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Chantal Kanyimbo : le journalisme est ma vocation

Chantal Kanyimbo : le journalisme est ma vocation 2008-04-16
Interviews
Grâce aux nombreuses années d'expérience comme journaliste qu'elle exerce avec brio sur la télévision nationale congolaise, Chantal Kanyimbo s'est affirmée comme professionnelle de medias capable de traiter toutes les questions d'actualité. Première femme journaliste à siéger au sein du comité directeur de l'Union Nationale de la Presse du Congo(UNPC), Chantal Kanyimbo est actuellement présidente de cette fédération des journalistes et professionnels de medias. La célèbre présentatrice du JT porte un regard positif et d'affection sur son métier. mediacongo.net a réussi à lui arracher quelques mots sur son quotidien de journaliste et sa vie de femme, aussi très dynamique.

mediacongo.net (MCN) : Pouvez vous nous relater votre parcours journalistique avant et à la RTNC ?

Chantal Kanyimbo(C.K.) : je crois que le journalisme est ma vocation. toute petite, j'en parlais tout le temps, au point que dans ma famille, personne n'avait été surpris de me voir embrasser ce métier. J'ai fait des humanités littéraires (ndlr : au Lycée Motema Mpiko de Kinshasa), justement, parce que je pense, que c'était approprié pour des études supérieures en journalisme. Dans tous les cas, j'aime beaucoup les lettres, et l'écriture était pour moi un exercice agréable. Après avoir obtenu mon diplôme d'Etat, je me suis inscrite au concours d'entrée de l'ISTI (ndlr : l'Institut des Sciences et Techniques de l'Information, devenu IFASIC).
En deuxième année de graduat, j'ai participé à un concours de recrutement des téléspeakerines à l'OZRT(Office Zaïrois de Radiodiffusion et Télévision, l'actuelle RTNC). J'ai donc fait mes premiers pas à la télévision comme speakerine et co-présentatrice des émissions sportives, tout en poursuivant mes études de journalisme à l'ISTI. Dès que j'ai décroché ma licence en journalisme, j'ai demandé mon affectation à la direction des informations TV ou j'évolue jusqu'à ce jour, au poste de sous directrice des informations, chargée des Enquêtes et magazines.

MCN : De la speakerine à la présentatrice du JT, il y a du chemin ! Comment y êtes-vous arrivée ?

C.K. : Après mon affectation à la direction des informations TV, j'ai suivi une période de stage d'environ une année, pendant laquelle j'ai fait le tour de tous les services de la direction. Ensuite, j'ai commencé par présenter les brèves, puis intervenir dans le JT pour la présentation de certaines rubriques, ensuite co-présentation de certaines éditions. Au bout de plus ou moins trois ans, j'ai été responsabilisée pour la présentation de certaines éditions du JT

MCN : Pour les journalistes en herbes, Pouvez-vous nous parler de la préparation du JT à la RTNC ?

C.K. : en gros, la préparation du JT commence par la conférence de rédaction qui réunit tous les journalistes pour la critiquer des éditions précédentes et la sélection des sujets à traiter. Une fois les sujets listés, les reporters descendent sur terrain. Ensuite, un conseil de rédaction se réunit une seconde fois pour faire le point sur les sujets réalisés et leur hiérarchisation. Pendant que le présentateur et l'équipe de l'édition s'attelle à la rédaction, les sujets sont montés et alignés pour la diffusion.

MCN : A part la présentation du JT, que faites vous d'autre à la RTNC et dans l'espace médiatique congolais ?

C.K. : Je présente des émissions de débat ou d'entretien sur l'actualité politique. Et j'apporte ma modeste contribution pour la refondation de la presse congolaise au sein du comite directeur de l'UNPC, l'Union Nationale de la Presse du Congo, en qualité d'abord de 1ere vice présidente, puis ensuite comme présidente depuis janvier 2007 du comité directeur élu au congrès de la refondation.

MCN : Un mot de l'association des journalistes dont vous êtes responsable ?

