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Christian Sondi: « Une des réponses aux problèmes que connaît le Congo actuellement, c’est le scoutisme, parce que c’est l’école de la vie… »

Christian Sondi: « Une des réponses aux problèmes que connaît le Congo actuellement, c’est le scoutisme, parce que c’est l’école de la vie… » 2011-05-12
Initiatives

L’année prochaine, cela fera exactement un siècle que le scoutisme existe au Congo. Pourtant, peu de gens connaissent l’existence de ce mouvement international. « Ha bon, les scouts sont aussi au Congo ? » sont quelques-unes des réflexions entendues ici et là. Aussi, pour mediacongo.net, Christian Sondi, membre de la Fédération des Scouts de la RDC, accepte de parler de cette organisation «  Qui ne fait pas beaucoup de bruit mais qui pose des actes concrets ».

mediacongo.net: Pouvez-vous revenir brièvement sur la naissance du scoutisme ?
Christian Sondi : Né à Londres en 1857, Lord Robert Badeen Powell, fondateur du scoutisme et militaire de carrière, a tiré son inspiration pour créer ce mouvement de nombreuses expériences de sa vie. Alors qu’il a le grade de colonel, il écrit "Aids to scouting", une sorte de livre de poche pour éclaireurs militaires. L’usage de « Aids to scouting » dans l’éducation des jeunes conduit Baden Powell à la rédaction de « Scouting for Boys ». Lors de l’été 1907, Baden Powell organise le premier camp scout sur l’île de Brownsea. Au cours de ce camp, il expérimente le contenu de son nouvel ouvrage sur les jeunes. Le succès du camp est à la base de la naissance du scoutisme qui compte aujourd’hui plus de 6 millions de membres.

mediacongo.net: Ainsi, le scoutisme s’est exporté de par le monde en commençant par l’Europe centrale jusqu’à arriver au Congo. Donc, si je comprends bien la manière dont le mouvement a dépassé les frontières, n’importe quel citoyen du monde peut créer sa propre organisation scoute?
Christian Sondi : Si vous créez une organisation scoute aujourd’hui, vous devez vous adresser à l’Organisation Mondiale du Scoutisme qui va vous donner les outils pour mener à bien la mission du scoutisme dans votre organisation. Elle a aussi le pouvoir de vous rappeler à l’ordre et de fermer votre organisation. Une constitution internationale existe au sein du scoutisme mondial. Au Congo, par exemple, la Fédération a failli subir une décision de fermeture. Heureusement,  grâce au travail de bonne foi de quelques chefs scouts, depuis 2008, on a repris nos activités sur de nouvelles bases. C’est la Conférence Nationale des scouts de la RDC qui a permis ce nouveau départ. Lors de cette réunion, tous les chefs se sont réunis et ont listé tous les problèmes rencontrés ces 20 dernières années.

mediacongo.net: Justement, quels sont les problèmes rencontrés par la Fédération au Congo ?
Christian Sondi : Les Associations fonctionnent d’abord avec les contributions des membres. À la FESCO( Fédération des Scouts du Congo), les membres ne cotisent pas régulièrement. Cela a engendré un problème de financement. Le manque d’argent a donné naissance au problème de gestion notamment la difficulté de communiquer tant avec l’extérieur de l’Organisation qu’avec l’intérieur de l’Organisation elle-même. L’insuffisance de communication avec l’extérieur a, par conséquent, caricaturé l’image du mouvement vu de l’extérieur. Cela a occasionné la perte des partenaires à tous les niveaux, des parents des jeunes à l’échelon des groupes, aux organismes et institutions à l’échelon national en passant par les échelons provinciaux et les districts.
L’éducation dans le scoutisme est très originale. Le jeune s’auto-éduque avec l’accompagnement de l’adulte. Ceci exige donc que les encadrants soient suffisamment bien formés pour cerner les limites de leur intervention dans ce processus éducatif. Ainsi, la qualité du scoutisme réside dans la qualité de la formation des responsables adultes qui encadrent les jeunes. Par manque de moyens, et par insuffisance de communication interne, les nouveaux volontaires inscrits pour encadrer les jeunes auprès des groupes, ainsi que les nouveaux gestionnaires des structures (groupes, districts, commissariats provinciaux et structure nationale) n’ont pas reçu le training adéquat aux différentes tâches et postes de responsabilité qu’ils se sont adonnés. Ce sont des anciens scouts qui, fort de leur expérience passée du scoutisme, ont cherché à combler cette carence en ressource adulte au sein de la FESCO. Néanmoins, la bonne foi dont ils font preuve et leur expérience ne suffisent pas. Il ne s’agit pas d’aimer le scoutisme, il s’agit de le connaître.

