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Lydia Mutyebele Ngoi, « Je suis une guerrière »

Lydia Mutyebele Ngoi, « Je suis une guerrière » 2009-06-03
Interviews
Pour la 3ème fois consécutive, Lydia Mutyebele Ngoi mène une campagne électorale en Belgique. En octobre 2006, la jeune candidate, jusqu'alors encore inconnue de la scène politique belge, avait obtenu 985 voix aux élections communales. En 2007, pour les élections fédérales, plus de 5000 personnes ont voté pour elle. Et aujourd'hui, Lydia relève encore le défi pour les élections régionales et européennes du 7 juin 2009. Son engagement du début est le même c'est-à-dire être sur le terrain pour aider les gens. Candidate numéro 30 sur la liste CDH (Centre Démocrate Humaniste) parti présidé par Joëlle Milquet, Lydia âgée d'à peine 30 ans, est non peu fière d'être la plus jeune personnalité d'origine africaine subsaharienne sur la liste CDH.

On le constate à la lecture de son programme, l'éducation, l'emploi, le pouvoir d'achat et la sécurité des Bruxellois occupent une place clé dans le chef de la conseillère communale. Justement à l'heure où beaucoup pointent du doigt l'incapacité du politique à répondre aux problèmes concrets des citoyens, Lydia, elle, y croit dur comme fer. D'ailleurs, a quelques jours du scrutin, elle se sent plus que sereine " Je suis une guerrière " assure la candidate aux élections dans un éclat de rire avant d'entamer l'interview qui suit.

1) Qu'est-ce qui vous motive dans votre combat?

Lydia Mutyebele Ngoi(LMN) :Ma motivation c'est d'agir toujours plus en faveur du plus grand nombre. C'est trouver des solutions innovantes pour faire avancer ceux qui sont dans des situations critiques. Ma motivation c'est contribuer à un monde plus juste. Ca peut sonner cliché, mais sans valeurs vous n'allez pas loin, surtout en politique. On vous démasque rapidement, on se rend compte que vous paroles et vos actions sont creuses, vous n'avez pas d'impact sur la vie des gens.

2) A l'heure où beaucoup ne s'intéressent plus à la politique, comment pensez-vous faire la différence?

LMN : C'est vrai que la chose politique perd son attrait, notamment à cause des " affaires " qui conduisent à une perte de confiance. De plus dans un monde hautement médiatisé, chaque personne reçoit un nombre incalculable de messages différents avec comme conséquence qu'on ne sait plus où donner de la tête.
Je fais la différence dans ma différence justement. Je suis consciente que dans le milieu politique je fais parfois figure d'élément insolite. Ma différence est ma force. Je ne suis pas de caractère conformiste, j'aime ajouter une couleur, un élan nouveau. J'ai un regard neuf et positif sur les gens. Je me suis beaucoup battue pour arriver où je suis, et je continue à m'investir dans mon travail ; je crois que les gens ressentent la sincérité de mon engagement, mes valeurs et mon optimisme. C'est important de continuer à y croire et d'espérer. Il ne faut jamais renoncer.


3) Quelles sont vos priorités?

LMN : Les jeunes, les familles, plus de solidarité envers les plus faibles, l'emploi et le logement.
Cela se traduit par des idées concrètes comme :
- Etendre le mécanisme de l'allocation-loyer afin d'éviter à la majorité des ménages bruxellois de consacrer plus de la moitié de leur revenus au paiement de leur loyer.
- Faciliter l'accès à la propriété en ramenant le précompte immobilier à 0 pour les propriétaires pendant les 5 premières années d'occupation.
- Révolutionner la formation - éducation des bruxellois afin de permettre aux jeunes qui quittent l'enseignement obligatoire d'être formé directement à un emploi.
- Former les jeunes demandeurs d'emploi pour des fonctions pour lesquelles est constaté un manque évident de main-d'œuvre disponible.
- Mettre les services publics au service d'une politique de l'emploi des jeunes en permettant à 500 jeunes par an de bénéficier d'une convention de premier emploi.
- Augmenter la sécurité des bruxellois en installant à côté des divisions de polices traditionnelles de petites antennes de quartier.

4) De plus en plus de personnes d'origine africaine se présentent aux élections cette année, pensez-vous que c'est " l'effet Obama "?

LMN : Il y a des pionniers comme Bertin et Mie-Jeanne qui étaient présent sur la scène politique bien avant la médiatisation d'Obama.
Mais il est indéniable que la victoire d'Obama est une vraie révolution planétaire. C'est un tournent historique qui a une influence sur les mentalités et le regard qu'on porte au peuple noir. Si sa victoire donne envie ou du courage à d'autres africains pour se lancer en politique, c'est une bonne chose ; tant que ces personnes à l'instar d'Obama ont un engagement politique pour porter plus haut de vraies valeurs de société et non pas pour des buts personnels ou cachés.


6) Quels conseils donneriez-vous à ceux qui, comme vous, désirent se lancer dans la politique?

LMN : De bien se préparer. Ce n'est pas une promenade de santé mais bien un sprint permanent. Je leur conseillerai aussi de bien réfléchir aux objectifs ou aux motivations qui les dirigent. Ensuite, je leur dirai de s'armer de courage car les coups bas ne manquent pas. Finalement je leur dirai de toujours placer l'intérêt des citoyens avant le leur ou celui même de leurs proches. La politique c'est être au service des autres, c'est donner et pas attendre de recevoir.

7) Que répondez-vous à ceux qui dénoncent les alliances tribales qui existerait au sein de votre parti?

LMN : Je leur dirai qu'ils sont très mal renseignés. Nous avons dépassé ce stade depuis belle lurette. Nous travaillons dans l'ouverture et le respect de chacun. Nos différences nous enrichissent. Le tribalisme est un fléau en Afrique, il faut l'éradiquer. Tu peux être fier de tes origines et de ton patrimoine sans devoir écraser l'autre parce qu'il n'est pas comme toi. N'est-ce pas ?

8) A j-4, quel est votre état d'esprit?
LMN :
Mes journées sont de vrais marathons. Je suis comme un sportif qui s'est entraîné toute l'année et qui attend avec impatience de jouer la finale le 7 juin.
Je donne toute mon énergie pour continuer à sensibiliser les personnes à voter et donner leur opinion le 7 juin, c'est crucial.
Nous sommes dans un Etat de droit, il est important de porter sa voix dans l'urne et surtout faire le bon choix. Les matières traitées à la région sont capitales, il faut y envoyer des champions et des championnes.

Contact: lydiangoi@hotmail.com

Lydia, reine du terrain



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