
Société
Le gouvernement de la République a promis de traquer et d’identifier les auteurs de l’assassinat du professeur Matthieu Abata Diabar Sona, enseignant à l’Université de Kinshasa, froidement tué dans la nuit du 7 au 8 janvier à son domicile du quartier Rutens, sur le plateau des professeurs. Une promesse réitérée ce dimanche 11 janvier 2026 au cours d’une visite officielle de deux membres du gouvernement auprès de la famille éplorée, conduite par la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations, Marie-Thérèse Sombo, et le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Jacquemain Shabani, en présence du premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi.
Cette descente sur le lieu du drame apportait soutien et réconfort à la veuve, aux enfants et aux proches du défunt, mais il était également question de s’enquérir des circonstances exactes de ce crime. Entourée d’une délégation incluant le recteur de l’Université de Kinshasa, la directrice générale de l’ISTM et les services d’intendance, la ministre Marie-Thérèse Sombo a manifesté la détermination de l’État à exercer pleinement sa responsabilité sécuritaire et judiciaire.
Le déroulé des faits est choquant. Selon la famille, six individus armés, revêtus de tenues assimilables à celles des forces de sécurité, ont investi la parcelle familiale aux environs de 23 heures. Après avoir extorqué 7 000 dollars américains et une chaînette en or, ils sont partis avant de revenir quelques heures plus tard, estimant le butin insuffisant. C’est lors de cette seconde intrusion que le professeur Abata Diabar Sona a été abattu à bout portant, succombant sur place de ses blessures.
La violence du geste, et son caractère répétitif, ont immédiatement plongé la communauté universitaire dans l’indignation. Le ministère de l’Enseignement supérieur a qualifié l’acte « d’odieux », tandis que les services sécuritaires et judiciaires ont été mobilisés pour faire la lumière sur le drame.
Mais, sur le terrain, les réactions des voisins et les défaillances apparentes de la police, pourtant postée à proximité, accentuent le sentiment de désarroi et d’injustice.
Face à cette tragédie, l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN) a décrété l’arrêt des cours pour cinq jours à compter du vendredi dernier, et annoncé un sit-in pour le lundi 12 janvier devant le ministère de l’Intérieur et de la sécurité, afin d’exiger des mesures de protection renforcées pour les enseignants. Les professeurs réclament également la prise en charge des obsèques, ainsi qu’un soutien tangible à la veuve et aux enfants du défunt, et l’identification d’un lieu de sépulture digne.
Le contexte rend ce drame d’autant plus inquiétant : dans le même quartier, un braquage similaire avait visé la famille Kadima Tshimpanda en décembre dernier, avec le même mode opératoire mais sans victimes. Cette récurrence souligne l’urgence d’une réponse institutionnelle ferme et l’incapacité apparente du système sécuritaire à anticiper et prévenir de tels crimes.
Au-delà de la douleur, c’est une interrogation profonde qui s’impose : comment des individus armés, peuvent-ils semer la terreur, piller et tuer à répétition sans être interceptés ? L’assassinat du professeur Abata Diabar Sona s’impose ainsi non seulement comme un crime, mais comme un signal d’alarme, un acte d’accusation contre un système sécuritaire à bout de souffle, que Kinshasa ne peut plus ignorer.
La visite des membres du gouvernement auprès de la famille endeuillée envoie donc un message fort. L’État affirme sa volonté de protéger ceux qui façonnent l’avenir intellectuel et scientifique du pays. Une promesse dont l’effectivité sera scrutée par l’ensemble de la nation.
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