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Freddy Jacquet : « Nous sommes au Congo depuis 20 ans, nous avons été séduits par la vie culturelle congolaise. »

Freddy Jacquet : « Nous sommes au Congo depuis 20 ans, nous avons été séduits par la vie culturelle congolaise. » 2007-11-23
Interviews
La RDC est entrée dans une phase de reconstruction, avec le programme quinquennal du gouvernement. En 2002 La Communauté française de Belgique et la Région Wallonne ont signé un accord de coopération structurelle avec le Congo. Cet accord cible différents secteurs : la formation, la santé, l'économie, l'environnement et la culture. Freddy Jacquet, Délégué de la Communauté française de Belgique et de la Région Wallonne au Congo, se confie à mediacongo.net. Il présente et explique le fonctionnement de sa structure en République Démocratique du Congo.

Quelle est la mission de la délégation de Wallonie Bruxelles au Congo ? Depuis quand a-t-elle commencé ?

La délégation de Wallonie Bruxelles représente au Congo la Communauté française de Belgique et la région wallonne, et il y a 20 ans que nous sommes présents en République Démocratique du Congo.

Quelle est la composition du personnel de la délégation Wallonie-Bruxelles ?

Nous avons différentes activités, nous avons un centre culturel, qui est le Centre Wallonie Bruxelles, composé d'un Délégué, qui est le Directeur du Centre, d'un Directeur Adjoint, d'un animateur et de deux techniciens, c'est donc l'équipe qui dirige le Centre culturel. Nous avons aussi une bibliothèque, qui est un service de la délégation et compte 15 000 ouvrages. Du point de vue administratif, la bibliothèque est composée d'un Directeur, un adjoint et de 4 bibliothécaires. Nous avons également un secteur de coopération et de développement dans nos locaux, qui est l'APEFE, l'Association Pour l'Education et la Formation à l'Etranger, c'est une agence qui développe les projets de coopération avec le service de coopération de la délégation de Wallonie Bruxelles. Nous travaillons avec cette agence dans différents domaines : l'éducation, la santé, l'environnement, les énergies renouvelables, l'économie (avec les petites et moyennes entreprises)

Quand on entend parler de Wallonie-Bruxelles, on pense immédiatement à la culture, y a-t-il d'autres domaines d'action de cette fructueuse coopération ? Lesquels ?

A côté du Centre culturel, il y a d'autres secteurs de coopération de la délégation avec l'Etat congolais. Dans le secteur de l'Education, nous avons ouvert le CEDESURK (Centre de documentations universitaires de Kinshasa), nous y travaillons en collaboration avec l'Agence universitaire de la Francophonie, nous avons aussi ouvert le centre agronomique et vétérinaire tropical de Kinshasa (Cavtk), nous avons mis en place les machines qui produisent de l'électricité à partir d'un cours d'eau. Dans la santé, nous travaillons avec l'APEFE dans la formation des infirmières. Pour ce qui est de la 'Communication', nous avons soutenu la Ham (Haute autorité des médias) pendant la transition, nous sommes en train de voir comment participer à la mise en place de la nouvelle structure (Conseil supérieur de l'audiovisuel, Csav, ndlr)

Pouvez-vous nous parler de l'accord de coopération que la Belgique a signé avec la RDC en 2006, quels en sont les points essentiels ?

En 1998, toutes les actions de coopération avaient été arrêtées. Dès 2002, nous avons été le premier, parmi les autres nations à passer un accord de coopération avec le gouvernement de l'époque, nous avons un signé un accord de coopération structurelle, reconnaissant déjà les efforts que le Congo était en train de déployer pour reconstituer le pays. Cet accord de coopération était un accord entre gouvernements ; le gouvernement congolais, le gouvernement de la communauté française de Belgique et de la Région Wallonne. Ensemble, nous avons défini des projets dans la culture, la formation universitaire, la santé, la communication. Tous ces projets étaient mis dans un document, qui est notre plan d'action, en partenariat avec les autorités congolaises.

Et cet accord s'étend sur combien d'années ?

C'est un accord qui n'est pas limité dans le temps, mais qui est ponctué par des commissions mixtes permanentes, c'est-à-dire tous les trois ans, nous nous réunissons (gouvernements, ndlr), pour définir un plan. Nous évaluons, définissons de nouveaux projets pour les trois années à venir ou poursuivre des projets en cours d'exécution.


En parlant justement de la culture, comment justifiez-vous cet intérêt de Wallonie-Bruxelles ?

