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Eric Mboma : au-delà d’Harvard

Eric Mboma : au-delà d’Harvard 2008-01-11
Interviews
Ce jeune congolais, la trentaine, pourrait se vanter d'avoir étudié dans l'une des universités les plus renommées au monde. Ainsi, après l'obtention d'un Master of Public Administration(MPA) à la prestigieuse Université d'Harvard ( le MPA est meilleur programme mondial en matière de gouvernement et d'administration publique - Le secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki Moon ou Helen Sirleaf Johnson, présidente du Libéria sont des anciens de ce programme), Eric Mboma achève actuellement un Master of Business Administration- Finance à l'Université de Chicago (le MBA de l'université de Chicago est considéré comme le meilleur au monde et le meilleur également en Finances avec Wharton - voir www.businessweek.com ). Outre, ce parcours académique exemplaire, Eric Mboma s'illustre également par de multiples activités et possède un consistant background professionnel. A titre illustratif, l'année dernière, il a organisé à Harvard des rencontres destinées à mettre en avant le dynamisme économique de l'Afrique. Plus récemment, le "Club du Congo " lui a décerné le Prix de l'Excellence 2007. " Souhaitant satisfaire une curiosité non dissimulée pour les enjeux internationaux qui peuvent avoir un impact non négligeable sur la marche du monde, et surtout sur les pays les moins aptes à gérer les changements que nous observons dans l'économie mondiale, j'ai choisi d'enrichir et de compléter mon parcours " nous confie t-il. Son passage à Harvard et son implication tous azimuts aux différents cercles de réflexion (et d'influence !) lui ont permis d'enrichir un peu plus son carnet d'adresse des personnalités politico-financières internationales. Enfin, comme il le souligne dans l'entretien qui suit, Eric n'oublie pas ses racines : il accorde une place toute particulière au Congo, la terre de ses ancêtres…

INTERVIEW

mediacongo.net (MCN) : Parlez-nous un peu de vous...

Eric Mboma (EM): je suis né à Kinshasa, mais j'ai également vécu à Lubumbashi avant de m'installer en France à la fin des années 80. J'ai en effet débuté les études primaires aux Loupiots (Kinshasa/Limete) pour les poursuivre à Lubumbashi (Lycée Français Blaise Pascal). Quant aux études secondaires, c'était la valse entre la France et le Congo(Zaïre) : mon père, alors cadre dans une importante société congolaise, a pris par deux fois la direction des opérations en France. C'est donc à Paris que j'ai entamé mes études secondaires avant de retourner au Congo-Zaïre où j'ai étudié au Collège Boboto à Kinshasa pendant un an et demi. Mais c'est de nouveau à Paris que j'ai fait mes deux dernières années et j'y obtiens mon bac en 1991.
J'ai aussitôt entamé les études de commerces à l'ESCP-EAP (European School of Management) à Paris. Une fois diplômé, j'ai débuté ma carrière par des stages dans les métiers de la finance, tant en Banque que dans d'autres institutions. J'ai eu l'opportunité de travailler dans des rôles similaires pour le Groupe Jeune Afrique que beaucoup d'entre nous connaissent. Collaborer avec Amir Ben Yahmed, l'un des leaders du groupe fut une expérience des plus enrichissantes pour moi.
J'ai été ensuite consultant pendant quelques années pour une multinationale britannique, puis norvégienne. Mes principales responsabilités étaient centrées sur l'analyse et la gestion post M&A. Dans ce domaine, j'ai conduit des projets d'intégration sur plusieurs acquisitions internationales du groupe en Europe, Asie et sur le continent Américain.

Je pense être comme la plupart d'entre nous : mon cœur balance sans tanguer entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud de notre sublime RD Congo... Un ensemble auquel je suis indéfectiblement attaché. C'est vrai, je suis encore un autre congolais habité par un réel intérêt pour la vie économique de notre pays, par ses ambiguïtés, mais aussi par ses immenses possibilités. Souhaitant satisfaire une curiosité non dissimulée pour les enjeux internationaux qui peuvent avoir un impact non négligeable sur la marche du monde, et surtout sur les pays les moins aptes à gérer les changements que nous observons dans l'économie mondiale, j'ai choisi d'enrichir et de compléter mon parcours. Sans conteste, ma carrière se déroulait très bien, elle m'offrait une exposition particulièrement utile pour mon développement personnel et mon épanouissement professionnel. Mais inutile de le dissimuler : il est également vrai que ma curiosité et mon coeur me portaient vers d'autres sentiers... Des sentiers qui impliquaient une expérience différente, des voies qui m'accordaient de me familiariser avec des concepts différents, des chemins qui me conduiraient vers des outils à la mesure de mon regard sur d'autres préoccupations sociales.
Après l'obtention d'un Master of Public Administration (HARVARD University - Kennedy School of Government), je suis en train de finir le deuxième volet de ma formation avec un Master of Business Administration - Finance (GSB - University of Chicago).

mediacongo.net (MCN) : En octobre 2007, vous avez reçu le "Prix d'Excellence 2007" décerné par le "Club du Congo". Que ressentez-vous par rapport à cette récompense ?

