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Trente ans de réclusion criminelle ont été requis vendredi 27 février à l'encontre de l'homme d'affaires belge Benoît Chatel, jugé par défaut par la cour d'assises de l'Isère pour le meurtre de deux congolais il y a quatorze ans.
L'avocat général Patrick Quincy a en revanche considéré que les éléments de l'infraction n'étaient pas constitués concernant l'architecte monégasque Alain Deverini, seul présent à l'audience, lui aussi poursuivi pour complicité d'assassinat.
Aucune peine n'a été requise à son encontre. Le troisième accusé de affaire nébuleuse, l'Italien Domenico Cocco, doit être jugé ultérieurement.
Benoît Chatel, qui serait mort ou en fuite, "est entièrement responsable, totalement coupable de ce double assassinat commis dans des conditions atroces", a estimé M. Quincy.
L'homme d'affaires, escroc et informateur des services secrets, "a commandité, a organisé, a donné les moyens de commettre l'infraction", a-t-il ajouté, précisant que sa conviction était "totale" à son sujet.
Il a indiqué qu'un mandat d'arrêt international serait lancé contre M. Chatel, que certains disent caché en République démocratique du Congo (RDC).
Concernant M. Deverini en revanche, le magistrat a fait part de son "doute". "Quels renseignements, quelles directives a-t-il donné à Cocco de nature à faciliter l'infraction? Moi, je ne les ai pas trouvés", a déclaré M. Quincy.
"Deverini est complice de Cocco, il est complice de complice. Cela n'existe pas la complicité de complicité en droit pénal", a-t-il ajouté.
Benoît Chatel, Alain Deverini et Domenico Cocco sont accusés d'avoir fomenté l'assassinat de Philémon Mwami Naluhwindja, chef Maï Maï d'une tribu de la région du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), et d'Aimé-Noël Atembina, conseiller militaire du gouvernement congolais à l'époque de Mobutu.
Leurs corps avaient été retrouvés dans une voiture en feu le 29 décembre 2000, dans un champ de maïs à Chasse-sur-Rhône (Isère). Les trois hommes auraient organisé l'élimination de ces "putschistes" supposés pour protéger leurs affaires en RDC, selon la thèse retenue par l'accusation.
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