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COURS D-HOMILETIQUE

COURS D’HOMILETIQUE
Par l’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI

DESCRIPTION DU COURS

De manière générale, un cours d’Homilétique , qui vient du mot latin homileticus « d'homélie », consiste à faire l’étude des principes, des règles et des méthodes homilétiques en vue de la préparation et de la présentation des messages bibliques ou art de la prédication sous l’onction du Saint-Esprit. Partie de la théologie pastorale qui traite de la prédication ordinaire et permanente du pasteur aux fidèles.

OBJECTIFS DU COURS

En dispensant ce cours, nous voulons que les étudiants :

• Maîtrisent les notions théoriques recommandées par l’homilétique.
• Soient capables d’orienter tout message vers un thème choisi.
• Soient capables d’exploiter le thème choisi à fond et correctement.
• Soient capables d’extraire les richesses contenues dans un passage.
• Soient aptes à appliquer les principes de base dans la présentation de leurs messages selon les structures formelles et logiques de chacun de ces types.

BIBLIOGRAPHIE (SOMMAIRE)

BRAGA James, Comment préparer un message biblique, Floride, Vida, 1987.

BRUGNOLI Carlo, Porteurs de vie. Burtigny, Jeunesse en mission, 1993.

ENGEL James F., Communiquer l’Evangile efficacement. Abidjan, Centre de Publications Evangéliques, 1991.

GERICKE Paul, Construire un sermon, Abidjan, Centre de Publications Evangéliques, 1990.

LANE Denis, Prêche la Parole., Chalon-sur-Saône, Europresse, 1989.

La Prédication de l’Evangile : Un cours individuel qui traite de la création et de la présentation des messages pour amener les gens à Jésus-Christ, Kinshasa, Direction Nationale d’Evangélisation de l’ECZ et Centre International d’Evangélisation, 1990.

RATOVONA Pascal, Prêcher la Parole : Comment préparer une prédication, Abidjan, Groupes Bibliques Universitaires d’Afrique Francophone, 1994.

DEVOIRS ET EXIGENCES

En vue de permettre une acquisition certaine des matières et une réelle maîtrise des méthodes de prédication, les devoirs ci-après seront donnés aux étudiants :

- Faire des lectures recommandées par le Professeur
- Répondre à quelques interrogations
- Elaborer des esquisses des messages
- Préparer et présenter des messages pour chaque méthode de prédication.


CONTENU DU COURS
INTRODUCTION GENERALE
I. GENERALITES SUR LA PREDICATION

1. Diverses définitions

2. L’importance de la prédication

3. Les objectifs de la prédication

4. Les qualités du prédicateur

5. Le cercle et le triangle homilétiques

6. Les implications du ministère de prédication

II. LA CONTEXTUALISATION DE LA PREDICATION

1. Ce qu’est la contextualisation

2.Les raisons de contextualiser la prédication

3. La manière de contextualiser une prédication

III. LES METHODES ET REGLES DE PRESENTATION DU SERMON

1. Les méthodes de présentation des messages

2. Diverses règles de présentation des messages

a. L’aspect physique du prédicateur

b. L’usage de la voix pendant la prédication

c. Réponses à la prédication

d. Le cadre du sermon

3. Des conseils pour une bonne présentation du sermon
IV. LA STRUCTURE DU SERMON
1. Les éléments préliminaires du message

2. Les principales parties du message

a. L’introduction

b. Le corps du message

c. La conclusion

3. Les éléments subsidiaires du message

a. La phrase de transition

b. Les illustrations

c. Les applications

V. LES METHODES DE PREPARATION DES MESSAGES

A. LA METHODE THEMATIQUE OU TOPIQUE

1. Définition de la méthode

2. Les avantages de la méthode

3. Difficultés et inconvénients de la méthode

4. Manière de préparer un message thématique

5. Quelques exemples

B. LA METHODE TEXTUELLE

1. Définition de la méthode

2. Les avantages de la méthode

3. Quelques difficultés et dangers

4. Manière de préparer un message textuel

5. Quelques exemples

C. LA METHODE EXPOSITOIRE OU SERMON EXPOSITIF

1. Définition de la méthode

2. Quelques avantages et inconvénients

3. Manière de préparer un message expositif

4. Quelques exemples

VI. DIVERSES OBSERVATIONS SUR LA PREDICATION
CONCLUSION GENERALE








Les étapes de préparation d’une prédication
Par l’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI Leader d’Arev-Ministries.


De manière générale, un cours d’Homilétique , qui vient du mot latin homileticus « d'homélie », consiste à faire l’étude des principes, des règles et des méthodes homilétiques en vue de la préparation et de la présentation des messages bibliques ou art de la prédication sous l’onction du Saint-Esprit. Partie de la théologie pastorale qui traite de la prédication ordinaire et permanente du pasteur aux fidèles.

Parce que la prédication n’est pas ni une mécanique ni un plat cuisiné, il n’existe ni notice ni recette pour préparer un sermon. Il ne suffit pas d’appliquer un schéma prémâché pour réussir à prêcher de manière satisfaisante. En effet, non seulement l’homilétique est d’une certaine manière un art, avec tout ce que cela représente de créativité, d’unicité, de spontanéité et d’originalité ; mais de plus, cet art de la prédication est le fruit de l’interaction entre Dieu et le prédicateur, et on ne peut enfermer l’influence de Dieu ou la manière dont il inspire dans des cases.
Ceci étant dit, est-ce pour autant que la préparation d’une prédication se fait au petit bonheur la chance ou dans l’improvisation ? Non. Sans occulter les surprises divines ni les fulgurances de la pensée propre à chacun, ce n’est pas un hasard si la majorité des manuels d’homilétique proposent une méthodologie pour aider à la préparation d’une prédication. Chacun trouvera dans ces différentes ressources beaucoup de bonnes choses. Je viens néanmoins apporter ma petite pierre à l’édifice en proposant ici quelques étapes clés de la préparation d’une prédication.
Il est clair que ces étapes ne sont pas une fin en soi et n’ont que pour modeste objectif d’aider à ne pas rater de marche dans le cheminement que représente l’élaboration d’une prédication. Selon les personnes, les circonstances, le choix du sujet, il va de soi que ce schéma directeur peut être amené à évoluer. Surtout, ce processus ne doit en aucun cas être un frein à la fraîcheur du souffle du Saint-Esprit, mais la créativité de Dieu n’est pas incompatible avec une certaine organisation, au contraire, puisque l’acte créateur de Dieu consiste à transformer le chaos en harmonie.
Puissent ces étapes contribuer à transformer le chaos des cœurs et des pensées qui habitent parfois les prédicateurs à l’aube d’une prédication pour aboutir en une prédication profonde, belle et fructueuse.

