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Daniel Bumba, porté à la tête de ville par la grande majorité des élus provinciaux, avait présenté, le 24 juillet 2024, son ambitieux programme « Kin Ezo Bonga », comprenant 11 axes pour bâtir le rêve kinois. Cependant, près d’une année après, le constat est très amer. Voitures sous les eaux, routes inondées et des piétons tentant de naviguer pour se frayer le chemin… Qui pour délivrer la capitale congolaise ?
L’image apocalyptique de la ville après les crues met à rude épreuve le projet phare de Bumba. Après une saison sèche de répit, les épisodes d’inondations et de drames s’enchaînent à chaque averse à Kinshasa. Les dernières pluies diluviennes ont causé d’importants dégâts matériels dont la coupure de la RN1 sur le tronçon Mitendi-Kasangulu, avant d’être rétablie et l’interruption de trafic sur le pont N’djili. Le déluge a aussi fait 33 morts, selon un bilan provisoire de l’hôtel de ville.
Paroles, paroles, paroles… Daniel Bumba a oublié ses promesses tenues après son élection ? Ouragan a passé au scanner quelques-uns des engagements emblématiques du successeur de Gentiny Ngobila. En prenant les rênes d’une mégalopole où tout était prioritaire, le gouverneur Udps connaissait bien les urgences de son entité : infrastructures routières, assainissement, gestion des embouteillages, sécurité… Au regard de faits, aucun chantier d’envergure n’a été lancé par le Gouv dans le cadre de son programme. A l’exception de quelques avenues en cours de réhabilitation dans la commune de la Gombe, les Kinois s’impatientent et parient l’échec d’un quinquennat débuté sur fond de promesses fallacieuses.
Désirant mieux faire que ses prédécesseurs dans une ville de plus de 15 millions d’habitants dont les infrastructures de base datent de l’époque coloniale, Daniel Bumba s’était, à travers son programme phare, « Kin Ezo Bonga », engagé dans un vrai nettoyage de la ville, longtemps attendu par les habitants. Il promettait également de tourner la page d’une capitale honteusement sale et submergée par des inondations qui dégradent la chaussée après chaque pluie. Mais, la réalité rattrape Bumba. Malgré les réunions nocturnes successives, l’édile semble dépassé par l’ampleur des événements. Kinshasa n’attend pas et ne peut pas attendre. Elle a besoin de solutions et de réponses urgentes face à ses besoins.
L’autorité urbaine n’apprend pas de ses erreurs
Faut-il « commémorer » des inondations mortelles pour que personne n’oublie les dégâts qu’elles ont causées et que les autorités, le gouverneur en tête et les habitants s’y préparent mieux ? Les gouvernements se succèdent mais les mêmes problèmes demeurent. Aucune politique d’anticipation n’est envisagée par les dirigeants. Plus pire, la ville de Kinshasa n’a pas un réseau de drainage, c’est-à-dire un ensemble des ouvrages qui vont collecter des eaux et les acheminer vers les exutoires naturels que sont les rivières.
A Ouragan, l’ingénieur Michel Uyumbu, président de la corporation nationale des ingénieurs de bâtiments et travaux publics, explique que Kinshasa est dans une situation très dramatique. Les communes qui ont été construites avant l’indépendance disposaient en son temps d’un réseau de drainage, à l’exemple de la commune de la Gombe où les eaux peuvent être recueillies et évacuer facilement. Malheureusement, se désole-t-il, dans d’autres communes, ces réseaux ne sont plus fonctionnels parce qu’on y a construit dessus et ils sont bouchés. Dans les quartiers nouvellement construits, il n’y a pas de réseaux de drainage et la prise en charge des eaux de pluie est impossible. En plus de cela, l’ingénieur pointe les constructions dans les zones « non aedificandi ».
« Le pays ne dispose donc ni d’un code de construction, moins encore celui d’urbanisme. Il faudrait qu’il y ait une grande production réglementaire mais aussi une volonté politique pour mettre cela en application. Les gens construisent sur les collecteurs sans être interpellés, ce n’est pas normal. Quelqu’un se réveille un bon matin et décide de quitter ses limites parcellaires pour entrer sur le domaine public jusqu’à 3 ou 4 mètres. On doit cesser avec ça, on doit sentir l’autorité de l’État », déplore Michel Uyumbu.
Bumba sur les pas de Ngobila ?
A en croire Jean-Pierre Muilo, cadre de Lamuka, Daniel Bumba est sans doute parti pour échouer. L’opposant va plus loin en prédisant que le gouverneur Udps pourrait être plus pire que son prédécesseur Gentiny Ngobila, dont le passage à la tête de la ville sonnera comme un grand regret dans le palmarès des personnes ayant mal géré la capitale.
Depuis plus de 10 ans, la capitale de la République démocratique du Congo est confrontée aux mêmes problèmes que tout le monde connaît, mais dont personne ne trouve la solution. Les gouverneurs partent mais les habitants restent livrés à leur triste sort. Les déchets qui s’amoncellent, causent, depuis des lustres, de graves inondations dans la capitale congolaise. S’ils ne s’entassent pas le long des routes ou dans des décharges sauvages, les détritus finissent dans les caniveaux, les cours d’eau ou les rivières de la ville, formant ainsi des amas compacts.
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Daniel Bumba, Gouverneur de la ville de Kinshasa