mediacongo.net - Publireportage - SEBASTIEN ADAMBU, interview croisée d’un Congolais vivant aux Etats-Unis 


Retour PUBLIREPORTAGE : Interviews

SEBASTIEN ADAMBU, interview croisée d’un Congolais vivant aux Etats-Unis

SEBASTIEN ADAMBU, interview croisée d’un Congolais vivant aux Etats-Unis 2009-10-26
Interviews

SEBASTIEN ADAMBU, interview croisée d'un Congolais vivant aux Etats-Unis, " Le seul pays au monde ou le fils d'une texane et d'un kenyan, armé de courage et de ténacité, a pu faire triompher la voix de la démocratie. Le rêve américain n'est pas un mythe, mais bien une réalité ".

Né en 1976, Sébastien Adambu, dit Adams pour les amis, est le troisième enfant de Sébastien et Marie Adambu. Marié et père d'un petit Emmanuel, il vit aux USA depuis trois ans. Après avoir étudié en Europe et en Afrique, en 2006 il décide d'émigrer au pays de l'Oncle Sam. Diplômes et cv en poche, il quitte son Congo natal et part vivre son " American dream ". Son parcours académique et professionnel est à l'image du personnage : dynamique et encourageant. Détenteur d'une Licence en Droit (Privé et Judiciaire) de l'Université Protestante au Congo et d'un Certificat en Analyse et Résolution des Conflits de l'Université George Mason, dans l'Etat de Virginie (USA). Loin de s'arrêter là, le jeune homme poursuit actuellement d'autres études en quête d'un double Master en Droit (George Mason University) et en Conflict Analysis & Resolution. Et parce qu'il suit de très près l'actualité de son pays, Sébastien entend bien contribuer à l'instauration définitive de la paix dans la région des grands lacs. D'ailleurs, plusieurs projets sont en cours, dont la création d'une ONG et d'une Fondation Munyi Namujimbo (à Bukavu). Mais pourquoi a-t-il choisi les Etats-Unis comme terre d'accueil ? C'est la première question que nous avons posé à ce juriste de formation qui nous jure de dire toute la vérité et rien que la vérité…

Sébastien Adambu : Pourquoi les USA? C'est le pays de réelles opportunités. Ou l'égalité des chances est une réalité. C'est le pays de braves, de ceux qui se lèvent tôt et se couchent tard, et récoltent le fruit de leurs efforts. Les gens ne travaillent pas en vain. Chaque jour, des millions de self-made men se créent. C'est le seul pays au monde ou le fils d'une texane et d'un kenyan, arme de courage et de ténacité, a pu faire triompher la voix de la démocratie. Le rêve américain n'est pas un mythe, mais une réalité. Je voudrais offrir à mon fils, un avenir ou ses congénères ne le jugeront pas selon qu'il est noir ou blanc, juif ou arabe, tutsi ou hutu, rwandais ou congolais, mais selon ce qu'il peut apporter a son pays en tant qu'individu, par sa loyauté, ses compétences, son talent et son dévouement.

Pendant des décennies, on nous a parlé de l'Etat de droit, de la restauration de l'autorité de l'Etat, de la justice, de l'égalité entre citoyens, de liberté et de sacrifice. Tout ce beau charabia n'était qu'un son inaudible. Une chimère. Du bla-bla. Je pense qu'il est important aujourd'hui d'apprendre à nos enfants que toutes ces valeurs sont possibles et applicables. Parmi les pays qui, un tant soit peu, offrent cette possibilité, les USA sont une belle illustration du "tout est possible". C'est une terre d'accueille qui valait la peine d'être foulée. Elle fait susciter rêves et projets de dupliquer sur la terre natale, toutes les choses positives, vues et expérimentées. C'est un travail de longue haleine...


mediacongo.net : Justement en tant que congolais vivant aux USA, comment avez-vous perçu l'arrivée de Barack Obama au pouvoir ?

Sébastien Adambu :
Le 20 Janvier 2009 a été d'un froid glacial ici à Washington. Avec d'autres, j'ai assisté à la prestation de serment du Président Obama. Nul n'est besoin de rappeller ici, l'espoir euphorique suscité par son accession fulgurante au pouvoir. Cela démontre la maturité politique du peuple américain, car en élisant Barack Obama, ils ont élu non seulement le premier président noir de leur histoire, mais aussi, l'homme qu'il fallait à cette place. Un homme compétent, proche du peuple, issu du métissage ayant fortifié l'Amérique et dont les valeurs de courage et d'humanité, ont mis le monde en émoi.

