » nous apprend t’-on. Tandis qu’une petite équipe (composée entre autres de l’anesthésiste, l’instrumentaliste, l’interne, les circulants) s’agite autour du patient, une légère musique d’ambiance confère au local un côté presque convivial. Blagues, discussions en tout genre, Orphée Makiese jette un dernier coup d’œil sur la radiographie avant de commencer l’intervention a proprement parler. Près de 4 heures plus tard, l’opération est finie et se ponctue par un succès. « Rien d’étonnant à cela car le docteur  Orphée est le meilleur neurochir’ » nous confie un proche collaborateur. Et pour mediacongo.net, loin des scalpels et des bistouris, Orphée Makiese se met à nu…opération à cœur ouvert donc, pour celui qui habituellement ne se trouve pas sur la table d’opération.

mediacongo.net : Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Orphée Makiese : J’ai commencé mes études de Médecine, en 1992, à Paris, sans trop savoir où cela me mènerait. En 1999, je suis devenu interne en Médecine, à l’Hôpital de la Pitié-Salpétrière. Puis, après un détour par Philadelphie(USA), j’ai terminé ma spécialisation en Neurochirurgie en 2007 à Paris et en 2008 à Bruxelles(Hôpital Erasme , ULB). Puis, à Colombus (Ohio,USA), j’ai appris des techniques « endoscopiques et non invasives » : il s’agit d’opérer dans la partie basse du cerveau, en passant par le nez. Enfin en France, à la Faculté de Médecine de Bordeaux, j’ai suivi une formation identique sur la colonne vertébrale. Lorsque des études sont longues, comme c’est le cas en Neurochirurgie, on doit aller chercher l’enseignement là où il est dispensé. Pour moi, ce fut donc à Paris, à Philadelphie, à Bruxelles, à Colombus et à Bordeaux. Me voici donc à présent Neurochirurgien, spécialisé dans les interventions mini-invasives du crâne et de la colonne vertébrale, actuellement chef de Clinique du Professeur GEORGE à l’Hôpital Lariboisière de Paris. Je suis le seul neurochirurgien de l'assistance publique des Hôpitaux de Paris à développer la chirurgie mini-invasive du rachis.

Ndlr : La chirurgie mini-invasive permet au chirurgien d'atteindre sa cible par des incisions de l'ordre du centimètre grâce à l'utilisation d'instruments longs et fins, couplés à un système d'imagerie vidéo. Contrairement à la chirurgie «à ciel ouvert», cette technique chirurgicale limite le traumatisme opératoire. Pour accéder aux organes et aux tissus aisément, la chirurgie traditionnelle impose de faire des incisions larges; cela a des conséquences non négligeables

mediacongo.net : Pourquoi avoir choisi la neurochirurgie comme spécialisation ?

Orphée Makiese : La formulation est d’usage, mais, pour moi, elle s’impose : je n’ai pas choisi la neurochirurgie, c’est elle qui m’a choisi. Après les années de formation de base en Médecine, je me suis d’abord dirigé vers la Médecine interne, pour « faire comme Papa », mais un premier stage en Pneumologie a eu raison de ma motivation. Il se trouve que, pour payer mes études, je travaillais, en parallèle, comme aide opératoire, en Chirurgie orthopédique : là, j’ai découvert un «  nouveau monde », celui de la chirurgie, qui allait devenir le mien. Après de multiples expériences, je me suis alors demandé quel était le stage hospitalier qui m’avait le plus marqué : c’était bien la neurochirurgie. Mais j’osais peu y croire car se posait à moi une question désagréable mais incontournable : un malade français et blanc se ferait-il opérer par un chirurgien noir d’origine congolaise ?
C’est la lecture de la littérature chirurgicale français qui m’a encouragé. J’y ai appris qu’un des plus grands orthopédistes français, Professeur ROY-CAMILLE, inventeur et grand innovateur dans cette spécialité, était un noir. L’un des chefs du plus prestigieux des Services de neurochirurgie pédiatrique, à Paris, est un franco- antillais. En outre, mon père m’avait indiqué de nombreux ouvrages de référence en Anatomie (Kamina) avaient pour auteur un noir. Et puis, après tout, mon père lui-même avait pu s’épanouir professionnellement en France, dans sa spécialité, en y assumant d’importantes responsabilités ! Alors, pourquoi pas moi ? La vie vaut par les épreuves qu’on choisit d’affronter et non par les challenges les plus évidents à relever.
 
mediacongo.net : Quels conseils pouvez-vous donner aux futurs aspirants qui, comme vous, souhaitent se lancer dans la neurochirurgie ?

