
Politique
À l’Union sacrée, les tractations se poursuivent pour la désignation des membres du bureau définitif du Sénat. Mais, quatre noms émergent du lot et semblent faire consensus. Il s’agit de l’ex-PM, Sama Lukonde à la présidence, de l’ancien speaker de la Chambre haute, Modeste Bahati Lukwebo à la deuxième vice-présidence, de l’ex-gouverneur de l’Ituri, Jean Bamanisa au poste de rapporteur et enfin, de l’ancien coordonnateur du service administratif du président Tshisekedi, Taupin Kabongo, à la questure. Mais, les tiraillements demeurent encore car les deux vieux loups, Mukamba et Kinduelo, tiennent à tout prix à jouer un rôle au bureau définitif. Quant au poste de rapporteur adjoint, il est réservé à l’opposition.
Sama Lukonde est bien parti pour succéder à Modeste Bahati Lukwebo. Son nom a été bien coché au perchoir. À la tête du deuxième groupe en sièges au Sénat, l’ancien chef du gouvernement bénéficie de la confiance du chef de l’État. Lors de son récent séjour à Lubumbashi, Tshisekedi avait confirmé au cours d’un aparté avec le gotha provincial katangais Sama Lukonde comme futur président du Sénat. Un choix qui a coupé l’herbe sous le pied des téméraires de l’Udps qui refusent de concéder sous prétexte d’être la première force politique à la Chambre haute.
Le membre du présidium de l’Union sacrée reste focus sur son objectif final. Depuis quelque temps, il consulte les élus de différents groupes provinciaux pour ratisser large. Un membre de son sérail a glissé à Ouragan qu’en coulisses, le leader katangais abat un travail de fond. “L’ancien Premier ministre porte un bon projet pour la Chambre haute qui va appâter les élus des élus”, nous a confié un sénateur au parfum de son programme. De Sama résulteront travail, unité et cohésion. Cohésion qui a fait défaut aux législatures passées où les membres du bureau se sont déchirés. Au tempérament calme, Sama rassure. Son profil rassembleur et expérimenté est un gage de réussite pour fédérer tous les courants. Déjà au gouvernement, il n’avait eu aucun accrochage avec ses ministres, un atout pour mettre en confiance des élus parfois exigeants, selon un ministre sortant de son équipe.
À l’Udps, les durs à cuir ne désarment pas. Lors d’une réunion dimanche soir autour du SG contesté Augustin Kabuya, ils ont exigé deux postes au bureau. Sur X, le journaliste Siméon Osako confirme l’information. L’Udps et sa mosaïque se battent avec hargne pour conquérir les postes de président et de questeur. Le président intérimaire du parti a été chargé de faire rapport, des conclusions de cette rencontre, au président Tshisekedi aux fins de recueillir son avis. Aussi, ils ont levé l’option de réaménager le calendrier électoral pour permettre à l’Union sacrée de pourvoir aux autres postes réservés à la majorité. Ce qui a été annoncé ce lundi aux premières heures. Près de 30 sénateurs notamment Roger Tshisekedi, Pascal Kinduelo et Ivan Kazadi ont participé à cette réunion au bureau privé de Kabuya.
Revoici Bahati

Comme Mboso à l’Assemblée nationale, le frustré Bahati Lukwebo veut se contenter de jouer les seconds rôles. Il lorgne la deuxième vice-présidence du Sénat. Le poste lui aurait été accordé sans problème, indiquent plusieurs sources. Après avoir perdu la bataille de la présidence à la Chambre basse, le leader AFDC-A refuse de rester en dehors des institutions. L’élu du Sud-Kivu a l’avantage de maîtriser les rouages de l’institution et pourra être d’un apport utile au nouveau président. Ses soutiens se sont déjà lancés en campagne. Sur les réseaux sociaux, Maître Cédric Biengele Bongongo exhorte les élus de la haute Chambre à soutenir la candidature de l’expérimenté et excellent professeur, Modeste Bahati Lukwebo au poste de 2ᵉ Vice-président du bureau définitif. C’est pour, dit-il, un Sénat équilibré, productif dans ses propositions de lois et d’excellence.
