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Kemal Saïki : " la MONUC est mariée avec le Congo depuis maintenant 8 ans, il y a eu quelques bas mais beaucoup de hauts "

Kemal Saïki : " la MONUC est mariée avec le Congo depuis maintenant 8 ans, il y a eu quelques bas mais beaucoup de hauts " 2007-02-20
Interviews
La Monuc, Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo est la plus importante mission de maintien de la paix dans le monde, une mission qui joue un rôle majeur dans le processus de pacification de la RDC. mediacongo.net a rencontré pour vous, Monsieur Kemal Saïki, Directeur de l'Information Publique, qui explique le mandat, les objectifs, les réalisations ainsi que les implications de la Mission.

Monsieur Kemal Saïki, pouvez-nous définir la MONUC ?

La MONUC est, a l'heure actuelle, la plus importante mission de maintien de la paix de l'ONU dans le Monde. Elle est maintenant citée comme un modèle dans ce domaine, du fait du travail immense qu'elle a réalisé dans des conditions parfois très difficile.

Le mandat de la MONUC en RDC a récemment été prorogé. Quelle est sa durée?


Il s'agit d'une prolongation technique de 2 mois, jusqu'au 15 avril afin que le Conseil de Sécurité puisse évaluer comme il se doit et après les consultations nécessaires, ce que sera le mandat de la MONUC.

Quelle est la composition de la MONUC et quel est son budget annuel?


La MONUC comprend près de 18 000 militaires et policiers, environ 3000 civils et son budget est de 1 milliard 100 millions de dollars américains(USD)

Initiée alors que la RDC étant en plein conflit et ses instituions ne jouissaient que d'une légitimité limitée et relative, quel va être le rapport entre la MONUC et les institutions de la 3ème république ? La marge de manœuvre et les attributions de la MONUC vont-elles changer ?

Ce sera au Conseil de Sécurité, qui va en discuter, de déterminer la nature et la durée du mandat de la MONUC et en fonction de ce que le Gouvernement congolais désire.

Le mois de janvier 2007 a été marqué par la visite du nouveau Secrétaire -Général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon. Quelle est la signification et quel message retenir de cette visite ?

Le SG a tenu à marquer l'importance que revêt à ses yeux le continent africain et la RDC. Il a tenu à féliciter le peuple congolais pour ses immenses progrès vers la paix et la stabilité et à remercier les personnels de l'ONU qui ont aidé à ces progrès.

Au-delà de ses activités militaires, la MONUC est également présente sur le terrain humanitaire. Quelle est la part du budget consacrée aux actions sociales et quelles sont à ce jour les grandes réalisations de la MONUC ?

Les attributions en matière humanitaire de la MONUC consistent d'abord à faciliter la délivrance de l'aide, c'est-à-dire, dans la mesure de ses capacités, mettre ses moyens matériels et logistiques à la disposition des agences et des ONG. A ce titre, la Mission a procédé l'an passé (2006) au transport de 206 tonnes de cargo humanitaire et de 6 400 personnels humanitaires, ainsi qu'à 179 transferts médicaux d'urgence.

C'est le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) qui est le premier responsable de l'assistance d'urgence en République démocratique du Congo. Par l'intermédiaire du Fonds commun (Pooled Fund) et des groupes de travail thématiques auxquels elle participe (Clusters), la Section des affaires civiles de la MONUC contribue néanmoins à la formulation et au développement de la stratégie humanitaire en RDC : le Plan d'action humanitaire, dont elle coordonne la mise en œuvre dans les 7 provinces de l'Ouest du pays, où elle représente OCHA.

La MONUC doit aussi veiller à l'amélioration des conditions de sécurité dans lesquelles l'assistance humanitaire est apportée, ainsi qu'à la protection des civils au sens large. Cela s'est notamment traduit en 2006 par sa participation à un total de 350 missions d'évaluation dans des régions particulièrement isolées et/ou dangereuses, afin de faciliter l'accès des acteurs humanitaires aux populations qui en ont le plus besoin.
Conjuguées aux efforts de concertation et de coordination de la Section des affaires civiles avec la communauté humanitaire et la composante militaire de la MONUC, ces missions ont permis l'an passé à 500 000 déplacés internes et 26 000 réfugiés congolais de regagner leurs villages d'origine, notamment dans la province du Katanga, qui est aujourd'hui largement pacifiée.

Depuis 2001, la MONUC développe et met également en œuvre des petits projets à impact rapide, connus sous leur acronyme anglais " QIPs " (Quick Impact Projects). Ces projets sont orientés en priorité vers quelques domaines d'action clés, comme les violences sexuelles et les relations civils/militaires. Le montant de chacun est plafonné à 15 000 dollars, pour une enveloppe annuelle totale de 1 million de dollars. En tout, 436 projets de ce type ont vu le jour depuis leur lancement, dont ont bénéficié 3,6 millions de Congolais. Ces projets vont de la réhabilitation d'écoles à la construction de toilettes, en passant par la rénovation d'hôpitaux, routes, ponts ou encore la construction de puits d'eau potable.