Orphée Makiese : Assurément, c’est un beau métier ! Pour dire les choses simplement, la Médecine soigne à l’aide des médicaments, la chirurgie utilise le bistouri, mais la neurochirurgie rassemble les deux méthodes. Il a fallu avoir le cœur bien accroché, les nerfs solides, et puis trouver un mentor pour m’initier et me soutenir sur ce chemin difficile. J’ai eu cette chance et cet honneur. Un conseil ? Alors, soyons pratiques : nos compatriotes qui aspirent à la neurochirurgie doivent s’expatrier pour aller se former, puis revenir travailler au pays, puisqu’il n’y a que deux neurochirurgiens en activité pour 65 millions d’habitants ! En France, pour le même ratio de population, il y en a 400 !

mediacongo.net : Justement, puisque vous en parlez, la neurochirurgie au Congo, vous en dites quoi ?
Orphée Makiese : J’en ai parlé. Il ne faut pas avoir peur des mots : elle est lamentable. En pratique, deux neurochirurgiens formés pour une population évaluée à 65 ou 70 millions d’habitants sont installés à Kinshasa, une ville de 10 ou 12 millions d’habitants ! Très mal équipés – pas de microscope ni d’endoscope-, ils y font ce qu’ils peuvent, au quotidien, c’est-à-dire pas grand-chose…L’impact universitaire de mes deux confères est nul, tellement ils sont isolés. Ils ne sont même pas soutenus par les structures universitaires dont les responsables sont systématiquement d’une autre spécialité. Alors, j’ai convié un responsable universitaire, de passage à Paris, pour voir ce qui est accompli ici, dans l’unité prestigieuse de Neurochirurgie de l’Hôpital Lariboisière, et pour envisager une collaboration, qui est chaleureusement soutenue par le Professeur George, une éminence mondialement reconnue. Mais, ce fut peine perdue ! Parfois, la vie comporte des rendez-vous manqués… Mais je suis têtu, je vous l’ai dit ! Il y aura d’autres rencontres, plus fructueuse dans l’intérêt de la médecine et de la neurochirurgie en particulier, au strict bénéfice de la santé des populations de la République démocratique du Congo.

mediacongo.net : Brillant élève pendant les quelques années passées au Collège Boboto de Kinshasa, quel regard portez-vous sur votre pays d'origine?

Orphée Makiese : Même si mon opinion actuelle est aussi le résultat des années passées en dehors du pays, mon regard sur la RDC est affectueux car j’ai beaucoup reçu de notre pays. Je transporte nos valeurs partout ou je vis et travaille : elles me rendent serein.
Il y a d’abord la fraternité souriante, la générosité du partage, le respect des anciens, la relativité qu’il faut accorder aux « choses de la vie ». Je reste très attaché à nos musiques, notre poésie et notre littérature, nos peintres et nos sculpteurs, notre esthétique finalement… Il y a peu, j’ai constaté que nos infrastructures routières sont en rénovation - boulevard du 30 juin, le marché central, la route de l’aéroport, de Matadi, etc. - ; ce sont les prémices visibles d’un infléchissement des actions des politiques. La priorité reste de nourrir, de soigner et d’augmenter le niveau d’éducation de la population pour améliorer concrètement la vie quotidienne, afin de constituer une vraie force de travail. Que puis-je dire aux Congolais ? Rien de plus que ce que disent avec force et de manière récurrente beaucoup de Congolais eux-mêmes que le temps des lamentations est révolu ! Il faut sortir de l’emprise exercée si longtemps par les colonisateurs sur notre inconscient, pour libérer nos forces collectives et faire face à nos défis, sans oublier notre passé, sans le renier. Je ne rêve pas, pour preuve je propose les bases structurelles d’organiser une sécurité sociale de santé basé sur un effort de cotisation publique et privé sectorielle affiliée à des centres hospitaliers adaptés et bien équipés. Ensuite une fédération de sécurité sociale de santé suivra quand le maillage régional puis national sera opérationnel.
Les politiques ne peuvent pas tout, la société civile devrait produire des projets d’envergure régionale et nationale afin de favoriser de façon concomitante l’essor du pays. Voici une proposition concrète sur la sécurité sociale et la santé au Congo.    

mediacongo.net : Quel est votre plus beau souvenir en salle d’opération ?

Orphée Makiese : Mes plus beaux souvenirs ce sont les challenges. Techniquement, cela fait  plaisir de réussir les défis posés par certains cas. Mais humainement, les petits merci glissés ici et là par des patients satisfaits de leur opération, les sourires des familles sont des satisfactions quotidiennes. Chaque jour, je gagne des points et quelque part je contribue au changement.

mediacongo.net : Cela doit être particulier d’avoir ce « pouvoir » spécial de détenir une vie entre ses mains quand on opère ?

Orphée Makiese : Au début, cela peut conférer une sensation particulière. Mais, il faut dépasser ce stade, car il n’y a que comme cela que l’on surmonte les complications.

mediacongo.net : Un tout grand merci Docteur Orphée Makiese !
Orphée Makiese : Merci à vous !

Pour Contacter Orphée,
Veuillez écrire à orpheemakiese@hotmail.fr

 


Orphée Makiese: « Je n’ai pas choisi la neurochirurgie, c’est elle qui m’a choisi »


Petite présentation du matériel

 


âme sensible…


L'opération a été un succès !


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