Etape 1 : Prier et choisir un sujet

Le commencement d’une prédication n’est pas un acte mais une attitude. Cette attitude qui peut se transformer en habitude, est celle de la prière, de la recherche de la présence de Dieu. Dès le départ et tout au long de la préparation, c’est cette quête du soutien divin qui pourra faire que la parole humaine soit un tant soit peu reçue comme parole de Dieu.
Or si Dieu est un soutien qui éclaire lorsqu’on prépare une prédication, Dieu s’est d’abord révélé de manière magistrale dans les Ecritures qu’il a inspirées. La matière première du préducateur est la Bible(la Parole de Dieu). Parce qu’une prédication est d’abord le fruit d’un message biblique, le choix d’un sujet ne peut se faire qu’en fréquentant la Bible et en puisant à cette source intarissable. On pourra intégrer des facteurs pastoraux, personnels, liturgiques ou sociétaux dans le choix d’un sujet, mais celui-ci s’appuiera d’abord sur un (éventuellement plusieurs) passage(s) de la Bible.
Choisir un sujet ou un texte biblique ne revient pas à connaître déjà l’idée principale de la prédication. S’il est clair qu’on peut déjà avoir quelques orientations, il est fondamental de ne pas enfermer notre lecture et notre étude par des idées préconçues, mais au contraire, se laisser surprendre par une lecture renouvelée de la parole vivante qu’est la Bible.
Etape 2 : Etudier et méditer

Une fois le ou les textes choisis, l’étape suivante consiste à étudier et à méditer ce matériau biblique. Ii y a la nécessité de connaître et d’aimer profondément les Ecritures de la part du prédicateur .C’est une des étapes qui peut prendre le plus de temps. Si l’on peut avoir recours à des dictionnaires ou des commentaires bibliques et à ce qui a été écrit sur le sujet, il sera bon néanmoins de faire précéder cette utilisation d’outils extérieurs par une étude personnelle du texte biblique seul. Privilégier la primauté d’une lecture et d’une étude de la révélation à l’état pur est source de fécondité. Il convient d’observer le texte, de l’interpréter, puis de voir en quoi il peut être actualisé. Ces trois étapes permettront une appropriation du texte.
Dans la phase d’observation, on identifiera les acteurs, le contexte, les mots clés, la structure, etc. Dans la phase d’interprétation, on cherchera à définir le sens du texte et le message qu’il véhicule.
Dans la phase d’actualisation, on cherchera à distinguer ce en quoi le texte peut interpeller aujourd’hui, ce qui implique de mettre en miroir le texte et son interprétation avec la situation du groupe auquel le message va être adressé.
Cela implique le prédicateur en personne puisqu’il est le premier des auditeurs de la prédication qu’il prépare et ce qui le touche a plus de chance de ne pas laisser indifférents les auditeurs. C’est entre autres pourquoi il importe non seulement d’étudier le texte biblique, mais aussi de le méditer, de le laisser engendrer en soi les étincelles d’une vie spirituelle régénérée.
Etape 3 : Définir l’idée principale

C’est une étape clé qu’il importe de ne pas négliger. En effet, le texte biblique est tellement riche qu’il est facile parfois de vouloir parler de tout ce qu’on a découvert en étudiant et en méditant le texte. Mais à vouloir suivre toutes les pistes, on risque de se retrouver nulle part. Une prédication doit avoir une ligne directrice, une idée clé identifiable et mémorisable.
Plus encore, cette idée principale a pour vocation d’être la clé de voute sur laquelle l’auditeur pourra s’appuyer, sur laquelle il pourra se prononcer par une adhésion qui se transformera le cas échéant en réponse active dans un engagement spirituel vis-à-vis de Dieu, du prochain et de soi. Parmi les critères de choix de l’idée principale, le premier est de respecter ce que le texte biblique dit. Cela passe par une exégèse sérieuse et honnête pour ne pas faire dire au texte ce qu’on a envie qu’il dise.
Certes, cette exégèse pourra prendre en compte d’entrée le caractère homilétique et donc oralitaire de l’aboutissement de la démarche, mais l’esprit du texte est fondamental pour la crédibilité du message. En même temps, il importe aussi de choisir un axe qui soit en phase avec un questionnement ou une attente légitime de la part de l’auditoire.
Bien sûr, en plus de ces aspects, il peut être légitime de faire des choix et d’écouter son cœur rempli du Seigneur pour définir cette idée principale. Toujours est-il que tout prédicateur, me semble-t-il, devrait être capable de résumer ce qu’il a envie de dire en deux ou trois phrases. S’il en est incapable, peut-être que ce travail de définition d’une idée principale, d’une intention bien définie, d’un objectif clair n’a pas été mené à bien.



Etape 4 : Faire un plan

A partir du moment où une idée principale a été choisie et que l’étude et la méditation du texte ont permis un foisonnement de choses à dire sur le sujet, il est important d’organiser le cheminement de pensée qui sera au service de l’idée principale à transmettre. A ce stade, on peut choisir une méthode homilétique (approche narrative, déductive, prédication à la première personne, etc.) et définir la structure de ce qui sera partagé.
Le but de cette démarche d’établissement d’un plan a pour but d’aider le prédicateur à dire de manière claire, compréhensible et logique ce qu’il veut communiquer. Mais cela aidera également le futur auditeur à suivre la pensée du prédicateur, et même à mémoriser le message de la prédication. Il ne me semble pas qu’il faille appliquer de règles particulières dans l’établissement de ce plan de prédication : on pourra donc avoir deux, trois, quatre, ou cinq parties, là n’est pas l’important. L’essentiel est d’en avoir un !
Etape 5 : Développer et élargir ses ressources

Lorsque le canevas de la prédication est défini, le temps est venu d’organiser le contenu de chaque partie. Une des sources principales qui va alimenter le corps de la prédication est le fruit de l’étude et la méditation du texte, résultat de l’observation, de l’interprétation et de l’actualisation du texte.
Néanmoins, il pourra être utile de développer et d’élargir ses ressources, voire d’aller plus loin dans l’exploration. C’est ainsi qu’à cette étape on pourra chercher des illustrations, des citations, des définitions. On gagnera à réfléchir à certaines formulations ou toutes sortes d’outils rhétoriques servant le message.
Etape 6 : Rédiger

Enfin, il est temps de rédiger. La question n’est pas de savoir ici s’il faut tout écrire ou pas. Chacun a son mode de fonctionnement légitime, mais il s’agit en tous cas de définir clairement, par un texte ou des notes, ce qu’on va dire, quand on va le dire et comment on va le dire.

Parmi les éléments à travailler en particulier, il me semble que l’introduction, la conclusion, et les transitions sont des moments particulièrement importants. L’introduction va donner le ton et contribuer à accrocher les auditeurs.
Elle doit non seulement présenter le sujet, éventuellement évoquer le plan qui sera suivi, mais aussi d’entrée montrer en quoi le sujet peut être en lien avec la vie des auditeurs. Dans une introduction, on gagnera à discerner une question (que se posent les auditeurs ou qui les intéresse) à laquelle la prédication va répondre. L’intérêt doit avoir été suscité.
Les transitions entre les parties d’une prédication permettent de clarifier et de rappeler le cheminement emprunté. La conclusion a pour vocation de synthétiser, mais aussi d’interpeller, d’ouvrir à un chemin d’engagement. Cette étape de la rédaction est finalement la mise en place harmonieuse de tout ce qui a précédé.
Etape 7 : S’approprier le message et prier

On pourrait croire que lorsque la prédication est « rédigée », le travail de préparation est achevé. C’est presque vrai, mais pas tout à fait. En effet, même si tout ce qu’on a mis dans sa prédication vient de soi, il ne sera pas inutile de se relire une ou plusieurs fois afin de vraiment posséder son sujet et maîtriser son texte.
Cela donnera plus d’assurance et plus de liberté le moment venu. Enfin, il va de soi qu’entre le moment où l’on a mis un point final à son texte et le moment où l’on va prêcher, un esprit de prière contribuera à parfaire cette préparation, à mettre dans les bonnes dispositions d’humilité et de confiance pour que le Seigneur puisse « parler à son peuple » et « toucher les cœurs » au travers de celui ou celle qui parlera en son nom !





