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Culture

L’artiste congolais Kura Shomali : «Il vaut mieux écouter ton perroquet»

2015-12-29
29.12.2015 , Kinshasa
Culture
2015-12-29
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Avec ses perroquets qui peuplent ses tableaux, il fait partie de la plus grande exposition sur l’art congolais jamais réalisée. Né en 1979 à Kananga, l’artiste congolais Kura Shomali a grandi à Kinshasa où il vit et travaille jusqu’à aujourd’hui. À la Fondation Cartier, à Paris, plus de 110 000 visiteurs ont déjà poussé les portes de Beauté Congo, exposition prolongée jusqu’au 10 janvier. On peut y découvrir plus de 300 œuvres d’une quarantaine d’artistes, dont Kura Shomali. Entretien.

RFI : Comment êtes-vous devenu artiste à Kinshasa ?

Kura Shomali : J’ai grandi à Kinshasa, j’y ai fait mes études, bac+5, avant de me consacrer à ma passion. Je ne me suis jamais considéré comme un artiste. Mais ce sont les gens qui m’ont dit que j’étais artiste par rapport à ce que j’étais en train de faire (rires).

Qu’est-ce qui a donné le déclic ?

Je n’avais pas commencé avec les beaux-arts à l’université de Kinshasa. Au début, je voulais être autonome. Mon papa voulait que je devienne médecin, mais dès l’école maternelle, on m’avait sollicité pour faire des dessins, des croquis… En 2001, j’ai abandonné la médecine et je suis finalement allé à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, avec le soutien de ma mère, de ma famille et après aussi de mon père.

Exposer à la Fondation Cartier, à Paris, que signifie cela pour vous ?

C’est vraiment une opportunité. Et quand il y a une opportunité, il faut la saisir. Ainsi on arrive à avancer. Aujourd’hui, c’est la Fondation Cartier, demain ça sera autre chose (rires). Moi, je suis un poseur d’actes.

Quatre de vos œuvres sont exposées ici dont deux dotées d’un perroquet avec des plumes colorées. Le perroquet, que signifie-t-il ?

Le perroquet dit en quelque sorte : il vaut mieux écouter ton perroquet, parce qu’il écoute tout ce que les gens autour de toi disent. Et quand le perroquet commence à répéter, il faut juste avoir les bons réflexes… Dès que le perroquet te parle, il faut l’écouter pour savoir ce que les autres gens autour de toi pensent. C’est aussi une de mes démarches. J’écoute et je m’inspire des gens avec qui je vis.

Votre inspiration artistique vient aussi des « songi songi », ces rumeurs colportées dans les rues de Kinshasa. Et vous organisez également des ateliers de création destinés aux enfants des rues.

Il faut donner quelque chose pour arriver à une ouverture culturelle, sociale, vitale…

Votre gouache de 2013, Le Général major devant sa troupe montre un général à la fois composé et décomposé. Est-ce une œuvre politique ?

Quand je montre un général, je ne parle pas [du grade] du général, mais de l’homme, de l’humain en général. Il n’est pas nécessaire de mettre la tenue militaire. Il suffit juste de se mettre dans sa peau, de se dire qu’on est général, rassembleur… Le temps des empereurs est révolu. Aujourd’hui, on a toute sorte de généraux : un général major, un général avec fonction, un général sans fonction. C’est une interpellation. Chacun peut le traduire à sa manière. L’histoire va continuer.

L’exposition Beauté Congo réunit un siècle d’art congolais. Qui vous a inspiré le plus parmi les artistes-précurseurs ?

Je m’inspire plus des gens avec qui je vis et qui me disent des choses. C’est pourquoi je vous ai donné l’exemple du perroquet. Le perroquet va répéter ce que les gens autour de toi disent. Aujourd’hui, on se connaît tous dans le milieu de l’art congolais. Ce qui est intéressant, c’est d’écouter. C’est une nécessité vitale.

Qu'est-ce qu'est aujourd’hui votre réalité en tant qu’artiste à Kinshasa ?

Je travaille là où je vis. C’est un travail intime. Je n’ai pas besoin d’un atelier. En même temps, les gens viennent visiter. Ce sont des ateliers ouverts. Chacun peut visiter. Je fais venir la population de la rue, de mon quartier, mes amis… Après, j’essaie de faire des expositions, des choses avec la population qui participe, avec d’autres amis artistes. On essaie de faire des choses ensemble.

Avez-vous accès aux galeries, aux musées, aux collectionneurs ?

Je vends d’abord à ceux qui sont là où je vis. La population qui vit avec moi, ce sont eux mes galeristes, mes clients… Après il y a des gens qui ont l’œil. Du coup, il y a aussi des marchands d’art, des agents. D’abord, il y a le travail, après cela donne envie. Le travail est de solliciter cette envie. Et les choses commencent à se mettre en place.

Est-ce que Kinshasa est aujourd’hui le laboratoire de l’art contemporain en Afrique ?

Toutes les villes sont des laboratoires. Il n’y a pas que Kinshasa. Il y a aussi Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Nigeria… Mais Kinshasa est Kinshasa. Il faut être là pour y vivre et découvrir des choses. Par contre, il y a des gens qui se ressourcent à Kinshasa.


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