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Santé

La sécurité du patient passe par le dialogue

2013-11-28
28.11.2013 , Kinshasa
Santé
2013-11-28
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La sûreté des soins est au cœur des préoccupations de la campagne lancée lundi par le gouvernement, sur fond d'un nouveau scandale lié aux médicaments.

C'est une coïncidence à la fois malheureuse et pertinente : alors qu'une plainte vient d'être déposée à l'encontre de Sanofi Pasteur et de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour de graves effets secondaires qui pourraient être liés au vaccin Gardasil contre le cancer du col de l'utérus, le gouvernement lance lundi la troisième édition de la Semaine de la sécurité des patients. « Engageons-nous pour des soins plus sûrs », invite le ministère de la Santé... L'objectif ? Favoriser la communication sur la sécurité des soins et mettre en avant le dialogue entre les patients, les usagers et les professionnels de santé. Après le scandale du Mediator et les avis de tempête sur la pilule de troisième génération et d'autres - certains dossiers se « dégonflant » presque aussi vite qu'ils ont enflé -, cela pourrait prêter à sourire. Car c'est à longueur d'année que l'on espère être à l'abri de problèmes induits par les traitements proposés.

Commenter son ordonnance

Concernant les médicaments plus particulièrement, les pilules, gélules et autres comprimés constituent "la troisième cause d'événements indésirables graves à l'hôpital", rappelle Patrick de Courcel, représentant des usagers à l'AP-HP, qui tient à faire passer deux messages aux usagers et aux professionnels : « Il existe deux phases critiques pour le patient à l'hôpital face au médicament : l'entrée et la sortie. Une troisième est le transfert d'un service à un autre. Dans ces moments-là, le patient peut vraiment participer à sa propre sécurité ».

À l'entrée, il est demandé aux patients de venir non seulement avec leurs médicaments, mais aussi avec leurs ordonnances en cours et la liste des produits qu'ils prennent habituellement (y compris les traitements librement achetés et jugés « mineurs »). Le médecin ou les paramédicaux doivent alors prendre le temps d'accueillir chaque personne et de bien lui expliquer son traitement. À la sortie, le médecin doit commenter son ordonnance, éventuellement corriger les ordonnances précédentes et communiquer davantage avec le médecin de ville. Quant aux patients, ils doivent signaler toute anomalie et tout effet secondaire.

Apprendre de ses erreurs

Au-delà des traitements médicamenteux, la médecine n'étant pas une science exacte, tout acte de diagnostic ou thérapeutique comporte des risques qu'il importe de réduire au maximum. C'est d'ailleurs ce qu'explique le professeur Christian Richard, chef du service de réanimation médicale de l'hôpital Bicêtre et coordinateur de la gestion des risques associés aux soins à l'AP-HP, dans le dernier magazine de l'AP-HP. Le titre de son interview résume bien son état d'esprit : « Apprendre de ses erreurs, une démarche d'intérêt collectif ». « Dans l'inconscient collectif, l'erreur est toujours rattachée à une faute », précise-t-il. "Ceci est loin d'être toujours le cas dans le domaine médical, où l'erreur est le plus souvent non fautive. C'est pourquoi on lui préfère l'expression d'événement indésirable associé aux soins."

En France, près de 400 000 événements indésirables graves surviennent chaque année dans les établissements de santé. Près de la moitié d'entre eux sont évitables. Cette proportion a évidemment de quoi inquiéter la population et susciter le courroux de ceux qui en sont victimes. Pour mieux les combattre, les spécialistes estiment qu'il faut les déclarer et les analyser. C'est le meilleur moyen de tirer des enseignements et d'établir des recommandations adaptées. C'est pourquoi l'AP-HP a adopté une charte où elle s'engage notamment à ne pas sanctionner, sauf cas exceptionnel bien sûr, les professionnels de santé qui signalent un événement.


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