De la durée de préparation d’une prédication

Je me souviens avoir une fois posé à un artiste-peintre la question à l’occasion du vernissage d’une exposition de ses tableaux : combien de temps vous faut-il pour peindre une de ces toiles ? Sa réponse a été très intéressante et m’a marqué : « 42 ans ». C’était son âge ! En effet, si peindre un tableau peut prendre quelques heures, toute la profondeur et la force de ce que les formes et les couleurs vont exprimer est le fruit de toute une vie. En préambule à la réponse à la question posée dans cette note : « Combien de temps faut-il pour préparer une prédication ? », j’ai envie de répondre qu’une prédication est le fruit de toute une vie.
Alors concrètement, en plus d’être le fruit d’une vie entière de foi, de recherche, de prière et de maturation, combien de temps dure la préparation d’une prédication. Il n’y a évidemment pas de réponse valable pour tous à cette question. Nous sommes en effet tous différents dans nos manières de fonctionner. De plus, il en ira différemment selon que l’on prêche pour la première fois et que l’on a une vie de prédication derrière soi.
Le sujet choisi peut aussi nécessiter un temps de préparation différent. Sans parler de l’auditoire qui peut influencer l’énergie et le temps consacré à la préparation : même si cela est discutable, on risque de passer plus de temps à préparer la prédication lors d’un grand rassemblement d’Eglise qu’à l’occasion de la prédication hebdomadaire d’une petite communauté !
Quels sont les ingrédients qui sont à prendre en compte alors que l’on considère le temps de préparation d’une prédication ? Il y a d’abord le choix du sujet ou du texte (sauf s’il est choisi d’avance ou imposé). Il n’empêche que cela prend parfois pas mal de temps que de choisir le bon sujet d’une prédication. Mais une fois le sujet choisi, la préparation d’une prédication implique : l’étude du ou des textes bibliques, des temps de lecture et de réflexion ; des temps de travail plus formel à prendre des notes, à mettre en ordre ses idées, à rédiger ; et puis d’une manière transversale, ce que j’appellerais des temps de maturation.
En effet, même si ce n’est bien sûr pas impossible, se mettre à préparer une prédication puis quelques heures plus tard, en avoir fini, n’est probablement pas l’idéal. En effet, je pense qu’il est bon de « laisser décanter » sa réflexion, ses lectures, ses idées, ce qu’on a envie de transmettre.

Certes le Saint-Esprit peut inspirer un travail court et intense, mais j’ose penser qu’il peut aussi intervenir très efficacement sur la durée. Selon la belle expression de Fred Craddock, les sermons qui sont « plantés, arrosés et moissonnés »1 avec le temps qu’il faut sont meilleurs que les autres.
Pour ma part, je pense souvent à la prédication que je prépare en faisant autre chose, et parfois ma vision s’éclaire et ma prédication gagne en profondeur grâce à des idées qui me viennent en conduisant, en faisant du sport, en lisant autre chose, en discutant, la nuit, etc. C’est pourquoi, j’aurais du mal à répondre à la question de savoir combien de temps me prend la préparation d’une prédication. Même si c’est variable selon les situations, si je pourrais quantifier le nombre d’heures passées spécifiquement à cette préparation, mais je serais incapable de compter le temps que je passe à méditer en mon cœur ce que le Seigneur me donne à partager en prêchant.
Au final, quelques lois de la gestion du temps peuvent être utiles pour évaluer ou gérer le temps de préparation d’une prédication. Il est vrai que la loi de Parkinson affirme que « le travail se dilate jusqu’à remplir la durée disponible pour son accomplissement », donc plus on donne de temps à sa préparation, plus on en prend. Néanmoins, la loi de Murphy nous rappelle que « rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît et qu’une chose prend toujours plus de temps qu’on l’avait envisagé ».
Un équilibre pourrait être trouvé dans le fait de commencer sa préparation suffisamment tôt, si possible plusieurs semaines à l’avance2, afin de pouvoir consacrer des plages de temps définies à l’avance à une préparation formelle, mais aussi de laisser cours à la maturation informelle qui pourra compléter le travail préparatoire. Si une prédication n’est pas le fruit de toute une vie, elle reste néanmoins l’aboutissement d’une implication personnelle et profonde pendant les jours, et peut-être les semaines, qui précèdent le temps du partage !








Choisir un sujet de prédication

« De quoi vais-je parler dans ma prochaine prédication ? ». Tout prédicateur est habité par cette question à un moment où un autre, et y répondre vite et bien est un vrai défi. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’évoquer quelques pistes de réflexion quant au choix d’un sujet de prédication.
Il est vrai qu’une autre question est liée à celle-ci : qu’entend-on par « sujet de prédication » ? En effet, cela dépend du type de prédication que l’on va faire. Si, le choix d’un sujet correspond souvent au choix d’un texte biblique, dans le cas d’une prédication thématique ou biographique par exemple, le choix ne correspond pas à un texte biblique, mais à un thème ou un personnage. Ceci étant, la chose qui me paraît primordiale d’affirmer : quel que soit son type, parce qu’une prédication a pour vocation de laisser Dieu se révéler par sa Parole, il importe donc de s’appuyer sur la Bible, et choisir un sujet de prédication passe immanquablement par le choix d’au moins un texte biblique. Et c’est en s’appuyant sur ce (ou ces) texte(s) que le message va se construire.
Alphonse Maillot, dans un petit livre qu’il a écrit sur la prédication1, évoque cinq manières possibles de choisir un texte biblique. Il mentionne d’abord l’anarchie qui consiste à ouvrir la Bible et prendre au hasard le texte sur lequel on est tombé. Pour Maillot, c’est « confondre la Bible avec le loto » !

