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Mois de la femme: 3 femmes livrent leurs opinions basées sur des faits

Mois de la femme: 3 femmes livrent leurs opinions basées sur des faits 2012-03-23
Interviews

8 mars, Journée Internationale de la Femme. A Kinshasa, capitale de la RD Congo, dans une ambiance de carnaval, de pagne vêtues, les femmes ont arpenté le boulevard Triomphal sous un ardent soleil, lors du défilé. La foire sur l’entrepreneuriat féminin a également été oragnisée. De ce fait, où en est le pays sur le statut de la femme, quels en sont les progrès ? Interviewées par mediacongo.net, 3 femmes livrent leurs opinions basées sur des faits.

 

7 années en médecine générale et 28 en pédiatrie, le compte, 35 printemps d’ouvrage pour le bien-être de l’homme mais surtout de l’enfant. 1ère Femme-médecin de la Province Orientale (ex. Haut-Zaïre), Femme politique,  Pionnière de la société civile, Marie-Thérèse SOMBO AYANNE SAFI, Médecin-pédiatre à l’Hôpital Général de Kinshasa (HGK).

De façon générale, quel constat faîtes-vous après tous les remous sur le statut de la femme ?

Clairement, les femmes n’assimilent pas assez le bien-fondé de la loi sur la parité. Elles sont majoritaires dans la mesure où elles représentent 52% de la population, mais le parlement est, hélas,  l’exemple typique : elles soutiennent encore les hommes, accordent la minorité à leurs semblables qui une fois en place sont butées à ces hommes qui votent des lois sur la parité et s’empressent de les oublier dès qu’il s’agit de défendre leurs intérêts !

Le pourcentage de femmes occupant les postes de direction est faible. A quoi est-il dû ?

Les hommes en place ne cèdent pas leurs places. Mettons de côté tous les stéréotypes disqualifiant la femme de la course, car les femmes compétentes, il y en a. ils doivent accepter d’être remplacés et comprendre que la diversité est une richesse. La constitution étant de notre côté, nous sommes en mesure de signer des pétitions pour revendiquer certains postes grâce à notre majorité qui en réalité, est une force.

De l’université à la blouse blanche, comment avez-vous été accueillie?

A Kisangani qui est ma ville d’origine, ça « craignait ». Je me suis inscrite à l’Université de Kinshasa pour réaliser mon rêve. Je fais partie de la deuxième promotion des femmes-médecins promues en 1976. J’étais bien accueillie. C’est le rapport avec les patients qui boitait. Les hommes comme les femmes étaient choqués de voir une femme les soigner. C’était une première.

La femme rurale est  le thème de cette année. Quel regard lui portez-vous ?

Elle est cette femme qui nourrit la nation, forte avec beaucoup de patience et d’abnégation. Malheureusement, elle est abandonnée avec un accès limité au crédit, ce qui ne lui permet pas d’accroître son pouvoir de négociation au sein du foyer et marginalise son statut au sein des familles et des communautés. Et pourtant, un important agent économique.

Votre regret ?
Il n’y a pas assez de femmes dans les postes de commande, notamment dans le secteur de la santé,   et les hommes sont toujours les médecins directeurs.  

Et si vous étiez un homme ?

Que le principe de l’antériorité l’emporte ! J’aurai agi comme tous les hommes. J’y suis et j’y reste.

Visiblement belle mais surtout intelligente,  A’mira O’TOKO MALIMI, Ingénieur en chimie industrielle et assistante en Sciences Appliquées à l’Université Chrétienne Internationale (UCI).


Combien d’enseignantes compte l’UCI ?
Beaucoup, mais visiteurs. Je suis la seule assistante de l’UCI.

Le milieu est-il favorable à votre éclosion ?
Très favorable. Le cadre me permet de transformer mes potentialités en richesses. Sinon, j’aurais un double travail : développer d’autres compétences et changer mon milieu. Le recteur Stephen NZITA di NZITA, garant de l’intégrité morale est une personne qui a compris l’importance de la femme dans la société, la place sur un piédestal, car dit-il : « améliorer le niveau de la femme, c’est contribuer considérablement au développement de la nation ». Une vision en adéquation avec le statut de la femme qu’il transmet fidèlement au personnel ainsi qu’aux étudiants.

Parlant d’étudiants, comment vous ont-ils accueillie?

Pour les étudiants, un assistant de premier mandat est un collègue. J’ai eu droit à des peaux de bananes ! Fort heureusement, je ne suis pas tombée. Ils ont compris que ma présence n’était pas due à une forme de conformité mais plutôt à mes compétences.

Qu’est-ce qui expliqueraient les rejet et mépris qu’éprouvent les femmes entre elles ?

De façon naturelle, les femmes sont toujours en compétition entre elles. Du point de vue culturel, c’est une question de mentalité. Tous les stéréotypes négatifs à son propos sont encrés dans son être profond. Alors que la réalité d’aujourd’hui joue en sa faveur. Ce qui en elle, crée une dissonance cognitive. D’où cette guerre entre celles qui admettent le progrès et les victimes de la culture.

Comment parvenir à faire le pas ensemble ?
La femme doit changer la façon de se regarder, se séparer de cette mentalité grégaire, s’estimer à nouveau. Une initiative personnelle qui devra être encouragée par la promotion de nombreuses femmes qui se sont démarquées mais occultées. Ainsi, créer une synergie positive pour un changement collectif.
Que faites-vous en dehors de l’enseignement ?
Je suis coordonatrice d’une ONG qui œuvre pour la vulgarisation de l’information et la lutte contre la faim et la pauvreté (CIVLFP).

 Mme Annitha-Nicole KABASELE, Consultante en Communication.

Le problème des femmes, c’est la femme.
Dans le milieux professionnel les femmes digèrent mal la réussite des autres. Souvent elles acceptent mieux être subordonnées à un homme qu’à une femme. Dans l’inconscient collectif, l’autorité rime avec le masculin. Pendant que certaines se montrent plus compétitives, se battent pour obtenir des promotions d’autres par contre transforment  leur potentiel en mal, en lieu et place de valoriser leurs compétences par la qualité de leur travail. En fin de compte, pas de productivité que de futilités. Cependant elles expliquent l’ascension des autres en se basant  sur une théorie de projection.

Evaluation.

Chaque année, les organes chargés de l’encadrement de la femme devraient produire un bilan. Publier un tableau statistique de femmes promues dans chaque service, les diplômées d’universités et instituts supérieurs. Ce sont des outils qui permettront de sensibiliser le public sur les défis à relever et de soutenir les partenaires dans leurs efforts à cet égard. Ce serait également un miroir des avancées pour la société.

Ce qu’il ne faut pas faire.

Appeler ses collègues maman, tantine ou présenter les femmes comme « nos sœurs ». Il faut mettre un terme à ces patronymes de complaisance qui ont tendance à féminiser la femme. Nous sommes des collaborateurs, des chefs ou des subalternes.


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