
Politique
Alors que la guerre fait rage dans l’est de la République démocratique du Congo et que les priorités nationales semblent ailleurs, le débat autour d’une éventuelle révision, voire d’un changement, de la Constitution refait surface dans l’espace public. Entre partisans d’une adaptation du texte fondamental et défenseurs du statu quo, la question divise jusque dans les rangs de la majorité présidentielle.
Le professeur Evariste Boshab, constitutionnaliste réputé et ancien vice-Premier ministre, a récemment relancé la discussion en avançant, sur la base de recherches académiques, que la durée de vie moyenne d’une Constitution est d’environ 17 ans. Un argument qui, selon lui, alimente la nécessité d’une réflexion sur l’actualisation de la Constitution congolaise de 2006.
À l’opposé, Modeste Bahati Lukwebo, figure éminente de la majorité et acteur majeur de l’Union sacrée de la nation, rejette toute perspective de modification du texte fondamental. Il estime que la difficulté congolaise ne réside pas dans la Constitution elle-même, mais dans l’application de ses dispositions.
Dans ce débat qui gagne en intensité, la Dynamique Lobi Ya Congo, organisation de la société civile, appelle à une approche moins politisée et plus inclusive. Par la voix de son représentant, Clément Epanya, le mouvement souligne que la question constitutionnelle concerne l’ensemble du peuple congolais.
« Le changement partiel ou global d’une Constitution ne doit pas être dicté par une simple durée de vie », affirme-t-il dans une interview exclusive accordée ce lundi 9 mars à Media Congo Press. Selon lui, une telle réflexion devrait s’appuyer avant tout sur les réalités politiques, sécuritaires, économiques et sociales du moment.
Pour Lobi Ya Congo, envisager une révision constitutionnelle ne signifie pas remettre en cause le rôle du texte fondamental, mais plutôt traduire une volonté d’adapter le cadre institutionnel aux mutations de la société congolaise.
L’organisation insiste néanmoins sur une condition essentielle : toute initiative en ce sens doit s’inscrire dans un large consensus national, tout en respectant strictement les principes démocratiques.
Au-delà du débat juridique, la Dynamique Lobi Ya Congo rappelle que le défi central de la RDC demeure l’effectivité des lois. « La consolidation d’un véritable État de droit passe d’abord par l’application des textes existants », souligne Clément Epanya.
Enfin, la Dynamique Lobi Ya Congo appelle les acteurs politiques à ne pas monopoliser ce débat. « La question constitutionnelle engage l’avenir de toute une nation. Elle doit donc associer toutes les composantes de la société congolaise », plaide-t-elle.
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