Il y a ensuite la pure subjectivité : on sait à peu près ce que l’on veut dire et l’on cherche ensuite le texte qui servira le mieux le message dont on se croit porteur. Cette approche est vivement condamnée par Alphonse Maillot : « c’est probablement la plus mauvaise des méthodes, avec une Bible asservie, vecteur de nos seules idées ou de nos seules émotions, et un Dieu qui n’a la parole que lorsqu’il est en accord avec nous. On ne dénoncera jamais assez cette méthode, cette usurpation d’autorité, ce kidnapping de la Parole, hélas plus fréquent qu’on ne le pense, et d’autant plus qu’il est souvent inconscient ».
La troisième méthode proposée est le texte accrocheur, qui consiste à choisir un texte qui a attiré notre attention. C’est pour notre auteur une méthode moins mauvaise que la précédente mais qui garde pour défaut d’être soumise à la subjectivité du prédicateur. Alphonse Maillot évoque quatrièmement les listes de lectures qui existent dans certaines Eglises, programmées sur trois ans, et proposant trois textes par semaine tirés l’un de l’Ancien Testament, l’autre des Evangiles et le dernier des Epîtres. Ces textes ont l’avantage de suivre le calendrier liturgique, mais ont le défaut d’exclure les textes qui n’y sont pas présents.
Enfin, la cinquième et dernière méthode qui a les faveurs d’Alphonse Maillot est le suivi d’un livre ou de récits semblables : « on prend un livre biblique de A à Z (depuis le verset un du premier chapitre jusqu’au dernier verset du dernier chapitre), soit des récits parallèles : discours de Jésus, paraboles, miracles, etc. Et les « thèmes » ne manquent pas non plus dans l’Ancien Testament ».
Si je suis globalement d’accord avec Alphonse Maillot, je ne serai peut-être pas aussi radical que lui. Le suivi d’un livre de la Bible ou les séries me semblent en effet avoir de nombreux avantages : exhaustivité du texte biblique, possibilité d’aller plus en profondeur, etc. Cela peut même se faire avec plusieurs prédicateurs où chacun prend un passage ou un épisode d’une manière organisée à l’avance. Il n’empêche, il arrive fréquemment que l’on soit amené à prêcher ponctuellement, et donc que la série ne soit pas possible. Du coup la question reste entière.
John Stott2 suggère avec justesse que soient pris en compte quatre facteurs principaux dans le choix d’un sujet de prédication. Le premier facteur est le cycle liturgique. En s’appuyant sur les fêtes de Noël, de Pâques, et de Pentecôte comme pivots, « chacune d’elle a sa préparation qui mène vers elle et sa résultante naturelle qui la suit. De cette manière, l’année ecclésiastique se divise elle-même en trois périodes. [...]
En ce sens, chaque année, le calendrier ecclésial récapitule l’histoire de la révélation biblique : l’Ancien Testament de la Création à Noël dans la période d’octobre à décembre, les Evangiles qui retracent la vie de Jésus de janvier à mai, et enfin, les Actes, les Epitres et l’Apocalypse dans la période après la Pentecôte allant de mai à septembre. C’est aussi inévitablement une structure trinitaire lorsque nous nous souvenons comment Dieu s’est révélé lui-même progressivement comme Créateur et Père, en tant que Fils de Dieu fait chair, et dans la personne et l’œuvre du Saint-Esprit ».
Un deuxième facteur peut entrer en ligne de compte pour nous aider à choisir le sujet d’une prédication, et cela concerne les circonstances externes, c’est-à-dire les événements dans la vie de la nation, un débat dans l’espace public, une catastrophe naturelle, etc. Pour John Stott, « les prédicateurs doivent être sensibles aux grandes questions publiques qui habitent les esprits des auditeurs ». Cela rejoint la recommandation de Karl Barth qui encourageait chaque prédicateur à avoir la Bible dans une main et le journal dans l’autre. Le troisième facteur est d’ordre pastoral, c’est-à-dire la prise en compte des besoins spirituels des auditeurs. « Il a souvent été dit, avec justesse, que les meilleurs prédicateurs sont toujours de bons pasteurs, parce qu’ils connaissent les besoins et les problèmes, les doutes, les peurs et les espérances de la communauté ».
Enfin, le quatrième et dernier facteur est d’ordre personnel : « Sans aucun doute, les meilleurs sermons que nous puissions prêcher aux autres sont ceux que nous nous sommes prêchés à nous-mêmes. Ou pour dire les choses autrement, quand Dieu lui-même nous parle au travers d’un texte de l’Ecriture et que celui-ci devient lumineux pour nous, c’est alors qu’il pourra continuer à éclairer lorsque nous chercherons à l’ouvrir aux autres ». Au final, en prenant en compte des facteurs liturgiques, externes, pastoraux et personnels, on a là des pistes pour éviter une subjectivité trop grande. Bien sûr, il faudra veiller à éviter les « dadas » que l’on connaît parfois à certains prédicateurs, qui deviennent alors trop prévisibles.
Et puis, là et quand c’est possible, il peut être très fructueux de décider ou d’orienter des sujets de prédications en équipe. L’interaction avec la variété des visions et la diversité des analyses peut être une aide pour discerner avec plus d’à-propos les textes de la Bible qui pourront interpeller et trouver un écho favorable chez les auditeurs.Il est un élément qu’il me paraît important d’ajouter en lien avec la question du choix d’un sujet de prédication. Il s’agit de la prière. Certes, les facultés que Dieu nous a données peuvent nous permettre d’avoir le discernement pour choisir le bon sujet, mais je ne pense pas inutile, pour ne pas dire qu’il me paraît indispensable que la prière accompagne la réflexion et le choix de ce qui sera au cœur du message prêché.

Comme l’exprime Jacques 1.5 : « Si l’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera ». Dans la lignée de cette réflexion sur le choix d’un sujet de prédication, j’aimerais évoquer la situation dans laquelle je me suis parfois trouvé, surtout au début de mon ministère de prédicateur. Celle d’avoir choisi un sujet de prédication, puis de commencer à étudier le texte biblique, de réfléchir à comment construire la prédication, et finalement ne pas se sentir « inspiré », de penser le sujet non adapté, ou de considérer qu’il faudrait plus que le temps que celui à disposition pour préparer la prédication.
Et du coup, on cherche un nouveau sujet de prédication, souvent sous la pression, ce qui met dans une situation inconfortable. Après avoir vécu un certain nombre de fois cette expérience, j’ai pris la décision de m’imposer de garder un sujet une fois que je l’avais choisi. C’est vrai que l’on peut passer par des moments de lutte dans la préparation d’une prédication, c’est finalement normal, et même positif. J’ai même envie de dire que la préparation d’une prédication est comparable à un accouchement, avec tout ce que cela comporte de merveilleux, mais aussi de labeur, de persévérance, de lutte. Je citerai aussi l’exemple de Jacob qui lutte à Peniel avec Dieu, mais au final, Dieu se révèle et la bénédiction est là !
Enfin, dernier élément en lien avec la réflexion sur le choix d’un sujet de prédication : cela concerne l’opportunité de proposer un titre ou pas. Je suis un partisan des titres donnés aux prédications, pour plusieurs raisons. D’abord, le fait de donner un titre oblige à être au clair sur l’idée principale que l’on a envie de transmettre lors du message, et même si cela paraît être une évidence, ce n’est pas toujours aussi clair que cela. Ensuite, un bon titre a un double effet positif pour l’auditeur : cela donne envie d’écouter la prédication et cela aide à se souvenir de ce qui a été dit.
En conclusion, si la question du choix du sujet d’une prédication peut paraître anodine au premier abord, il s’agit en fait de la première pierre de l’édifice et donc d’une question importante. Ce n’est que quand les fondations sont bien posées et au bon endroit, que l’ensemble de la construction peut être solide. On gagnera donc à donner à ce premier acte dans l’art de prêcher toute l’attention qu’il mérite !



Petite leçon de prononciation
Il y a peu, après avoir prêché dans une Eglise où j’étais invité, un pasteur retraité m’a abordé pour me faire une petite leçon de prononciation. En effet, il avait noté que j’avais parlé de Jésus-Christ en prononçant jé-zu-krist’, alors que j’aurais dû prononcer jé-zu-kri. A vrai dire, j’étais un peu étonné (mais pas seulement parce que je ne m’attendais pas à ce genre de retour).
En effet, j’avoue ne m’être jamais posé la question et n’avoir jamais fait attention à cette question. J’imagine que depuis toujours je prononce cela sans réfléchir ! Mais du coup, intrigué, j’ai fait quelques recherches, et d’ailleurs ce pasteur devant mon étonnement m’a aussi écrit le fruit de ses quelques recherches. Il apparaît en effet que d’après les règles phonétiques, il faille prononcer Jé-zu-kri, même si lorsqu’on évoque le Christ il est commun de prononcer krist’. C’est là une exception tolérée pour éviter la confusion avec le nom commun cri.
C’est le Littré qui dans sa définition du mot « Christ » affirme ceci : « Prononciation : krist’ ; dans Jésus-Christ on prononce Jé-zu-kri ; des ministres protestants, à tort, prononcent Jé-zu-krist’ ». Je ne sais pas si les protestants continuent d’être des prononciateurs rebelles, mais comme me le faisait remarquer ce pasteur retraité, sage et bienveillant : « Heureusement, dans notre relation avec le Christ, ce n’est pas la prononciation qui représente l’essentiel ».

L’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI,Leader d’Arev-Ministries.

