
Société
Les deux Ministres ont mouillé le maillot pour ramener les employés de SEP Congo à reprendre le travail. Pour y parvenir, la Ministre du Portefeuille, Louise Munga et Aimé Ngoy Mukena, des Hydrocarbures, ont fait preuve d’endurance physique. Pendant cinq heures d’affilée, ils ont négocié debout, leur entrée dans les installations de SEP CONGO afin d’engager directement les discussions avec les travailleurs grévistes. Puis, au bout de tout, c’est maintenant le temps du dégel.
La grève observée par le personnel de Sep Congo, depuis le 4 février, a pris fin avec l’intervention de deux Ministres du Gouvernement Matata. Les activités de production et de livraison du carburant ont repris sur toute l’étendue du territoire national. La grève faisait suite à une revendication des agents de SEP Congo. Ceux-ci exigeaient le départ du Directeur général de cette entreprise. Une revendication que le Gouvernement jugeait non sociale. Le personnel de SEP Congo, encadré par la délégation syndicale, réclamait aussi la gratification spéciale pour l’exercice 2015. A cette revendication, venait s’ajouter l’indexation des salaires. C’est-à-dire, que les salaires soient réajustés en tenant compte des structures des prix des produits pétroliers. La question de la tension salariale et de la classification des emplois était aussi sur la table de discussions. La grève aurait pu débuter le 21 décembre dernier. Mais, ces deux membres du Gouvernement de la République sont intervenus pour la première fois entre le 19 et le 20 décembre 2015 pour appeler les protagonistes de la crise à des concertations.
La mission de SEP Congo est unique en son genre. Une grève dans ce secteur peut avoir des conséquences incalculables sur la marche du pays. La production et la distribution du carburant ne peuvent être suspendues. La première intervention du Gouvernement avait permis la poursuite des activités normales de SEP Congo. Les stations-services ainsi que les avions ont été approvisionnés en carburant. Les discussions engagées entre la délégation syndicale et l’employeur ont débouché sur la résolution des revendications concernant l’indexation des salaires et les avantages liés aux festivités de fin d’année 2015. D’autres revendications n’avaient pas été satisfaites. C’est le cas de la gratification spéciale et de la tension salariale.
Concernant la gratification spéciale, la Direction Générale a estimé que la décision de son paiement devrait être prise à l’issue de l’approbation des comptes annuels qui détermineront sa hauteur.
Et, pour la tension salariale, au cours de la réunion tenue, le 8 janvier 2016 avec le banc syndical, la Direction Générale, sur base des données financières de la société, avait présenté des propositions pour résoudre cette question. Insatisfait de ces propositions, le banc syndical a demandé à l’issue de cette réunion, le départ du Directeur Général, François Cremadeils et a annoncé l’arrêt de travail à partir du 4 février 2016.
Ayant été informés le 3 février, peu avant minuit, les ministres du Portefeuille et des Hydrocarbures ont dû envoyer une équipe d’experts, tôt le matin du 4 février 2016, pour se rendre compte de la situation et exiger la mise en place d’un service minimum afin de ne pas interrompre la fourniture du carburant aux usagers.
Duel entre Gouvernement et Banc syndical
Cette tentative n’ayant pas abouti, usant de leurs capacités d’homme et femme d’Etat et de terrain, les deux ministres se sont décidés de se rendre sur place dans la perspective de trouver une solution équitable mais surtout, de restaurer la paix sociale.
Arrivés devant SEP Congo, ils ont trouvé une grille hermétiquement fermée à plusieurs tours. Les grévistes leur ont refusé l’accès. Alors, que faire ? Puisqu’après tout, il fallait que ces deux membres du Gouvernement entrent dans les installations de SEP Congo. Quelques heures, plus tard, la police se présente. Mais, la ministre Louise Munga Mesozi, privilégiant le dialogue, refuse de recourir à la force. «Il faut négocier», déclare-t-elle.
Sous un soleil accablant de midi, les deux représentants du Gouvernement vont se tenir debout pendant près de 5 heures. Et, c’est vers le coup de 17 heures et demi que les négociations vont aboutir, permettant ainsi aux ministres, accompagnés d’une délégation d’administrateurs de SEP CONGO et d’experts de deux ministères d’entrer dans les locaux de la société. Une fois à l’intérieur, les deux ministres se dirigent droit vers la salle de réunion où se tiendront des pourparlers avec le banc syndical et les experts, mais sans la présence du Directeur Général.
Au bout de 3 heures de discussions sous le leadership de deux membres du Gouvernement présents, il a été décidé notamment, la reprise normale du travail, spécifiquement à l’HRS de N’djili, à la station de pompage de Ango Ango et à la base de Kinshasa et Masina, lesquels constituent les points névralgiques du système d’approvisionnement et distribution du carburant. Il a été convenu de revoir l’examen de la question du départ du Directeur général au niveau d’autres instances du pays.
A ce jour, le travail a repris normalement dans tous les sites cités ci-haut, et le reste des revendications à caractère social seront également examinées à d’autres niveaux de la société, avec l’accompagnement du Gouvernement.
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