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Congo/Brazzaville: retour agité pour Mokoko, candidat à la présidentielle

2016-02-10
10.02.2016 , Brazzaville
2016-02-10
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http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2016/mokoko_jean-marie_16_001.jpg Brazzaville-

Jean-Marie Michel Mokoko

Une arrivée plutôt agitée pour Jean-Marie Michel Mokoko dont l'avion s’est posé, ce mardi 9 février à Brazzaville, en provenance de Bangui. L'ancien chef d'état-major et ex-conseiller spécial du président Sassou-Nguesso, qui vient de déclarer sa candidature pour la présidentielle du 20 mars prochain, a été passablement chahuté dès sa sortie de l'aéroport.

D'après des témoins, il est 19 heures mardi à l'aéroport de Maya-Maya de Brazzaville. L'avion du général de Mokoko s'est posé quelques minutes plus tôt. Il rentre à Brazzaville en provenance de Bangui où il est basé en tant que représentant spécial de la présidente de l’Union africaine. Et c'est en sortant du salon VIP qu'il dit été « sauvagement agressé par des éléments de la police » qui selon lui avaient été pré-positionnés avant son arrivée.

Le convoi Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à la présidentielle du 20 mars prochain, a été la cible de jets de pierre et de gaz lacrymogènes. Il dénonce une « tentative d'intimidation du pouvoir ». « Un de mes cousins, qui était là, m’a tout de suite pris, m’a poussé dans la voiture et c’est à partir de là que j’ai commencé à subir les tirs de lacrymogènes et des jets de gros cailloux », a expliqué à la chaîne de télévision France 24 le général Mokoko.

« Mais le parking de l’aéroport de Maya-Maya est bitumé, et donc il n’y a pas de cailloux qui traînent, continue M. Mokoko. C’est donc des cailloux qui ont été amenés là par préméditation. Je tiens à signaler que les deux minibus qui ont amené ces messieurs-là étaient sans immatriculation, et pour moi c’est donc la police nationale qui a organisé cette réception de la façon la plus sauvage qui soit. On pense pouvoir m’intimider pour que je retire ma candidature. Maintenant, s’ils décident de me tuer, ils n’ont qu’à le faire. »

Les journalistes pris pour cible

Selon des témoins, avant son arrivée déjà la police avait lancé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les quelques dizaines de partisans ou journalistes venus l'attendre. Alphonse Ndongo, le correspondant au Congo de Jeune Afrique économie, dit avoir été roué de coups par plusieurs hommes en civil. Des reporters de DRTV, une chaine de télévision privée locale, disent également avoir été dépouillés de leurs biens.

Selon les proches du général Mokoko, cet accueil mouvementé est le signe que le pouvoir n'est pas prêt à organiser une élection apaisée : « C’est le pouvoir qui est responsable de ce qui s’est passé à l’arrivée du général Mokoko. Ça s’est passé dans le périmètre de l’aéroport. Nous prendrons toutes les dispositions qui s’imposent. Nous, en tant qu’opposition, nous allons nous réunir pour faire le point », prévient Charles Zachie Bowao, qui coordonne la plateforme d'opposition Frocad-IDC.

Et d'expliquer : « Nous pensons que ce qui s’est passé à l’aéroport est révélateur de la situation d’ensemble dans laquelle se trouve notre pays. C’est-à-dire, en ce qui concerne particulièrement l’élection présidentielle, ce qui s’est passé à l’aéroport prouve qu’en réalité le gouvernement ne veut pas aller à l’élection. Il veut créer les conditions pour qu’il n’y ait pas de transparence, pour qu’il n’y ait pas d’apaisement, puis faire encore un passage en force comme en octobre dernier, ce que personne n’acceptera. »

Le porte-parole de la police congolaise n'était pas joignable ce mercredi matin. Une source gouvernementale parle de « confusion » et accuse le général Mokoko de « faire des raccourcis » notamment sur l'implication de la police. Car selon cette source, la présence de véhicule non immatriculé ne permet de faire le lien avec les forces de sécurité. « Un candidat à la présidentielle devrait avoir davantage de recul », estime cette source qui reproche au général d'avoir voulu « faire d'un non-événement - à savoir son retour - un évènement ». Pour le moment, les autorités n'ont pas prévu d'ouvrir une enquête.


RFI / MCN
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