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Auteur : Prof. Dr.Robert KIKIDI

Code MediaCongo : WE8J2GQ
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COURS D-HOMILETIQUE

Postée le: 30.08.2018
Ville : KINSHASA
Description

COURS D’HOMILETIQUE
Par l’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI

DESCRIPTION DU COURS

De manière générale, un cours d’Homilétique , qui vient du mot latin homileticus « d'homélie », consiste à faire l’étude des principes, des règles et des méthodes homilétiques en vue de la préparation et de la présentation des messages bibliques ou art de la prédication sous l’onction du Saint-Esprit. Partie de la théologie pastorale qui traite de la prédication ordinaire et permanente du pasteur aux fidèles.

OBJECTIFS DU COURS

En dispensant ce cours, nous voulons que les étudiants :

• Maîtrisent les notions théoriques recommandées par l’homilétique.
• Soient capables d’orienter tout message vers un thème choisi.
• Soient capables d’exploiter le thème choisi à fond et correctement.
• Soient capables d’extraire les richesses contenues dans un passage.
• Soient aptes à appliquer les principes de base dans la présentation de leurs messages selon les structures formelles et logiques de chacun de ces types.

BIBLIOGRAPHIE (SOMMAIRE)

BRAGA James, Comment préparer un message biblique, Floride, Vida, 1987.

BRUGNOLI Carlo, Porteurs de vie. Burtigny, Jeunesse en mission, 1993.

ENGEL James F., Communiquer l’Evangile efficacement. Abidjan, Centre de Publications Evangéliques, 1991.

GERICKE Paul, Construire un sermon, Abidjan, Centre de Publications Evangéliques, 1990.

LANE Denis, Prêche la Parole., Chalon-sur-Saône, Europresse, 1989.

La Prédication de l’Evangile : Un cours individuel qui traite de la création et de la présentation des messages pour amener les gens à Jésus-Christ, Kinshasa, Direction Nationale d’Evangélisation de l’ECZ et Centre International d’Evangélisation, 1990.

RATOVONA Pascal, Prêcher la Parole : Comment préparer une prédication, Abidjan, Groupes Bibliques Universitaires d’Afrique Francophone, 1994.

DEVOIRS ET EXIGENCES

En vue de permettre une acquisition certaine des matières et une réelle maîtrise des méthodes de prédication, les devoirs ci-après seront donnés aux étudiants :

- Faire des lectures recommandées par le Professeur
- Répondre à quelques interrogations
- Elaborer des esquisses des messages
- Préparer et présenter des messages pour chaque méthode de prédication.


CONTENU DU COURS
INTRODUCTION GENERALE
I. GENERALITES SUR LA PREDICATION

1. Diverses définitions

2. L’importance de la prédication

3. Les objectifs de la prédication

4. Les qualités du prédicateur

5. Le cercle et le triangle homilétiques

6. Les implications du ministère de prédication

II. LA CONTEXTUALISATION DE LA PREDICATION

1. Ce qu’est la contextualisation

2.Les raisons de contextualiser la prédication

3. La manière de contextualiser une prédication

III. LES METHODES ET REGLES DE PRESENTATION DU SERMON

1. Les méthodes de présentation des messages

2. Diverses règles de présentation des messages

a. L’aspect physique du prédicateur

b. L’usage de la voix pendant la prédication

c. Réponses à la prédication

d. Le cadre du sermon

3. Des conseils pour une bonne présentation du sermon
IV. LA STRUCTURE DU SERMON
1. Les éléments préliminaires du message

2. Les principales parties du message

a. L’introduction

b. Le corps du message

c. La conclusion

3. Les éléments subsidiaires du message

a. La phrase de transition

b. Les illustrations

c. Les applications

V. LES METHODES DE PREPARATION DES MESSAGES

A. LA METHODE THEMATIQUE OU TOPIQUE

1. Définition de la méthode

2. Les avantages de la méthode

3. Difficultés et inconvénients de la méthode

4. Manière de préparer un message thématique

5. Quelques exemples

B. LA METHODE TEXTUELLE

1. Définition de la méthode

2. Les avantages de la méthode

3. Quelques difficultés et dangers

4. Manière de préparer un message textuel

5. Quelques exemples

C. LA METHODE EXPOSITOIRE OU SERMON EXPOSITIF

1. Définition de la méthode

2. Quelques avantages et inconvénients

3. Manière de préparer un message expositif

4. Quelques exemples

VI. DIVERSES OBSERVATIONS SUR LA PREDICATION
CONCLUSION GENERALE








Les étapes de préparation d’une prédication
Par l’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI Leader d’Arev-Ministries.


De manière générale, un cours d’Homilétique , qui vient du mot latin homileticus « d'homélie », consiste à faire l’étude des principes, des règles et des méthodes homilétiques en vue de la préparation et de la présentation des messages bibliques ou art de la prédication sous l’onction du Saint-Esprit. Partie de la théologie pastorale qui traite de la prédication ordinaire et permanente du pasteur aux fidèles.

Parce que la prédication n’est pas ni une mécanique ni un plat cuisiné, il n’existe ni notice ni recette pour préparer un sermon. Il ne suffit pas d’appliquer un schéma prémâché pour réussir à prêcher de manière satisfaisante. En effet, non seulement l’homilétique est d’une certaine manière un art, avec tout ce que cela représente de créativité, d’unicité, de spontanéité et d’originalité ; mais de plus, cet art de la prédication est le fruit de l’interaction entre Dieu et le prédicateur, et on ne peut enfermer l’influence de Dieu ou la manière dont il inspire dans des cases.
Ceci étant dit, est-ce pour autant que la préparation d’une prédication se fait au petit bonheur la chance ou dans l’improvisation ? Non. Sans occulter les surprises divines ni les fulgurances de la pensée propre à chacun, ce n’est pas un hasard si la majorité des manuels d’homilétique proposent une méthodologie pour aider à la préparation d’une prédication. Chacun trouvera dans ces différentes ressources beaucoup de bonnes choses. Je viens néanmoins apporter ma petite pierre à l’édifice en proposant ici quelques étapes clés de la préparation d’une prédication.
Il est clair que ces étapes ne sont pas une fin en soi et n’ont que pour modeste objectif d’aider à ne pas rater de marche dans le cheminement que représente l’élaboration d’une prédication. Selon les personnes, les circonstances, le choix du sujet, il va de soi que ce schéma directeur peut être amené à évoluer. Surtout, ce processus ne doit en aucun cas être un frein à la fraîcheur du souffle du Saint-Esprit, mais la créativité de Dieu n’est pas incompatible avec une certaine organisation, au contraire, puisque l’acte créateur de Dieu consiste à transformer le chaos en harmonie.
Puissent ces étapes contribuer à transformer le chaos des cœurs et des pensées qui habitent parfois les prédicateurs à l’aube d’une prédication pour aboutir en une prédication profonde, belle et fructueuse.