EM : C'est un réel honneur pour moi que d'être ainsi reconnu par le "Club du Congo". Lorsque j'ai été contacté et qu'ensuite cette distinction m'a été accordée par le club, j'ai bien sûr eu beaucoup de surprise et de joie car je ne m'y attendais absolument pas. Je connais certaines activités du Club et respecte l'ambition de ces membres. Vouloir prendre une part active dans la gestion de l'épargne des Congolais par les Congolais et pour les Congolais est une excellente initiative. Je crois sincèrement que la solidarité et la prise de responsabilité dans notre avenir collectif passe par ce type d'exercice. Je suis convaincu que c'est la somme des petites ambitions qui nous donnera collectivement plus d'impact sur notre destin commun. Pour cela, bravo "Club du Congo" et à toutes les autres initiatives qui fleurissent parmi nous !

MCN: Quelle place occupe le Congo pour vous ? Envisagez-vous à long terme un retour dans votre pays d'origine ?

EM : Il est difficile de ne pas être attaché à la RD Congo quand on a eu la chance de connaître notre pays, d'y vivre et grandir. La RD Congo est primordiale pour moi. J'aime foncièrement notre pays, ses paysages, ses rivières et ses vallées. Par dessus-tout, je suis comme beaucoup d'entre nous ému par ses gens. Les Congolais sont loin d'être parfaits, mais les plus simples parmi eux sont profondément attachants, grands et généreux. Je ne veux pas être accusé d'idéaliser mon propre pays. Je reconnais que beaucoup de choses devraient être meilleures pour tous, qu'il a besoin de davantage d'infrastructures, de plus de respect pour la vie des femmes et des hommes qui font le Congo, mais il y a une valeur intrinsèque dans les gens et je tenais à la souligner. J'y retourne de temps en temps et envisage clairement d'y vivre encore.

MCN: Comment contribuez vous a la vie sociale la ou vous vous trouvez ?

EM : Je pose les actes qui me semblent utiles là où je vis mais aussi ceux qui peuvent contribuer d'une manière ou d'une autre à influencer positivement ce qui se passe en RD Congo ou en Afrique en général. J'ai par exemple participé à des projets d'évaluation financière publique dans l'Etat du Massachusetts, à un programme de soutien aux enfants nés prématurément à l'Hôpital universitaire de Chicago… L'an dernier, j'ai organisé à HARVARD des rencontres en trois volets et qui se sont inspirées de l'activité économique parfois vibrante du continent.

Ces rencontres étaient intitulées " Africa Open for Business " et avaient pour ambition de montrer les aspects économiques méconnus de notre continent et d'illustrer notre dynamisme économique, même lorsqu'il est malheureusement bridé par manque de financement, entre autres. En outre, en tant que congolais, il était important pour moi, non seulement, de reconnaître les difficultés de notre continent, mais également de montrer qu'il y a des solutions générées par nous-mêmes.

Des entrepreneurs congolais ont pu ainsi bénéficier d'opportunités de rencontres et des jeunes professionnels ont pu saisir des opportunités de retour. Tout ceci fut symbolique, mais fondé sur le désir d'apporter un peu de différence dans le regard que les gens portent sur nos réalités. Ce n'est pas facile, mais comme dans d'autres domaines, il faut s'approprier la perception qu'ont les autres de nous si nous souhaitons écrire différemment les prochains chapitres de notre histoire... Ne dit-on pas qu'est " Maître des lieux celui qui les organise… ".

Avec quelques amis congolais et avec le concours d'amis sincères du Congo, j'ai pose les bases d'une structure qui vise a soutenir des projets de développement et d''entreprise en RD Congo, le Congolese Development Fund (www.congolesefund.org). Il s'agit d'un fond de développement communautaire. Etabli dans le Delaware, le CDF est une ONG ayant pour but le progrès et la prospérité des congolais aussi bien en RDCongo qu'a l'étranger. Notre credo est de contribuer à la réalisation des projets qui nous semblent vecteurs de développement. Bien que les expertises en notre sein sont variées et s'enrichissent chaque jour, nous avons choisi de nous focaliser principalement sur des projets de a petite et moyenne échelle de manière a aider a la création de petits emplois. Le développement du Congo est clairement l'affaire de tous. Certaine contribution sont plus ou moins modestes, mais le succès sera au rendez vous si nos ressources humaines ne sont pas éliminées de l'équation, bien au contraire. Le vrai trésor du Congo est dans l'éducation de chaque petit congolais! Le vrai potentiel et scandale congolais est la...
D'autres projets plus ambitieux sont dans les cartons. A suivre...


MCN : Avous vous eu a surmonter des difficultes, a relever des defis dans votre parcours?

