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Surchauffe à Kinshasa : le dollar franchit la barre de 1 300 francs !

Surchauffe à Kinshasa : le dollar franchit la barre de 1 300 francs ! 2017-01-11
Provinces / Société
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La dépréciation de la monnaie locale poursuit sa courbe descendante. Ce matin, le dollar américain a franchi la barre de 1 300 francs congolais à Kinshasa. Si le taux indicatif de la Banque Centrale du Congo est fixé à 1 212 CDF à l’achat et 1 361 CDF à la vente du dollar, sur le marché parallèle par contre, 1 USD se négocie respectivement à 1 303 CDF à l’achat et à 1 325 CDF à la vente. Entre-temps, le pouvoir d’achat du peuple s’effrite.

Le marché des biens et services a été marqué par d’intenses tensions inflationnistes depuis le deuxième trimestre de 2016. A mi-décembre, le taux d’inflation s’est établit à plus de 7,0 % en glissement annuel, contre un accroissement de 0,8 % en 2015 et 1,0 % en 2014. Le cours indicatif du franc congolais a atteint 1 215 le dollar américain fin décembre 2016, accusant ainsi une dépréciation de 25 % en seulement douze mois. Poursuite de la dégringolade !

Dépréciation, les causes ?

La RDC évolue dans un contexte de ralentissement de l’activité économique à l’interne et du recul des exportations vers l’extérieur. Selon la BCC, la faible mobilisation des recettes et la rigidité des dépenses ont occasionné un déficit cumulé des opérations financières de l’Etat d’environ 520 milliards de francs congolais, au 28 décembre 2016.

« En l’absence de marges budgétaires confortables, cet état des choses a entraîné d’importantes injections de liquidité, alors que les chocs extérieurs ont induit une contraction importante de l’offre des devises, face à une demande en expansion pour les besoins d’importation. Cette situation a exacerbé les tensions sur les marchés des changes ainsi que des biens et services », déclarait le Gouverneur de la BCC le 30 décembre 2016.

Dès lors, il est évident que si cette situation perdure, les mesures préconisées et appliquées par la BCC n’auront pas été suffisantes dans leur efficacité afin de venir à bout de cette dépréciation effrénée de la monnaie locale.

« Si la Banque Centrale a pu, l’an passé, opérer cinq interventions sur le marché interbancaire des changes pour un montant total de 250 millions USD, à cette allure inquiétante, nous devons craindre qu’elle n’ait plus de marge d’intervenir efficacement cette année au regard de l’effritement des réserves de change plafonnées à 870 millions USD fin décembre 2016 », a commenté l’analyste Georges Matondo.

Piste de solution

Malgré la hausse du taux directeur (qui est passé de 2 à 7%) et du capital minimum des banques commerciales (de 10 millions à 30 millions USD) afin de permettre à la BCC de compléter les moyens de ses interventions, l’Economiste Albert Tchata Bampa est d’avis que tout cela ne marchera pas tant que le gouvernement continuera à financer son déficit par la création monétaire.

« Selon mes estimations, il faut laisser l’inflation augmenter jusqu’à son seuil maximum de 9,5%. Tel un mal nécessaire, l’inflation active la croissance économique. C’est comme un accélérateur du véhicule. On accélère en sortant du parking et on régule l’accélérateur en fonction de la route à emprunter : autoroutes, montagnes, boulevard, quartiers…. Toutefois, cela exige une connaissance théorique pour mieux s’en servir », a préconisé Albert Tcheta-Bampa.

Qu’à cela ne tienne, le peuple congolais dont le pouvoir d’achat ne cesse de s’effriter attend des résultats urgents et efficaces de la part de ses gouvernants.

Faut-t-il imaginer la perte que subit un fonctionnaire de l’Etat rémunéré au taux bancaire de 920 CDF/le dollar alors qu’il est sensé payer son loyer, les études de ses enfants, … en dollar américain et/ou son équivalent en franc congolais (au taux parallèle) ? Oui, c’est environs 400 CDF sur chaque dollar. Bref, il voit son pouvoir d’achat s’appauvrir davantage de près de 30%. Presque le double de ce qu’il perdait en octobre 2016.

Eric Tshikuma
Zoom Eco
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1 commentaire(s)
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anonyme - 11.01.2017 18:07

La solution est simple ramener au pays l'argent détourné qui se trouve au Panama papers pour financer l'économie congolaise pour un motant de 10 milliards, pour financer le deficit budgetaire et arrêter la politique de la monétisation bancaire de la banque centrale.

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