Etape 1 : Prier et choisir un sujet

Le commencement d’une prédication n’est pas un acte mais une attitude. Cette attitude qui peut se transformer en habitude, est celle de la prière, de la recherche de la présence de Dieu. Dès le départ et tout au long de la préparation, c’est cette quête du soutien divin qui pourra faire que la parole humaine soit un tant soit peu reçue comme parole de Dieu.
Or si Dieu est un soutien qui éclaire lorsqu’on prépare une prédication, Dieu s’est d’abord révélé de manière magistrale dans les Ecritures qu’il a inspirées. La matière première du préducateur est la Bible(la Parole de Dieu). Parce qu’une prédication est d’abord le fruit d’un message biblique, le choix d’un sujet ne peut se faire qu’en fréquentant la Bible et en puisant à cette source intarissable. On pourra intégrer des facteurs pastoraux, personnels, liturgiques ou sociétaux dans le choix d’un sujet, mais celui-ci s’appuiera d’abord sur un (éventuellement plusieurs) passage(s) de la Bible.
Choisir un sujet ou un texte biblique ne revient pas à connaître déjà l’idée principale de la prédication. S’il est clair qu’on peut déjà avoir quelques orientations, il est fondamental de ne pas enfermer notre lecture et notre étude par des idées préconçues, mais au contraire, se laisser surprendre par une lecture renouvelée de la parole vivante qu’est la Bible.
Etape 2 : Etudier et méditer

Une fois le ou les textes choisis, l’étape suivante consiste à étudier et à méditer ce matériau biblique. Ii y a la nécessité de connaître et d’aimer profondément les Ecritures de la part du prédicateur .C’est une des étapes qui peut prendre le plus de temps. Si l’on peut avoir recours à des dictionnaires ou des commentaires bibliques et à ce qui a été écrit sur le sujet, il sera bon néanmoins de faire précéder cette utilisation d’outils extérieurs par une étude personnelle du texte biblique seul. Privilégier la primauté d’une lecture et d’une étude de la révélation à l’état pur est source de fécondité. Il convient d’observer le texte, de l’interpréter, puis de voir en quoi il peut être actualisé. Ces trois étapes permettront une appropriation du texte.
Dans la phase d’observation, on identifiera les acteurs, le contexte, les mots clés, la structure, etc. Dans la phase d’interprétation, on cherchera à définir le sens du texte et le message qu’il véhicule.
Dans la phase d’actualisation, on cherchera à distinguer ce en quoi le texte peut interpeller aujourd’hui, ce qui implique de mettre en miroir le texte et son interprétation avec la situation du groupe auquel le message va être adressé.
Cela implique le prédicateur en personne puisqu’il est le premier des auditeurs de la prédication qu’il prépare et ce qui le touche a plus de chance de ne pas laisser indifférents les auditeurs. C’est entre autres pourquoi il importe non seulement d’étudier le texte biblique, mais aussi de le méditer, de le laisser engendrer en soi les étincelles d’une vie spirituelle régénérée.
Etape 3 : Définir l’idée principale

C’est une étape clé qu’il importe de ne pas négliger. En effet, le texte biblique est tellement riche qu’il est facile parfois de vouloir parler de tout ce qu’on a découvert en étudiant et en méditant le texte. Mais à vouloir suivre toutes les pistes, on risque de se retrouver nulle part. Une prédication doit avoir une ligne directrice, une idée clé identifiable et mémorisable.
Plus encore, cette idée principale a pour vocation d’être la clé de voute sur laquelle l’auditeur pourra s’appuyer, sur laquelle il pourra se prononcer par une adhésion qui se transformera le cas échéant en réponse active dans un engagement spirituel vis-à-vis de Dieu, du prochain et de soi. Parmi les critères de choix de l’idée principale, le premier est de respecter ce que le texte biblique dit. Cela passe par une exégèse sérieuse et honnête pour ne pas faire dire au texte ce qu’on a envie qu’il dise.
Certes, cette exégèse pourra prendre en compte d’entrée le caractère homilétique et donc oralitaire de l’aboutissement de la démarche, mais l’esprit du texte est fondamental pour la crédibilité du message. En même temps, il importe aussi de choisir un axe qui soit en phase avec un questionnement ou une attente légitime de la part de l’auditoire.
Bien sûr, en plus de ces aspects, il peut être légitime de faire des choix et d’écouter son cœur rempli du Seigneur pour définir cette idée principale. Toujours est-il que tout prédicateur, me semble-t-il, devrait être capable de résumer ce qu’il a envie de dire en deux ou trois phrases. S’il en est incapable, peut-être que ce travail de définition d’une idée principale, d’une intention bien définie, d’un objectif clair n’a pas été mené à bien.



Etape 4 : Faire un plan

A partir du moment où une idée principale a été choisie et que l’étude et la méditation du texte ont permis un foisonnement de choses à dire sur le sujet, il est important d’organiser le cheminement de pensée qui sera au service de l’idée principale à transmettre. A ce stade, on peut choisir une méthode homilétique (approche narrative, déductive, prédication à la première personne, etc.) et définir la structure de ce qui sera partagé.
Le but de cette démarche d’établissement d’un plan a pour but d’aider le prédicateur à dire de manière claire, compréhensible et logique ce qu’il veut communiquer. Mais cela aidera également le futur auditeur à suivre la pensée du prédicateur, et même à mémoriser le message de la prédication. Il ne me semble pas qu’il faille appliquer de règles particulières dans l’établissement de ce plan de prédication : on pourra donc avoir deux, trois, quatre, ou cinq parties, là n’est pas l’important. L’essentiel est d’en avoir un !
Etape 5 : Développer et élargir ses ressources

Lorsque le canevas de la prédication est défini, le temps est venu d’organiser le contenu de chaque partie. Une des sources principales qui va alimenter le corps de la prédication est le fruit de l’étude et la méditation du texte, résultat de l’observation, de l’interprétation et de l’actualisation du texte.
Néanmoins, il pourra être utile de développer et d’élargir ses ressources, voire d’aller plus loin dans l’exploration. C’est ainsi qu’à cette étape on pourra chercher des illustrations, des citations, des définitions. On gagnera à réfléchir à certaines formulations ou toutes sortes d’outils rhétoriques servant le message.
Etape 6 : Rédiger

Enfin, il est temps de rédiger. La question n’est pas de savoir ici s’il faut tout écrire ou pas. Chacun a son mode de fonctionnement légitime, mais il s’agit en tous cas de définir clairement, par un texte ou des notes, ce qu’on va dire, quand on va le dire et comment on va le dire.

Parmi les éléments à travailler en particulier, il me semble que l’introduction, la conclusion, et les transitions sont des moments particulièrement importants. L’introduction va donner le ton et contribuer à accrocher les auditeurs.
Elle doit non seulement présenter le sujet, éventuellement évoquer le plan qui sera suivi, mais aussi d’entrée montrer en quoi le sujet peut être en lien avec la vie des auditeurs. Dans une introduction, on gagnera à discerner une question (que se posent les auditeurs ou qui les intéresse) à laquelle la prédication va répondre. L’intérêt doit avoir été suscité.
Les transitions entre les parties d’une prédication permettent de clarifier et de rappeler le cheminement emprunté. La conclusion a pour vocation de synthétiser, mais aussi d’interpeller, d’ouvrir à un chemin d’engagement. Cette étape de la rédaction est finalement la mise en place harmonieuse de tout ce qui a précédé.
Etape 7 : S’approprier le message et prier

On pourrait croire que lorsque la prédication est « rédigée », le travail de préparation est achevé. C’est presque vrai, mais pas tout à fait. En effet, même si tout ce qu’on a mis dans sa prédication vient de soi, il ne sera pas inutile de se relire une ou plusieurs fois afin de vraiment posséder son sujet et maîtriser son texte.
Cela donnera plus d’assurance et plus de liberté le moment venu. Enfin, il va de soi qu’entre le moment où l’on a mis un point final à son texte et le moment où l’on va prêcher, un esprit de prière contribuera à parfaire cette préparation, à mettre dans les bonnes dispositions d’humilité et de confiance pour que le Seigneur puisse « parler à son peuple » et « toucher les cœurs » au travers de celui ou celle qui parlera en son nom !