EM : J'ai certainement rencontré les mêmes challenges que la plupart d'entre nous, en tant qu'étudiants d'origine congolaise ou simplement jeunes professionnels sur le chemin d'un plus grand épanouissement personnel…La première chose qui m'aura toujours motivé aura été de savoir ce que je poursuivais vraiment, ce qu'étaient mes réelles ambitions et si je me donnais les moyens de les atteindre. Quels que soient les challenges qu'on rencontre, je crois que les soutiens familiaux et amicaux sont certainement les meilleurs remparts pour chacun d'entre nous. J'ai la chance d'être issu d'une famille affectivement présente, unie et forte. Elle a toujours su me donner les ressorts nécessaires pour faire mes choix, petits ou grands. L'autre facteur important est que ma poignée d'amis les plus proches est extraordinaire. Les gens qui m'entourent sont une ressource rare parce que chacun à sa manière partage avec moi des visées similaires. Enfin, chacun a le choix d'avoir ou pas une vie spirituelle, ce que je comprends tout à fait. Pour ce qui me concerne, face à mes challenges, ma foi m'a apporté énormément et joue un rôle moteur dans mes aspirations.

MCN : Si vous deviez soulignez ce qui importe, ce qui a du sens pour vous quel serait-il?

EM : Cette question est difficile. Je ne saurai répondre en disant ce qu'est " LE " sens de la vie. Je distingue plutôt ce qui me semble être une vie repliée sur soi (ce que je rejette) d'une vie qui au contraire qui consisterait à embrasser la communauté dans laquelle on vit, sans jamais oublier celle d'où on vient, même si on y vit plus au quotidien... Je pense que si on est incapable d'apporter quelque chose de plus à sa famille, de supplémentaire à sa communauté, de mieux à sa société c'est qu'on a perdu une opportunité d'apporter sa pierre à l'édifice national. Dans ce domaine, les manières d'être utile sont certainement incalculables sur notre continent.

La grandeur est souvent dans les petites choses qui font la différence. Apprendre à quelqu'un à lire, écrire, construire un mur, cultiver un jardin, faire de la soudure… Faire ce don à cette même personne qui est à votre service pour un maigre salaire toute l'année ou tout autre personne qui est en position de bénéficier d'une aide intelligente, voilà ce que j'appelle faire une différence et faire preuve de grandeur. Il serait peut-être normal d'attendre de tels actes de nous-mêmes, congolais, plutôt que des Peace Corps américains (dont je salue le dévouement lorsqu'ils s'intéressent, généreux de leur temps et de leurs qualités, au sort de personnes a qui ils ne doivent finalement rien…) après tout… Peut-être serait-ce là la suite logique de nos aspirations, de notre indépendance.

Partir en vacances au Congo et passer du temps à aider les paysans de Maluku à mieux commercialiser leurs produits ou à améliorer leurs cultures sont des activités qui permettent de faire la différence. Beaucoup de jeunes malgaches le font, eux… A ce moment la, la vie prend un petit sens supplémentaire.


MCN : A présent, quels sont vos projets pour l'avenir ?

EM : Je n'ai pas de plan tout tracé, mais seulement le désir de faire de mon mieux là où je trouverai un rôle intéressant. Je suis à la croisée des chemins et saurai mieux répondre à cette question dans quelques mois. Mais j'aime par-dessus tout l'idée d'exceller dans mon rôle quelque soit le projet dans lequel je m'impliquerai et partout ou je me trouverai. N'est-ce pas le devoir de chacun d'entre nous que d'être ambassadeur de notre communauté partout ou nous nous trouvons.

MCN : Votre parcours constitue certes un exemple de réussites, certains vous considèrent même comme un modèle à suivre. Avez-vous un message à transmettre aux jeunes congolais ?

EM : Voyons…Pour ma part, j'ai toujours été un rêveur, alors je souhaite à chacun de faire de son mieux pour réaliser ses rêves et d'avoir la grandeur de ne pas être égoïste sur ce chemin. Ne jamais hésiter à donner la main à toute personne également désireuse de donner vie à ses propres rêves. Gagner est un sentiment extraordinaire. Il est incommensurable quand on gagne ENSEMBLE. A chacun, j'ai simplement envie de dire : " Faites ce que vous aimez et accomplissez vos passions, mais surtout faites-le bien, faites-le toujours mieux chaque fois ! ". Je pense qu'il n'y a pas un métier meilleur que les autres. Il y a tout surtout des gens plus professionnels, des personnes plus passionnées que les autres. Elles transforment ce qu'elles touchent en or. " En or "pour beaucoup de raisons, mais surtout parce que ces personnes sont hautement utiles. Mon respect va d'abord à ces personnes là. Mon admiration va également à celles qui vivent un quotidien infernal dans notre pays bien aimé et lui permette de continuer malgré tout, contre tout…
C'est aussi aux prix des valeurs humaines de tous ces gens et des autres dont personne ne parlera jamais que notre Grand Congo méritera à nouveau d'être ainsi qualifié.


Pour contacter Eric Mboma :
E-mail : eric.mboma@gmail.com
Web: www.congolesefund.org


 

 



 


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