Comme je vous le dis, nous sommes au Congo depuis 20 ans, et dès le départ nous nous sommes intéressé à la culture. Nous avons été séduits par la vie culturelle congolaise et depuis lors nous travaillons avec les artistes congolais, pour leur permettre de se faire connaître dans leur propre pays d'abord ! C'est ainsi que nous nous avons sillonné tous le pays, pour aller voir ce qui se passe dans les provinces, de telle manière qu'il soit possible d'établir des ponts entre les artistes. Dans un pays abandonné durant de longues années, les artistes ne se voyaient plus et ne se parlaient plus. Le premier effort était de voir qui fait quoi et où. Il s'agissait aussi de voir ce qu'on peut faire en matière de formation des artistes, nous avons organisé des stages avec les formateurs de Kinshasa, et ça a débouché à Yambi, résultat de deux ans de travail.


Quel sont les critères et objectifs qui guident l'élaboration de votre programme culturel annuel (Pourquoi choisir tel art, tel artiste, telle ville,..)

Au centre Wallonie Bruxelles, nous présentons les jeunes artistes, ceux qui viennent frapper à la porte, à une condition, il faut quand même voir ce qu'ils font. Il ne suffit pas de dire qu'on est écrivain, si on n'a jamais écrit. Pour un groupe qui n'a jamais été programmé ( aux activités du Centre culturel, ndlr), une équipe va voir sur le terrain ce que font ces jeunes, et puis on les encourage, en leur donnant des conseils, et puis ils viennent sur scène. Il y a des groupes de Jazz, qui ont pu voyager parce qu'ils se sont professionnalisés. Le Centre Wallonie-Bruxelles est lieu d'accueil, il donne la possibilité aux jeunes comédiens, musiciens de venir montrer leurs talents. C'est ce que nous faisons et nous allons continuer à le faire.


L'on attend parler de l'aide humanitaire de Wallonie-Bruxelles au Nord-Kivu. De quelle nature est-elle exactement ?

La ministre des relations internationales de la Communauté française a notamment fait un don de 50.000 euros. Nous apportons de l'aide, avec les moyens qui sont les nôtres, la Communauté française de Belgique c'est 4 millions d'habitants.

Le grand événement culturel de l'année tant au Congo que dans la diaspora congolaise, c'est sans aucun Yambi Congo 2007. Pouvez-vous nous le présenter en quelques mots.

Yambi, est le résultat de deux ans de travail avec les artistes congolais, le Professeur Yoka qui en est le commissaire général (il coordonne Yambi, partie congolaise), nous a accompagnés pour arriver à faire apparaître les professionnels de différentes tendances artistiques, qui pouvaient faire le voyage et présenter le Congo en Europe. Il s'agissait de donner un aperçu des richesses de la culture congolaise.

Quel est le budget du projet et d'où est venu son financement ?

Ça n'a pas beaucoup d'importance, mais je veux répondre, comme ceci : Que coûte Yambi ? Yambi c'est les gens qui partent du Congo, qui voyage vers la Belgique, arrivés en Belgique, il faut les prendre en charge et les faire travailler, le gouvernement congolais, s'est occupé du transport, leurs contrats (des artistes) ont été négociés à Bruxelles. A côté de tout ça, il y a un investissement personnel des artistes qui ont créé l'événement.

Peut-on déjà dresser un premier bilan de Yambi, serait-ce partiellement ? Peut-on espérer un événement de cette ampleur dans un avenir proche ?

La première impression est très positive, la première dame (Olive Lembe) était présente, le président du Sénat, était également présent, d'autres membres du gouvernement, les autorités de la Communauté française de Belgique ont assisté au spectacle " Musiques croisées ", la diaspora congolaise en Belgique s'était vraiment impliquée dans ce festival, mais aussi la presse. Personne, ne s'attendait à un événement de cette envergure. Le bilan est globalement positif, le Congo a fait connaître la facette importante de sa culture. Yambi, c'était une étape et ça va continuer.


Au moment où la RDC semble amorcer, bien que timidement, son essor, comment voyez-vous l'évolution de coopération entre la RDC et la Wallonie-Bruxelles ?

Nous allons vers une nouvelle commission mixte. Nous allons redéfinir les projets avec le gouvernement congolais, profiter des acquis de Yambi pour redéfinir pour les trois prochaines années, les objectifs a atteindre sur le plan culturel. Nous allons rencontrer des partenaires pour voir ensemble, quel type de partenariat pouvons nus conclure et dans quels secteurs.

 


Freddy Jacquet, Délégué de la Communauté française de Belgique
et de la Région Wallonne


L'équipe de la délégation, avec l'ancien coordonateur de l'APEFE


M. Tshibanda, directeur adjoint du Centre Wallonie-Bruxelles et Mark Kohen, Conseiller,
lors d'une conférence de presse

 


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