De la durée de préparation d’une prédication

Je me souviens avoir une fois posé à un artiste-peintre la question à l’occasion du vernissage d’une exposition de ses tableaux : combien de temps vous faut-il pour peindre une de ces toiles ? Sa réponse a été très intéressante et m’a marqué : « 42 ans ». C’était son âge ! En effet, si peindre un tableau peut prendre quelques heures, toute la profondeur et la force de ce que les formes et les couleurs vont exprimer est le fruit de toute une vie. En préambule à la réponse à la question posée dans cette note : « Combien de temps faut-il pour préparer une prédication ? », j’ai envie de répondre qu’une prédication est le fruit de toute une vie.
Alors concrètement, en plus d’être le fruit d’une vie entière de foi, de recherche, de prière et de maturation, combien de temps dure la préparation d’une prédication. Il n’y a évidemment pas de réponse valable pour tous à cette question. Nous sommes en effet tous différents dans nos manières de fonctionner. De plus, il en ira différemment selon que l’on prêche pour la première fois et que l’on a une vie de prédication derrière soi.
Le sujet choisi peut aussi nécessiter un temps de préparation différent. Sans parler de l’auditoire qui peut influencer l’énergie et le temps consacré à la préparation : même si cela est discutable, on risque de passer plus de temps à préparer la prédication lors d’un grand rassemblement d’Eglise qu’à l’occasion de la prédication hebdomadaire d’une petite communauté !
Quels sont les ingrédients qui sont à prendre en compte alors que l’on considère le temps de préparation d’une prédication ? Il y a d’abord le choix du sujet ou du texte (sauf s’il est choisi d’avance ou imposé). Il n’empêche que cela prend parfois pas mal de temps que de choisir le bon sujet d’une prédication. Mais une fois le sujet choisi, la préparation d’une prédication implique : l’étude du ou des textes bibliques, des temps de lecture et de réflexion ; des temps de travail plus formel à prendre des notes, à mettre en ordre ses idées, à rédiger ; et puis d’une manière transversale, ce que j’appellerais des temps de maturation.
En effet, même si ce n’est bien sûr pas impossible, se mettre à préparer une prédication puis quelques heures plus tard, en avoir fini, n’est probablement pas l’idéal. En effet, je pense qu’il est bon de « laisser décanter » sa réflexion, ses lectures, ses idées, ce qu’on a envie de transmettre.

Certes le Saint-Esprit peut inspirer un travail court et intense, mais j’ose penser qu’il peut aussi intervenir très efficacement sur la durée. Selon la belle expression de Fred Craddock, les sermons qui sont « plantés, arrosés et moissonnés »1 avec le temps qu’il faut sont meilleurs que les autres.
Pour ma part, je pense souvent à la prédication que je prépare en faisant autre chose, et parfois ma vision s’éclaire et ma prédication gagne en profondeur grâce à des idées qui me viennent en conduisant, en faisant du sport, en lisant autre chose, en discutant, la nuit, etc. C’est pourquoi, j’aurais du mal à répondre à la question de savoir combien de temps me prend la préparation d’une prédication. Même si c’est variable selon les situations, si je pourrais quantifier le nombre d’heures passées spécifiquement à cette préparation, mais je serais incapable de compter le temps que je passe à méditer en mon cœur ce que le Seigneur me donne à partager en prêchant.
Au final, quelques lois de la gestion du temps peuvent être utiles pour évaluer ou gérer le temps de préparation d’une prédication. Il est vrai que la loi de Parkinson affirme que « le travail se dilate jusqu’à remplir la durée disponible pour son accomplissement », donc plus on donne de temps à sa préparation, plus on en prend. Néanmoins, la loi de Murphy nous rappelle que « rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît et qu’une chose prend toujours plus de temps qu’on l’avait envisagé ».
Un équilibre pourrait être trouvé dans le fait de commencer sa préparation suffisamment tôt, si possible plusieurs semaines à l’avance2, afin de pouvoir consacrer des plages de temps définies à l’avance à une préparation formelle, mais aussi de laisser cours à la maturation informelle qui pourra compléter le travail préparatoire. Si une prédication n’est pas le fruit de toute une vie, elle reste néanmoins l’aboutissement d’une implication personnelle et profonde pendant les jours, et peut-être les semaines, qui précèdent le temps du partage !








Choisir un sujet de prédication

« De quoi vais-je parler dans ma prochaine prédication ? ». Tout prédicateur est habité par cette question à un moment où un autre, et y répondre vite et bien est un vrai défi. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’évoquer quelques pistes de réflexion quant au choix d’un sujet de prédication.
Il est vrai qu’une autre question est liée à celle-ci : qu’entend-on par « sujet de prédication » ? En effet, cela dépend du type de prédication que l’on va faire. Si, le choix d’un sujet correspond souvent au choix d’un texte biblique, dans le cas d’une prédication thématique ou biographique par exemple, le choix ne correspond pas à un texte biblique, mais à un thème ou un personnage. Ceci étant, la chose qui me paraît primordiale d’affirmer : quel que soit son type, parce qu’une prédication a pour vocation de laisser Dieu se révéler par sa Parole, il importe donc de s’appuyer sur la Bible, et choisir un sujet de prédication passe immanquablement par le choix d’au moins un texte biblique. Et c’est en s’appuyant sur ce (ou ces) texte(s) que le message va se construire.
Alphonse Maillot, dans un petit livre qu’il a écrit sur la prédication1, évoque cinq manières possibles de choisir un texte biblique. Il mentionne d’abord l’anarchie qui consiste à ouvrir la Bible et prendre au hasard le texte sur lequel on est tombé. Pour Maillot, c’est « confondre la Bible avec le loto » !

