
Echos des entreprises
L’environnement économique mondial connaît des secousses. Plusieurs industries ont dû revoir ainsi leurs approches stratégiques pour être compétitives. BAT CONGO aussi. Avec la fermeture de son usine de Kinshasa fin mars 2014, cette entreprise, implantée depuis 75 ans en RDC, a encore beaucoup d’années dans ce pays, comme le prouve la création d’une toute nouvelle structure, appelée British American Tobacco Services Congo. Son Administrateur-Délégué, Patrice Marie, qui se dévoile à la presse pour la toute première fois depuis la dernière restructuration le souligne avec force. Il se dit confiant en l’avenir du Congo qui est prometteur. Et la RDC pleine croissance, dit-il, reste un marché phare pour son Groupe.
De nationalité mauricienne, Patrice Marie est détenteur d’une maitrise en administration des affaires avec une spécialisation en Marketing de l’université de Leicester du Royaume Uni. Avec une carrière de plus de 24 ans au sein du Groupe British American Tobacco où il a occupé de nombreux postes de responsabilité, notamment responsable du marketing et des projets stratégiques, il a oeuvré dans les pays de la corne de l’Afrique, de l’Afrique de l’Est, dans les îles de l’océan indien et au Mozambique. C’est en janvier 2014 qu’il a rejoint l’équipe de BAT en RD Congo comme Administrateur-Délégué après avoir occupé les mêmes fonctions en Angola.
Propos recueillis par Moïse Musangana
Le marché du tabac au niveau mondial est à rude épreuve avec la concurrence de plus en plus impitoyable, la réglementation de plus en plus contraignante, sans compter la contrefaçon qui se professionnalise. Comment British American Tobacco (BAT) se maintient-elle dans cet univers trouble et quelle est sa part de marché ?
Laissez-moi mentionner d’entrée de jeu que la BAT, c’est un portefeuille de plus 200 marques vendues globalement dans 180 marchés dans le monde. Prenant en compte la réglementation de plus en plus rigoureuse, elle a développé ses activités en plaçant le client au coeur de ses préoccupations. Avec ainsi à la clé des marques fortes, le groupe s’efforce au mieux de satisfaire les besoins du consommateur.
Cette stratégie nous a permis de nous imposer dans beaucoup de pays sur le marché de la cigarette, avec à notre actif 16.8 % des parts du marché global du tabac (excluant la Chine). Nous sommes leader sur le marché du tabac en RDC.
Et la contrefaçon ?
Nous nous efforçons de débarrasser le marché de la contrebande qui est devenue un sérieux concurrent au niveau mondial. Depuis quelques années, nous avons signé des accords avec la communauté européenne dans le combat contre la contrebande. Malheureusement, nous sommes concernés par ce phénomène de contrebande à grande échelle et nul n’est à l’abri de ce fléau.
La RDC n’y échappe pas non plus. En raison de l’immense étendue de son territoire et de ces frontières poreuses, nous devons nous battre en appui aux autorités locales. Tenez. Rien qu’à voir autour de certaines grandes chaînes d’hôtelleries dans la capitale Kinshasa, nous pouvons prendre conscience de ce fléau qui se développe.
Nous avons tous quelque chose à perdre : les autorités en termes de revenus manqués, les consommateurs en termes de mauvaise qualité de produits, la propriété intellectuelle complètement entachée, la concurrence déloyale, les réseaux criminels et j’en passe… C’est pourquoi nous insistons auprès des autorités afin qu’ils prennent des mesures qu’il faut pour protéger les opérateurs économiques légaux et éviter que ce problème ne dégénère davantage.
Avec ce que vous venez de déclarer, sans compter les indicateurs d’indice de pauvreté, le taux de corruption tels que décrits au travers des différents rapports des institutions de Bretton Woods et bien d’autres, pensez-vous que la RDC reste un pays attrayant pour les investissements ? Surtout dans votre secteur ?
Je pense honnêtement que l’avenir est prometteur. L’environnement économique mondial a subi des transformations. Plusieurs industries ont dû revoir leurs approches stratégiques en vue de réduire les coûts et de maintenir leur compétitivité. Certains choix, quoique difficiles, ont dû être faits pour assurer la longévité des structures.
Le Congo ne fait pas exception. Nous notons une réelle volonté des dirigeants dans l’assainissement de l’environnement économique, les opérateurs sont écoutés, des changements sont opérés. Certes, beaucoup reste à faire, mais, nous, BAT, restons positifs quant à cet avenir et demeurons engagés sur la voie du progrès.
Le Groupe BAT, c’est aussi des marques internationales… Certaines d’entre elles se retrouvent-elles sur le marché congolais ? Si oui, lesquelles ?
Parmi les nombreuses marques mises sur le marché international, nous avons le privilège de commercialiser la Dunhill, la marque de référence dans le segment premium qui existe en deux variantes (la rouge et la bleue) et dont les nouveaux paquets viennent tout juste d’être lancés pour se maintenir avec les tendances des marchés développés.
Leader sur le plan national, il n’en demeure pas moins que BAT a fermé depuis le début de cette année l’usine de sa filiale de la RDC. Que reste-t-il réellement de BAT CONGO ?
En mars 2013 BAT Congo a vu l’essentiel de ses opérations s’arrêter avec la fermeture de son usine de Kinshasa. Ainsi, la nouvelle société, British American Tobacco Services Congo, est une compagnie de représentation en RDC qui s’occupe essentiellement de la commercialisation et de la promotion des marques BAT, tout en s’assurant que nos produits sont distribués d’une manière efficace par nos distributeurs et autres importateurs sur le territoire de la RDC. Et tout cela pour être à mesure de satisfaire au mieux nos consommateurs et nos partenaires dans les affaires.