mediacongo.net: Le scoutisme est arrivé au Congo 5 ans après sa naissance soit en 1912. A l’époque, exclusivement réservé aux enfants des colons, il a fini par s’étendre à toutes les franges de la population. Et à l’heure actuelle, la Fédération des Scouts de la RDC compte entre 50 et 60 000 membres mais suite aux vicissitudes récurrentes au pays, elle n’a pas toujours fonctionné. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Christian Sondi : Sous le régime de Mobutu, dans les années 70, le scoutisme subit la décision de fermeture de tous les mouvements de jeunes au Zaïre. Le scoutisme était directement visé mais toutes les activités des jeunes ont été fermées puis converties en JMPR (Jeunesse du Mouvement  Populaire de la République-parti unique de l’époque). C’est seulement au début des années 90 (après la chute du mur de Berlin) que le mouvement s’est construit autour d’une seule association nationale : la Fédération des Scouts du Zaïre FSZ, devenue Fédération des Scouts de la RDC – FESCO .  La Fédération des Scouts du Zaïre était indépendante du pouvoir  en place mais a passé beaucoup de temps sans exercer d’activités réelles (de 1994 jusqu’en 2008).En fait, elle a fonctionné mais en dissidence : un chef a créé sa fédération à gauche, un autre à droite etc.

mediacongo.net: Vous parliez tout à l’heure du déficit d’image dont souffrait la Fédération mais est-elle bien connue à Kinshasa ?
Christian Sondi : Non elle est mal connue aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la Fédération. Déjà les membres ne connaissent pas beaucoup de choses de leur propre mouvement. Nombreux connaissent le scoutisme uniquement comme l’ensemble des activités ludiques avec les jeune. Mais très peu savent que ces activités requièrent une organisation rigoureuse parce qu’il s’agit du domaine éducatif. Que le scoutisme a un autre visage : c’est une organisation, avec des institutions, des règlementations, etc. Je suis personnellement content de constater que de plus en plus de membres prennent conscience de cela. On enregistre davantage d’adultes inscrits dans le cycle de formation des Chefs d’Unité au sein de l’Association des Scouts de Kinshasa d’où je suis membre. Toutefois, au niveau extérieur,  j’ai fait des sondages avec des chefs de plusieurs districts pour demander aux personnes sondées ce qu’elles connaissaient du scoutisme et on s’est rendu compte qu’elles ne connaissaient pas grand-chose. Du reste, le scoutisme au Congo démocratique a une image qui ne reflète pas ce qu’il est véritablement, ou du moins, ce qu’il devrait être et ce à quoi il aspire.

mediacongo.net: Peut-être que la méconnaissance du scoutisme est liée au fait que ce n’est pas une préoccupation principale pour le citoyen lambda.  Quand on sait que des millions d’enfants au Congo ne sont pas scolarisés et que la situation socio-économique n’est pas au beau fixe, la population a certainement d’autres priorités. Pensez-vous que c’est important de développer de telles structures dans un contexte pareil ?
Christian Sondi : Le Congo est en crise sur tous les plans. L’interdépendance entre les secteurs fait que nous sommes dans un cercle vicieux. Investir dans l’éducation pour relever l’économie, ou investir dans l’économie pour disposer des moyens d’éduquer ? Investir à long terme ou satisfaire et soulager les besoins du moment ? De ces questions sur les grands sujets, de mon point de vue, les réponses se trouvent dans les petites choses. En réalité, toutes les questions liées à la crise du Congo se résument à une chose : « Le problème du Congo est un problème d’Hommes ».
Une des réponses aujourd’hui aux gros problèmes du Congo c’est le scoutisme parce que c’est l’école de la vie ; l’espace où  l’homme se construit pour être autonome, au service de la communauté avant tout. La mission du scoutisme mondial est justement l’éducation des jeunes pour qu’ils puissent jouer un rôle constructif dans la société.

 mediacongo.net: Votre mot de la fin ?
Christian Sondi : Actuellement, un travail de refondation de la Fédération se fait au niveau national. Ces deux dernières années, elle a enregistré un certain progrès. En matière de gestion par exemple, elle s’est dotée des lignes directrices (politique nationale de la gestion des ressources adultes, programme national des jeunes, politique national des finances, etc.), d’un siège, d’une personnalité juridique, etc. J’appelle les membres et tous ceux qui peuvent contribuer à apporter leur aide. Sur le plan communicationnel, la FESCO a besoin d’espace médiatique. Merci à mediacongo.netpour cette occasion que vous nous offrez de  nous exprimer. A l’intérieur, la Fédération a besoin de la collaboration des adultes-membres au processus de changement notamment en assistant aux formations. Sur le plan Ressources Humaines, toute personne ressource volontaire désireuse de donner son temps à l’encadrement des jeunes ou à la gestion des structures est la bienvenue.


Pour plus d’informations :
Tèl : +32488392598
Email : info@scoutrdc.orf
Propos recueillis par Anda Busaki


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