
Provinces
"On ne devrait pas revenir à une gestion normale de la province immédiatement après la fin de l'état de siège. Il faudrait plutôt une gestion territoriale intérimaire", estime Faustin Dzbo Kalogi, ancien Haut fonctionnaire et notable de la province de l'Ituri.
Cela signifie, explique-t-il : "reprendre les structures étatiques habituelles mais toujours avec ce droit de regard du gouvernement central sur la gestion du territoire dans le cadre de la décentralisation".
Faudra-t-il alors pour cela que la province soit administrée par les originaires ?
"L'administration territoriale des originaires, c'est l'idéal", commence-t-il mais "il faut être prudent. Nous avons l'expérience de la décentralisation qui a permis d'avoir des assemblées provinciales, (néanmoins), à peine que ces structures ont été mises en place, on a plutôt assisté à une course à la gestion du terroir, les gens ne venaient pas pour gérer leurs terroirs, mais se remplir les poches".
En conséquence, "on ne devrait pas écarter les originaires, mais non plus les non-originaires parce qu'en fait, nous sommes un seul et unique pays. Mettons (donc) celui qui est compétent, qui peut faire du bon travail", préconise Faustin Dzbo.
"On devrait donc mettre un peu de bémol sur l'administration des originaires. Il faut une administration tout court et chercher des compétences", insiste-t-il, avant de lancer : "il faut donc être très prudent avec (cette de non-originaire) qui peut être source de conflit".
Par ailleurs, le notable de 83 ans "apprécie l'état de siège qui a initié et maintenu le calme, la sécurité dans la ville de Bunia" où il s'est installé définitivement depuis 2008.
Et de préciser : "je ne parle pas de l'Ituri dans son ensemble, parce que si vous sortez par la route du nord, de l'Ouest, de l'Est et du Sud (de la ville), vous n'êtes pas en sécurité".
Il indique que "maintenant, je souhaite que ça ne soit pas perpétuelle. Il faut qu'on puisse revenir à une ville normale, à ses activités habituelles, se déplacer librement dans tous les sens", indique-t-il.
Du conflit Hema et Lendu
Pour ce haut fonctionnaire, le conflit fratricide qui persiste depuis des lustres entre les populations Hema et Lendu est de "la faute des intellectuels de l'Ituri et particulièrement pour des raisons électoralistes à l'époque".
Faustin Dzbo se désole que "les rapports ont été quelque peu faussés par certaines personnes presqu'au bord de l'extrémisme qui ont essayé de faire régenter l'idée que le Hema était une ethnie noble et que le Lendu étaient des parias".
Et ce conflit, désespére-t-il, est loin de finir. "Établir le dialogue, c'est difficile d'y penser. Immédiatement là, vous pouvez dire tout ce que vous pensez, il n'y aura pas de dialogue entre Hema et Lendu. Quand un Lendu voit un Hema, il se dit qu'il faut l'éliminer".
Et puis "le CODECO (groupe armé local) est confondu avec l'ethnie Lendu. Ici quand vous dites CODECO, dans l'esprit d'un Muhema ou d'un alur, c'est un lendu", explique-t-il encore.
Toutefois, "on peut en sortir si et seulement si on a une administration très responsable", avance-t-il.
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