
Société
Un drame a secoué mardi 13 janvier 2026, aux alentours de 22 heures, le rond-point Ngaba, l’un des carrefours les plus fréquentés de Kinshasa. Un cambiste, exerçant depuis plusieurs années sur cet axe stratégique, a été abattu par un homme en tenue militaire, dans ce qui apparaît désormais comme un acte de violence gratuite et planifiée.
Selon les témoins présents, la victime a reçu des balles à l’épaule et à l’abdomen, provoquant l’extrusion de ses intestins. Le criminel a ensuite dérobé l’argent du cambiste avant de disparaître dans le noir, certains signalant sa fuite vers la commune de Makala, par l’avenue communément appelée Wenze.
Une scène d’horreur au cœur de la ville
Les détails de la scène, rapportés par plusieurs témoins, donnent froid dans le dos. « J’ai vu l’homme tomber au sol, ses cris résonnaient dans la nuit. Tout s’est passé en quelques secondes, c’était terrifiant », raconte Léon Mbombo, un commerçant du quartier, encore sous le choc. Un autre témoin, Sylvie N’sapu, ajoute : « Ce qui m’a le plus marqué, c’est le calme avec lequel ces militaires ont pris l’argent des cambistes avant de disparaître. Ils étaient plusieurs, et personne n’a osé intervenir ».
Enfin, Jean-Pierre Kabuya, chauffeur de taxi, confie : « Le rond-point Ngaba est supposé être surveillé par la police et les services de sécurité. Et pourtant, tout s’est déroulé comme si la ville était livrée à elle-même ».
Selon nos sources, il ne s’agirait pas d’un acte isolé. Plusieurs cambistes présents sur le lieu ont été dépouillés dans la même nuit, attestant d’une opération menée par plusieurs individus en uniforme. La scène a été rapidement saturée de témoins et de riverains, certains appelant les forces de l’ordre tandis que d’autres tentaient d’apporter secours à la victime.
Un carrefour stratégique sous tension
Le rond-point Ngaba n’est pas un lieu ordinaire, c’est un carrefour où se trouvent plusieurs services de l’État, des bureaux administratifs, des commerces et des artères très fréquentées. Malgré cette proximité, les forces de sécurité peinent à assurer la protection des citoyens et des commerçants. L’événement souligne crûment la fragilité de la sécurité dans la capitale congolaise, et questionne l’efficacité des dispositifs de surveillance en place.
L’insécurité, un fléau croissant à Kinshasa
Cet incident survient seulement quelques jours après l’assassinat d’un professeur de l’Université de Kinshasa, au plateau des professeurs. Les violences ciblant les cambistes, les commerçants et les citoyens ordinaires, se multiplient dans la ville. Les vols à mains armées, les agressions et les braquages sont désormais des événements presque quotidiens, instaurant une atmosphère de peur et de défiance.
« Chaque soir, nous avons peur de fermer boutique. Même à côté des services de l’État, personne n’est à l’abri », explique un cambiste anonyme, tremblant à l’idée de raconter sa propre expérience.
« La situation devient insoutenable. La police, lorsqu’elle intervient, arrive souvent après le crime », renchérit un riverain de la commune de Ngaba.
Kinshasa, mégapole de près de quinze millions d’habitants, semble désormais confrontée à un dilemme : comment protéger ses citoyens dans un contexte où armes, uniformes et criminalité se mêlent dangereusement ?
Les cambistes, piliers de l’économie informelle de la ville, sont particulièrement vulnérables, transformant leurs activités quotidiennes en véritables épreuves de survie.
La répétition de tels actes violents expose l’échec relatif des forces de sécurité à sécuriser les zones sensibles et à restaurer la confiance de la population. Les citoyens réclament des mesures immédiates notamment les patrouilles renforcées, le contrôle strict des uniformes militaires dans les zones civiles, et l’enquête rapide sur les auteurs. Sans réponse ferme, la ville risque de basculer dans une insécurité chronique, où la peur remplacera la liberté de circuler.
Kinshasa ne peut plus se permettre de considérer ces drames comme des faits divers. Chaque cambiste, chaque citoyen agressé, chaque vie perdue est un signal que le gouvernement congolais doit agir avant que le tissu social ne se fragmente davantage. La question qui reste posée est simple : jusqu’à quand les autorités toléreront-elles l’insécurité comme un mal inévitable ?.
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