Face à l'insécurité persistante et récurrente à l'Est de la RDC et dans l'Ituri. Les congolais se demandent bien souvent pourquoi les unités de la MONUC, avec leurs énormes moyens, n'interpellent pas les instigateurs, dont la condamnation internationale (Laurent Nkunda et Peter Karim) est depuis longtemps établie ?

La MONUC ne fait rien par elle même... Elle soutient simplement l'action et les initiatives du gouvernement Congolais légitime dans un état de droit qui se construit peu à peu après des années de guerre. Dans ce cadre, le gouvernement mène des actions soit de discussion soit de négociation avec diverses factions, ou dissidences encore présentes en RDC pour les ramener l'une après l'autre à la raison. Chaque cas est différent avec des acteurs différents, une histoire différente et une solution différente. Notez que la MONUC, dans son action de soutien de l'état congolais, a fait rentrer en démobilisation de nombreux groupes et ex-miliciens en aidant à traiter chaque cas de façon indépendante... (FRPI, MRC, Mayi-Mayi...)

Le cas des militaires dissidents est complexe et donc difficile à résoudre... Le choix de mixer les troupes dissidentes et les troupes loyalistes entre elles (processus de mixage en cours) participe à cette solution et appartient au gouvernement. La MONUC a constaté que ce choix a permis de ramener la paix et faire rentrer des populations chez elles (plusieurs milliers dans le nord Kivu ces derniers jours)...

Pour Peter Karim, le cas est différent. Il s'agit d'abord d'une milice (le FNI) et pas de soldats réguliers des FARDC comme le cas précédent. Elle est, peu nombreuse contrairement au cas précédent et elle a fait de multiples promesses de rejoindre le processus de démobilisation tout en créant des incidents avec les populations de l'Ituri sans tenir sa parole…La solution en cours (créer un " district sans armes ") est adaptée tout simplement au cas considéré sous l'initiative encore une fois de l'état de droit de la DRC…

Quel est le point de vue de la MONUC face aux récents événements au Bas-Congo. Quelle(s) solution(s) préconise(nt) la MONUC ?

Les malheureux incidents survenus début février, dans le Bas Congo, ne remettent pas en cause le processus pour lequel tant de sacrifices et de moyens ont été consentis ; toutefois, ils pourraient avoir un impact négatif sur la stabilité du pays.

La MONUC condamne fermement tout recours à la violence comme moyen de résolution de conflits et demande à tous d'œuvrer à la restauration de la paix et de s'abstenir de tout acte de nature à aggraver davantage la situation.

Nous avons demandé aux autorités élues de s'impliquer dans la résolution durable de cette situation déplorable. De même, la MONUC a demandé aux forces de l'ordre de respecter à la lettre les dispositions légales régissant leurs actions, particulièrement le principe de proportionnalité.

Cela étant, la MONUC encourage tous les acteurs du processus électoral en RD Congo à continuer à faire preuve de la même sagesse et du même sens civique que ceux du peuple congolais.

Enfin, la MONUC a envoyé une équipe multidisciplinaire au Bas Congo, pour évaluer la situation sécuritaire et les besoins humanitaires d'urgence résultant des récents incidents.

Depuis l'arrivée de la MONUC, pensez que le sentiment et l'attitude des populations locales à l'égard de la MONUC ont-elles changé ? En quoi ?

Le sentiment est fluctuant... Comme dans les vieux couples, puisque la MONUC est " mariée " avec le Congo depuis maintenant 8 ans, il y a eu quelques bas mais beaucoup de hauts… Bref, une tendance lourde à l'amélioration de la situation sécuritaire…. Soulignons aussi le calme général (sauf deux incidents) dans lequel s'est déroulé le processus électoral, soulignons encore le grand nombre de miliciens et rebelles entrés dans le processus de démobilisation…alors oui , il y a énormément plus de positif que de négatif et pour ce dernier, n'oublions pas le rôle que joue la rumeur au Congo, créant parfois telle ou telle incompréhension que peut ressentir une partie de la population : par exemple, notre mandat est parfois complexe à comprendre dans ses limitations juridiques mais nous restons accrochés à ce cadre de droit, car ce cadre strict est ce qui fait la force de la démocratie et de la justice acceptée par tous dans une transparence vis-à-vis de l'opinion.…

En toute objectivité, comment voyez-vous la situation politique, économique et sociale en RDC dans cinq ans.

Je me refuse à ce genre de spéculations qui sont, en général tout aussi inexactes qu'improductives. Nous pouvons, par contre nous demander quels sont nos espoirs pour la RDC dans cinq ans et ils sont nombreux (voir réponse donnée au cours de l'interview.)

 


Kemal Saïki, Directeur des Informations Publiques de Monuc


Didier Rancher, Kemal Saïki, Jean-Tobie Okala (Deputy Spokesperson - Head, Media Relations Unit),
lors d'un de point presse (de g. à d.) :


Lieutenant-Colonel, Didier Rancher,Chef du Bureau de la Communication Militaire


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