C.K. : L'UNPC, est la fédération de toutes organisations professionnelles des medias du Congo. C'est donc, le cadre fédérateur, qui a pour mission de promouvoir et de défendre l'exercice de la liberté de la presse dans notre pays garantie par la loi du 22 juin 1996. Nous assurons l'encadrement des journalistes et professionnels des medias en octroyant la carte d'identité professionnelle qui est requise par la loi fixant le statut du journaliste congolais, la loi du 02 avril 1981. Comme, il y a eu un flottement pendant plus d'une décennie, à cause des turbulences politiques, le comité directeur élu au congrès de la refondation de la presse congolaise en mars 2004, avait reçu pour mission fondamentale de renouveler le fichier national des journalistes et professionnels des medias exerçant au Congo. L'actualisation de ce fichier est en cours. Ceci nous permettra d'assurer un encadrement effectif de tous les journalistes et professionnels des medias dans le respect des règles déontologiques et d'éthique professionnelle.

MCN : Quelle appréciation faites vous de la presse congolaise du point de vue qualité et traitement de l'information ?

C.K. : Ecoutez, la presse congolaise a fait un travail formidable dans la conscientisation et l'intériorisation des valeurs démocratiques depuis le déclenchement du processus de démocratisation de notre pays malgré la faiblesse des moyens. Il est vrai qu'il y a des nombreux dérapages que nous dénonçons régulièrement nous-même, mais cela n'enlève en rien le mérite que l'on peut reconnaître à la presse congolaise. Pour améliorer la qualité de l'information, il faut donner des solutions aux nombreuses difficultés rencontrées par les medias. L'absence d'une agence de presse est un élément qui joue fondamentalement sur la question des sources d'informations. L'absence d'une messagerie et d'une régie publicitaire joue également dans la qualité de l'information. Et puis, peut- être aussi le fait qu'il y ait un grand nombre des journaux qui se partagent un lectorat réduit, confronté à un pouvoir d'achat faible, tout cela fait que c'est une gageur pour rentabiliser les medias et donc de rentabiliser les entreprises de presses, pour une plus grande capacité de mobilisation des ressources financières qui influeraient sur la qualité des produits médiatiques.

MCN : Y a t il des inconvénients lié à votre travail ?

C.K. : Vous savez, dans toute entreprise humaine, y a toujours les avantages et les inconvénients. Ce qui compte, c'est la manière dont on gère les inconvénients pour que l'exercice du travail ne soit pas inconfortable.

MCN : Quel regard portez-vous sur vos collègues femmes de l'espace médiatique congolais ?

C.K. : Nombreuses sont celles qui sont pétries de talent et qui font la fierté des plusieurs medias congolais.

MCN : Quels conseils donneriez vous aux filles qui rêvent devenir journaliste présentatrice du JT comme vous ?

C.K. : Ce n'est pas donne. Le métier a beaucoup d'exigences qu'il faut satisfaire, si on veut réussir.

MCN : Comment appréciez vous votre travail dans le medias et quels sont des principaux reproches que vous font les téléspectateurs ?

C.K. : C'est aux téléspectateurs de vous dire comment ils apprécient mon travail. Moi, je fais tout pour rester professionnelle. Les téléspectateurs nous reprochent parfois de ne pas rencontrer le préoccupations dans le choix des sujets à traiter.

Avez-vous un message à adresser à vos téléspectateurs qui vous regardent lors du JT ?

C.K. : C'est important que les téléspectateurs expriment formellement leurs attentes, puisque c'est eux les consommateurs des produits que nous leur offrons. Je pense qu'il serait bon que la RTNC institue, comme cela se fait de plus en plus dans les pays ou il y a grande consommation des medias, le poste de médiateur au sein de son organigramme. Ce médiateur aura pour rôle justement de communiquer avec les téléspectateurs pour recueillir leurs préoccupations.

MCN : Comment dans votre cas conciliez- vous votre quotidien de journaliste et votre vie de femme ?

Ce n'est pas en effet facile de concilier carrière professionnelle(en particulier celle de journaliste) et responsabilités familiales (comme femme). Tout est question d'organisation pour assurer et maintenir l'équilibre entre les deux sans sacrifier l'un ou l'autre. Je passe mon temps libre à lire, regarder la télé, eh oui, faire du sport et m'occuper des taches ménagères.

MCN: Un message pour les femmes congolaises ?

C.K. : Que celles qui pensent qu'elles pourront apporter leur contribution au développement de notre pays par leurs activités professionnelles, qu'elles s'y investissent entièrement ! Que celles qui pensent que la meilleure façon pour elles de le faire, c'est de rester à la maison', qu'elles s 'y investissement également à fond. Dans tous les cas, nous constituons la moitié de l'humanité, nous devons donc marcher avec l'autre moitié de l'humanité pour faire le monde.

 


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