
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International a accusé lundi le groupe minier de l'homme d'affaires belge George Forrest de complicité dans des centaines d'expulsions forcées en 2009 dans le sud-est de la République démocratique du Congo, ce que dément cette entreprise.
Il existe maintenant des preuves accablantes et irréfutables qui montrent que ces expulsions forcées ont effectivement eu lieu, en dépit de ce qu'affirme le groupe Forrest International depuis des années, écrit l'ONG dans un communiqué.
Parmi ces preuves, l'ONG cite notamment des photos satellitaires.
Selon Amnesty, des bulldozers de l'Entreprise générale Malta Forrest (EGMF), filiale de Groupe Forrest International (GFI), ont rasé plusieurs centaines d'habitations qui appartenaient à des creuseurs artisanaux à Kawama, non loin de Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province minière du Katanga, poumon économique de la RDC.
Les creuseurs artisanaux, qui sont légion au Katanga, sont des mineurs indépendants qui exploitent illégalement des mines, mais dont la présence est généralement tolérée par les autorités locales.
L'ONG précise que les destructions se sont déroulées au cours d'une opération policière demandée par EGMF pour chasser les creuseurs, accusés de vol de minerais près de la mine de Luiswishi. A l'époque, EGMF exploitait cette mine par le biais d'une société commune créée avec Gécamines, la société minière publique congolaise.
Selon Amnesty, des centaines d'expulsions se sont déroulées du 24 au 25 novembre 2009. Des commerces et des maisons en dur, d'où des agents de police armés ont chassé des villageois, y compris des enfants, ont été détruites.
Cette affaire a été étouffée par les autorités congolaises. L'Etat a failli à ses obligations envers son peuple, en ne traduisant personne en justice à la suite de ces expulsions forcées et en ne veillant pas à ce que des indemnisations soient versées, dénonce le communiqué de l'ONG.
Dans une lettre adressée à l'ONG, Malta David Forrest, directeur général de GFI, accuse Amnesty International d'acharnement et affirme que son groupe n'a aucune responsabilité directe ou indirecte dans ce qui s'est passé.
Les événements de novembre 2009 à Kawama sont regrettables et inadmissibles mais ne sont pas le fait du Groupe Forrest, écrit GFI dans un communiqué publié en réaction aux accusations d'Amnesty International, estimant que l'ONG n'amène aucun nouvel élément probant dans ce dossier.
Selon l'entreprise, les destructions ont été décidées par la police et les autorités congolaises et les deux véhicules du groupe ayant permis ces destructions ont été réquisitionnés par les forces de l'ordre.