Alors bien évidemment, le regard que l'on peut porter est multiple, mêlé de fierté, d'admiration mais aussi d'attentes. Cela est bon non seulement pour les USA, mais aussi pour la démocratie en générale. C'est un exemple à suivre dans de nombreuses capitales européennes et africaines. Personnellement, je n'attends ni plus, ni moins du Président Obama par rapport a la situation en RDC, que du "common sense" dont il a fait preuve jusqu'ici dans les dossiers cubain, afghan, iraquien, nord-coréen et plus récemment iranien. Pour tout vous dire, pendant toute la campagne présidentielle américaine, les primaires, l'élection générale, tous les leaders politiques durant les débats, affichaient la même ambition (malgré la divergence des programmes politiques) de rendre l'Amérique plus forte et plus sure, et de donner au peuple américain le bâton de commandement. Ils ont tous quelque chose en commun: l'amour et le dévouement à leur pays. Nous devons prendre exemple et rompre avec les injustices partisanes et les politiques troubles de la gestion de la chose publique en RDC. Que le peuple congolais décide de son avenir. Espérons que ce voeu ne restera pas pieu. Pour cela, nous autres congolais devons nous assumer. C'est primordial!

mediacongo.net : Votre parcours académique et professionnel est pour le moins atypique…

Sébastien Adambu :
Mes études primaires ont été effectuées en France, à Dreux, à l'Institut Saint-Pierre Saint-Paul. Mes études secondaires ont commencé en Belgique au Collège Cardinal Mercier, se sont poursuivies au Burundi (Ecole Autonome Belge de Bujumbura) et en RDC (Collège Alfajiri de Bukavu) puis, ont pris fin à Namur (Institut Saint-Berthuin de Malonne). Par la suite, j'ai travaillé six ans à Kinshasa comme Assistant Juridique au Cabinet Yoko & Associes d'abord, et après comme Superviseur du Service Clientèle à Vodacom RDC. Arrivé aux Etats-Unis, j'ai été affecté au Service Clientèle de Randstad (Washington D.C) et je travaille depuis 2007 en tant que conseiller en gestion de Crédit et Ventes à Intersections Inc. (Chantilly, VA).

mediacongo.net : Quel regard portez-vous sur le Congo ?

Sébastien Adambu :
Je pense que vous avez posé cette question à tous ceux qui s'intéressent à la question congolaise. Comme les millions de mes compatriotes vivant à l'étranger, l'actualité de la RDC fait partie de mes préoccupations. D'abord, je suis fier de mon pays la RDC. Nous sommes toujours là, debout. Apres des décennies d'exploitation, de pillages, de guerres, de crimes et génocide, de déstabilisation, de tentative de balkanisation, le Congo est toujours un et indivisible. Cela grâce à la mémoire collective de notre nation.

Nous sommes restés congolais avant tout. Mais dans les faits, lorsqu'on regarde plus attentivement, il y a quand même lieu de s'inquiéter. Pendant combien de temps encore, tiendrons-nous de la sorte?

Dans ce contexte, mon souci majeur, c'est le délabrement, la fragilité, la décomposition de la RDC en tant qu'Etat. Incapable, par le biais d'une armée forte, restructurée, républicaine, performante et dissuasive, d'assurer partout la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens sur le territoire nationale et aux frontières. A cela s'ajoute, la responsabilité individuelle et commune de nous autres congolais, à s'assumer, a aimer, protéger les intérêts de notre pays. Au lieu de cela, nous continuons à faire de la politique politicienne, trouble et maffieuse, sans s'inquiéter du lendemain.

Nous louons facilement ce qui se passe a l'extérieur du pays, acceptons les solutions extérieures toujours inefficaces, continuons d'espérer qu'une solution viendra de Londres, Paris ou Washington, pour résoudre nos propres problèmes. Et passons notre temps à faire des discours pompeux et alambiques, sans avoir de vraies solutions aux problèmes de nos populations. Notre élite doit se remettre en cause et s'amender. Le leadership ne réside pas dans les paroles, mais dans l'action. Celle qui bénéficie directement au peuple.

La RDC est victime de ses richesses. Elle est entrain de se faire assassinée en direct. Violée, pillée, trahie, par ses propres enfants. Offerte en holocauste, par ses propres gardiens, à des dieux étrangers. C'est en fait un lent et inconscient suicide collectif dont le seul rempart, est l'émergence d'un renouveau patriotique et d'une fierté nationale retrouvée. C'est l'espérance de chacun, mais il n'y a rien d'impossible à cela. Nous pouvons stopper notre déclin et reconstruire sur nos ruines ce "pays plus beau qu'avant" chante dans notre hymne national. Il est temps de nous redresser et lever nos fronts toujours courbés, en l'occurence. La bonne volonté, d'abord, est nécessaire à l'établissement d'une RDC forte et stable. Ensuite, vient l'action, l'agir.

Il nous faut du "common sense" dans notre manière de gérer nos finances, notre armée, notre administration, notre justice, nos écoles. De la jugeotte. Nous devons cesser d'être ce géant aux pieds d'argile, qui se méconnait. Le regard que je porte envers mon pays en définitive, importe peu, car j'aime mon pays, et je sais ce dont nous sommes capables. Comme des millions d'autres, je pense qu'ensemble, nous pouvons réussir. Mais comment rendre une telle synergie possible? Ou est le maillon faible de notre pays? Comment rectifier le tir? Si nous répondons à ces interrogations, le meilleur dès lors, reste à venir. Ainsi donc, ce qui est important, c'est plutôt les regards extérieurs, intéressés, portés par ceux qui nous voient exposer nos faiblesses, que nous devons changer. Nous devons changer d'attitude et transformer avec courage nos faiblesses en points forts. Le respect ne se donne pas, il se mérite.

mediacongo.net : Un tout grand merci !

 

 

 

 

 


right
ARTICLE SUIVANT : Tintin au Congo : l’album qui continue de faire parler de lui plus de 50 ans après sa parution
left
ARTICLE Précédent : Lydia Mutyebele Ngoi, « Je suis une guerrière »