Pour rappel, nous avons approximativement 64 000 partenaires qui sont, d’une façon ou d’une autre, liés à nos produits. C’est une grande famille et nous n’arrêtons pas d’étendre notre réseau de distribution pour être plus près de nos consommateurs et de garantir la qualité de nos produits.
Pour ceux qui pensent que nous ne sommes plus en RDC avec le passage de BAT Congo à notre nouvelle société BAT Services Congo, nous tenons à réaffirmer que la RDC, en pleine croissance, reste un marché phare pour notre groupe. BAT a dû passer par une phase de restructuration en vue de se réinventer pour de multiples raisons telles que rester compétitif, être à mieux de tirer des efficiences et des bénéfices en termes de structures du groupe, de satisfaire nos fidèles consommateurs avec des produits de haute qualité dont l’exigence est marquante, et aussi pour permettre d’augmenter nos investissements en RDC sur le long terme.
Je rappelle ici que le groupe British American Tobacco est en RDC depuis plus de 75 ans et nous serons encore là pour les générations à venir. Alors déjà, nous disons un grand merci à tous nos partenaires et consommateurs qui continuent à nous faire confiance.
L’usine locale étant fermée, d’où vous viennent dorénavant les produits qui sont écoulés sur le marché congolais et quelles sont présentement vos parts sur ce marché ?
Nous avons deux usines stratégiques du groupe au standard international qui approvisionnent la RDC, à savoir le Kenya et l’Afrique du Sud. Ces usines ont une capacité de pouvoir produire des cigarettes de haute qualité avec les dernières technologies.
Quelles sont les incidences de ces changements sur le volume de vos ventes ? Ont-elles (les ventes) chuté au Congo avec la fermeture de l’usine de Kinshasa ?
Pas du tout. Bien au contraire, nos capacités de distribution n’arrêtent, par exemple, pas de s’améliorer grâce à nos partenaires de distribution et nos volumes de vente sont remarquables depuis l’année dernière et accusent une nette croissance. La qualité améliorée de nos produits est très appréciée de nos consommateurs.
Maintenez-vous toujours le statut d’entreprise citoyenne au Congo après la dernière restructuration ? Quelles sont alors vos contributions au budget de l’Etat en termes d’impôts et de taxes ?
Absolument. Le groupe BAT à travers ses marques c’est aussi son engagement vis-à-vis du gouvernement congolais. En 2013, les marques de BAT ont contribué à plus de 76 millions de dollars, toutes taxes confondues aux caisses de l’Etat. Cela représente plus de 60 % de l’industrie dans sa globalité. Pour, 2014 nous prévoyons une nette croissance avec nos dernières estimations de volume de croissance.
BAT SERVICES CONGO s’impliquera-t-elle aussi dans le social ? De manière succincte, quelles sont les actions que vous avez menées ou que vous comptez mener en faveur des communautés locales ?
Sans doute. Nous restons profondément interpellés face à ces populations qui nous entourent et qui, d’une certaine manière, favorisent notre croissance. Notre engagement vis-à-vis de la communauté à travers certaines universités de la place va se poursuivre et se développer davantage. Aussi, nous travaillons sur un projet de société dont nous ferons l’annonce en temps utile. S’il aboutit, je suis sûr qu’il devrait être très apprécié par la communauté congolaise en général.
Confirmez-vous la nomination d’un cadre congolais aux finances de votre entreprise?
Je confirme effectivement la désignation de M. Georges Mbala à la tête de notre Département des finances. Il remplace à ce poste un ressortissant kenyan qui est rentré dans son pays. Comme vous l’avez retenu, c’est un fils maison, un cadre congolais qui rentre d’expatriation pour apporter son soutien à l’équipe oeuvrant en RDC.
Georges Mbala, le retour d’un talent congolais dans son pays
Ancien « Contrôleur financier » à BAT Ouganda, Georges Mbala est présentement responsable du Département des finances à BAT Services Congo, en RDC, son pays natal. Il a pris ses fonctions le 1er décembre dernier et dépend directement du l’Administrateur-Délégué de BAT Services Congo SARL.
M. Mbala a rejoint le Groupe BAT en 1998 comme Management Trainee (cadre stagiaire) dans le programme « We Challenge You », axé sur le recrutement de talent. Programme qui existe depuis toujours au sein du Groupe constamment en quête de talents pouvant aspirer à des postes de cadres supérieurs. D’ailleurs, BAT Services Congo vient à peine de recruter une autre candidate au Marketing, dans le cadre du même programme. L’entreprise ne s’arrêtera pas là, d’autres candidats seront sélectionnés prochainement. Tout au long de sa carrière, Georges Mbala a occupé divers postes en tant que responsable de la Trésorerie, du Marketing Finance, du Planning & Reporting, des Opérations Finance ainsi que de Contrôleur de Gestion en RDC.
En temps qu’expatrié, il a assumé les fonctions de Zone Marketing Finance Manager pour l’Afrique de l’Ouest en 2007 durant deux ans et celles de Finance Controller à BAT Ouganda en 2013. Il a, à travers ces différents rôles, acquis une expérience considérable dans le domaine des finances qu’il compte mettre à profit dans le cadre de ses nouvelles fonctions.
Les impressions de l’intéressé dans ces quelques lignes : « C’est une responsabilité importante qui m’est confiée au sein de BAT Services Congo et une reconnaissance au niveaudu Groupe des talents locaux pour relever les défis actuels et à venir et aussi saisir les opportunités qui se présenteront face à notre Compagnie.»

Gauche à droite: Thierry Viengele Ndogala Legal & Cora Manager, Patrice Marie Administrateur Délégué
et Bertin Ramazani Directeur des Ressources Humaines
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