
Musique
Le plus populaire de nos rappeurs, s'apprête à acquérir la nationalité française, après bien des embûches.
Fraîchement récompensé aux Victoires de la Musique pour son titre Sapés comme jamais, le rappeur né à Kinshasa, en République démocratique du Congo, va prochainement devenir français.
Un appel du gouvernement
Aujourd'hui, à 29 ans, Maître Gims est toujours de nationalité congolaise malgré de multiples demandes pour devenir Français. "Ça prend tellement de temps. Je n'ai pas renoncé, mais il y a tellement de démarches, de rendez-vous... Et je pense que c'est même plus long pour quelqu'un comme moi, connu, qu'on surveille d'autant plus. Du coup, parfois, je me dis : en fait, je suis un artiste africain", avait-il expliqué au Parisien il y a quelques mois.
Visiblement, le succès a permis d'accélérer les choses. ''Ça ne saurait tarder. J'ai reçu un appel du gouvernement, qui m'appelle à devenir Français. Donc je vais y aller et je pense que ça y est'', a ainsi déclaré à Laurent Delahousse Maître Gims, qui garde les pieds sur terre malgré sa réussite. Pour ce faire, il peut compter sur sa mère. ''C'est une boussole pour moi. Elle me permet d'avoir du recul'', a declaré l'ancien membre du collectif Sexion d'Assaut.
La misère et la galère
L'histoire de Maître Gims, c'est un peu Les Misérables du XXe siècle : une sacrée revanche sur la vie qui n'était vraiment pas gagnée d'avance. Né à Kinshasa en 1986, Gandhi Djuna, de son vrai nom, est arrivé en France avec sa famille alors qu'il était âgé de 2 ans. Son père, membre du groupe Viva la Musica de Papa Wemba, quitte l'ex-Zaïre, et s'exile en France à la fin des années 1980 avec un peu d'argent en poche, mais pas assez pour faire vivre sa famille. Les voilà sans papiers, les expulsions succèdent aux logements de fortune, une enfance entre les familles d'accueil, les placements dans des foyers ou la vie dans les squats. Au collège, le jeune Gandhi Djuna dort parfois dans les cages d'escalier avant de rejoindre les cours. La misère, la fatigue et la faim... Il a failli devenir dealer avant finalement de se réfugier dans la musique, là où on lui trouve du talent. "J'étais un enfant de la rue", s'est-il souvenu sur France 2. "J'étais à deux doigts de tomber dans le côté obscur de la Force, drogue, violence, braquage... La musique m'a sauvé."
Une fierté pour ses parents
Promis au pire, il remonte finalement la pente, se fait connaître au sein du groupe de rap Sexion d'Assaut avant d'entamer une carrière solo avec brio, notamment avec l'album Subliminal (écoulé à plus de 800.000 exemplaires). La gloire et l'argent succèdent à la galère et la bohème. Maître Gims savoure aujourd'hui son succès : il dit payer beaucoup d'impôts, n'oublie pas d'où il vient et aide sa nombreuse fratrie, comme il se doit dans la culture africaine. "C'est l'itinéraire d'un immigré, d'un jeune blédard et qui réussit, résumait-il à sa manière dans Le Parisien, il y a quelques mois. C'est aussi une fierté, notamment pour mes parents. Mon père était musicien, ma mère femme de ménage. Ils kiffent ça encore plus que moi, je le vois dans leurs yeux".
Même si les puristes jugent son rap trop commercial ou populaire – à l'exemple de JoeyStarr qui ne le supporte pas –, l'artiste s'est à nouveau largement imposé dans les charts avec son tout nouvel album Mon cœur avait raison, déjà vendu à plus de 450 000 unités, loin devant les derniers opus de Johnny Hallyday ou de Calogero. Un triomphe reconnu par le métier qui vient de lui remettre une Victoire de la musique pour son tube "Sapé comme jamais". Nul doute qu'il va également savourer la nationalité française, qu'on lui décernera prochainement, comme une juste récompense.
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