Jean Bamanisa et Taupin Kabongo

Les deux ténors de la mouvance présidentielle ont fait acter leurs candidatures au niveau de l’Union sacrée. Bamanisa sous la tunique du MLC de Jean-Pierre Bemba a toutes les chances de passer. Une sorte de compensation après que son épouse, Françoise Bemba, la petite sœur du leader du Mlc, a été éconduite à l’Assemblée nationale lors de l’élection du bureau Kamerhe. Elle était en course à la questure. Sa mise à l’écart avait suscité la colère et l’indignation de son parti. Bemba JP avait difficilement accepté cette humiliation. Mais cette fois-ci, la candidature du mari a été déjà adoubée à tous les niveaux. L’Iturien portera la voix du Sénat lors des plénières.
De son côté, Taupin Kabongo signe son retour en grâce. Éloigné du cercle restreint de Fatshi, le candidat questeur voit une porte ouverte pour rebondir. Il a les soutiens de beaucoup de groupes de l’Union sacrée et de quelques cadres Udps. Kabongo aurait même la bénédiction du président Tshisekedi, selon quelques membres du sérail. D’autres prétendants rejettent cette thèse. Ils ne le voient même pas à ce poste. Ses concurrents veulent l’arbitrage de la haute hiérarchie. Après une longue période d’obscurité, Taupin Kabongo pourra enfin retrouver la lumière. Il sera une pièce importante pour le bureau s’il gère bien les finances de la Chambre haute.
Encore un duel de deux baobabs
Les deux vieux routiers, tous élus Union sacrée, n’ont malheureusement aucune intention de raccrocher les crampons. Pascal Kinduelo (86 ans) et Jonas Mukamba (93 ans) veulent chacun occuper un poste au bureau définitif de la Chambre haute. Mukamba qui a concédé la première fois, refuse de renoncer à son ambition d’intégrer le bureau définitif. Entre-temps, Kinduelo, droit dans ses bottes, veut poursuivre sa mission. Mais il revient à la direction de l’Union de faire le choix. En se disputant pour la deuxième fois le fauteuil du pouvoir, les doyens d’âge démontrent qu’ils ne sont prêts à s’effacer au profit de l’intérêt général. Ce mauvais exemple de lutte de positionnement risque d’être imité par la jeune génération politique aux épaules gonflées et aux egos surdimensionnés qui n’intègrent jamais la notion de “la patrie avant tout”.
Pour ce qui est de la questure adjointe, rien n’est encore tranché même si le nom de Françoise Mbemba Ndokwa revient plusieurs fois. Sachez que le calendrier pour l’élection du bureau définitif du Sénat a été renvoyé au 7 août suite aux problèmes techniques et logistiques, annonce dans un communiqué, le sénateur Ivan Kazadi Kankonde, le premier secrétaire du bureau provisoire.
Ainsi, le dépôt des candidatures aura lieu le vendredi 2 août de 9 h à 18 h. Le traitement des dossiers le samedi 3 août, soit un jour avant que la commission ad hoc entame l’examen des recours et l’affichage de la liste définitive des candidats. La campagne électorale est fixée au mardi 6 août 2024. Il s’agira de l’audition des discours de campagnes de chaque candidat. L’élection et l’installation du bureau définitif sont prévues le mercredi 7 août. Selon le président du bureau provisoire du Sénat, Pascal Kinduelo, tout dossier de candidature pour être retenu, doit contenir la lettre de consentement du parti ou regroupement politique du candidat.
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Sama, Kabongo, Mukamba, Bahati et Bamanisa, en lice pour le bureau définitif du Sénat @Photo Droits tiers.