Il y a ensuite la pure subjectivité : on sait à peu près ce que l’on veut dire et l’on cherche ensuite le texte qui servira le mieux le message dont on se croit porteur. Cette approche est vivement condamnée par Alphonse Maillot : « c’est probablement la plus mauvaise des méthodes, avec une Bible asservie, vecteur de nos seules idées ou de nos seules émotions, et un Dieu qui n’a la parole que lorsqu’il est en accord avec nous. On ne dénoncera jamais assez cette méthode, cette usurpation d’autorité, ce kidnapping de la Parole, hélas plus fréquent qu’on ne le pense, et d’autant plus qu’il est souvent inconscient ».
La troisième méthode proposée est le texte accrocheur, qui consiste à choisir un texte qui a attiré notre attention. C’est pour notre auteur une méthode moins mauvaise que la précédente mais qui garde pour défaut d’être soumise à la subjectivité du prédicateur. Alphonse Maillot évoque quatrièmement les listes de lectures qui existent dans certaines Eglises, programmées sur trois ans, et proposant trois textes par semaine tirés l’un de l’Ancien Testament, l’autre des Evangiles et le dernier des Epîtres. Ces textes ont l’avantage de suivre le calendrier liturgique, mais ont le défaut d’exclure les textes qui n’y sont pas présents.
Enfin, la cinquième et dernière méthode qui a les faveurs d’Alphonse Maillot est le suivi d’un livre ou de récits semblables : « on prend un livre biblique de A à Z (depuis le verset un du premier chapitre jusqu’au dernier verset du dernier chapitre), soit des récits parallèles : discours de Jésus, paraboles, miracles, etc. Et les « thèmes » ne manquent pas non plus dans l’Ancien Testament ».
Si je suis globalement d’accord avec Alphonse Maillot, je ne serai peut-être pas aussi radical que lui. Le suivi d’un livre de la Bible ou les séries me semblent en effet avoir de nombreux avantages : exhaustivité du texte biblique, possibilité d’aller plus en profondeur, etc. Cela peut même se faire avec plusieurs prédicateurs où chacun prend un passage ou un épisode d’une manière organisée à l’avance. Il n’empêche, il arrive fréquemment que l’on soit amené à prêcher ponctuellement, et donc que la série ne soit pas possible. Du coup la question reste entière.
John Stott2 suggère avec justesse que soient pris en compte quatre facteurs principaux dans le choix d’un sujet de prédication. Le premier facteur est le cycle liturgique. En s’appuyant sur les fêtes de Noël, de Pâques, et de Pentecôte comme pivots, « chacune d’elle a sa préparation qui mène vers elle et sa résultante naturelle qui la suit. De cette manière, l’année ecclésiastique se divise elle-même en trois périodes. [...]
En ce sens, chaque année, le calendrier ecclésial récapitule l’histoire de la révélation biblique : l’Ancien Testament de la Création à Noël dans la période d’octobre à décembre, les Evangiles qui retracent la vie de Jésus de janvier à mai, et enfin, les Actes, les Epitres et l’Apocalypse dans la période après la Pentecôte allant de mai à septembre. C’est aussi inévitablement une structure trinitaire lorsque nous nous souvenons comment Dieu s’est révélé lui-même progressivement comme Créateur et Père, en tant que Fils de Dieu fait chair, et dans la personne et l’œuvre du Saint-Esprit ».
Un deuxième facteur peut entrer en ligne de compte pour nous aider à choisir le sujet d’une prédication, et cela concerne les circonstances externes, c’est-à-dire les événements dans la vie de la nation, un débat dans l’espace public, une catastrophe naturelle, etc. Pour John Stott, « les prédicateurs doivent être sensibles aux grandes questions publiques qui habitent les esprits des auditeurs ». Cela rejoint la recommandation de Karl Barth qui encourageait chaque prédicateur à avoir la Bible dans une main et le journal dans l’autre. Le troisième facteur est d’ordre pastoral, c’est-à-dire la prise en compte des besoins spirituels des auditeurs. « Il a souvent été dit, avec justesse, que les meilleurs prédicateurs sont toujours de bons pasteurs, parce qu’ils connaissent les besoins et les problèmes, les doutes, les peurs et les espérances de la communauté ».
Enfin, le quatrième et dernier facteur est d’ordre personnel : « Sans aucun doute, les meilleurs sermons que nous puissions prêcher aux autres sont ceux que nous nous sommes prêchés à nous-mêmes. Ou pour dire les choses autrement, quand Dieu lui-même nous parle au travers d’un texte de l’Ecriture et que celui-ci devient lumineux pour nous, c’est alors qu’il pourra continuer à éclairer lorsque nous chercherons à l’ouvrir aux autres ». Au final, en prenant en compte des facteurs liturgiques, externes, pastoraux et personnels, on a là des pistes pour éviter une subjectivité trop grande. Bien sûr, il faudra veiller à éviter les « dadas » que l’on connaît parfois à certains prédicateurs, qui deviennent alors trop prévisibles.
Et puis, là et quand c’est possible, il peut être très fructueux de décider ou d’orienter des sujets de prédications en équipe. L’interaction avec la variété des visions et la diversité des analyses peut être une aide pour discerner avec plus d’à-propos les textes de la Bible qui pourront interpeller et trouver un écho favorable chez les auditeurs.Il est un élément qu’il me paraît important d’ajouter en lien avec la question du choix d’un sujet de prédication. Il s’agit de la prière. Certes, les facultés que Dieu nous a données peuvent nous permettre d’avoir le discernement pour choisir le bon sujet, mais je ne pense pas inutile, pour ne pas dire qu’il me paraît indispensable que la prière accompagne la réflexion et le choix de ce qui sera au cœur du message prêché.

Comme l’exprime Jacques 1.5 : « Si l’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui la lui donnera ». Dans la lignée de cette réflexion sur le choix d’un sujet de prédication, j’aimerais évoquer la situation dans laquelle je me suis parfois trouvé, surtout au début de mon ministère de prédicateur. Celle d’avoir choisi un sujet de prédication, puis de commencer à étudier le texte biblique, de réfléchir à comment construire la prédication, et finalement ne pas se sentir « inspiré », de penser le sujet non adapté, ou de considérer qu’il faudrait plus que le temps que celui à disposition pour préparer la prédication.
Et du coup, on cherche un nouveau sujet de prédication, souvent sous la pression, ce qui met dans une situation inconfortable. Après avoir vécu un certain nombre de fois cette expérience, j’ai pris la décision de m’imposer de garder un sujet une fois que je l’avais choisi. C’est vrai que l’on peut passer par des moments de lutte dans la préparation d’une prédication, c’est finalement normal, et même positif. J’ai même envie de dire que la préparation d’une prédication est comparable à un accouchement, avec tout ce que cela comporte de merveilleux, mais aussi de labeur, de persévérance, de lutte. Je citerai aussi l’exemple de Jacob qui lutte à Peniel avec Dieu, mais au final, Dieu se révèle et la bénédiction est là !
Enfin, dernier élément en lien avec la réflexion sur le choix d’un sujet de prédication : cela concerne l’opportunité de proposer un titre ou pas. Je suis un partisan des titres donnés aux prédications, pour plusieurs raisons. D’abord, le fait de donner un titre oblige à être au clair sur l’idée principale que l’on a envie de transmettre lors du message, et même si cela paraît être une évidence, ce n’est pas toujours aussi clair que cela. Ensuite, un bon titre a un double effet positif pour l’auditeur : cela donne envie d’écouter la prédication et cela aide à se souvenir de ce qui a été dit.
En conclusion, si la question du choix du sujet d’une prédication peut paraître anodine au premier abord, il s’agit en fait de la première pierre de l’édifice et donc d’une question importante. Ce n’est que quand les fondations sont bien posées et au bon endroit, que l’ensemble de la construction peut être solide. On gagnera donc à donner à ce premier acte dans l’art de prêcher toute l’attention qu’il mérite !



Petite leçon de prononciation
Il y a peu, après avoir prêché dans une Eglise où j’étais invité, un pasteur retraité m’a abordé pour me faire une petite leçon de prononciation. En effet, il avait noté que j’avais parlé de Jésus-Christ en prononçant jé-zu-krist’, alors que j’aurais dû prononcer jé-zu-kri. A vrai dire, j’étais un peu étonné (mais pas seulement parce que je ne m’attendais pas à ce genre de retour).
En effet, j’avoue ne m’être jamais posé la question et n’avoir jamais fait attention à cette question. J’imagine que depuis toujours je prononce cela sans réfléchir ! Mais du coup, intrigué, j’ai fait quelques recherches, et d’ailleurs ce pasteur devant mon étonnement m’a aussi écrit le fruit de ses quelques recherches. Il apparaît en effet que d’après les règles phonétiques, il faille prononcer Jé-zu-kri, même si lorsqu’on évoque le Christ il est commun de prononcer krist’. C’est là une exception tolérée pour éviter la confusion avec le nom commun cri.
C’est le Littré qui dans sa définition du mot « Christ » affirme ceci : « Prononciation : krist’ ; dans Jésus-Christ on prononce Jé-zu-kri ; des ministres protestants, à tort, prononcent Jé-zu-krist’ ». Je ne sais pas si les protestants continuent d’être des prononciateurs rebelles, mais comme me le faisait remarquer ce pasteur retraité, sage et bienveillant : « Heureusement, dans notre relation avec le Christ, ce n’est pas la prononciation qui représente l’essentiel ».

L’Evangéliste Prof. Dr Robert KIKIDI,Leader d’Arev-Ministries.

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