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Dialogue : le bloc Kengo rejette l’offre !

2015-05-28
28.05.2015 , Kinshasa
Politique
2015-05-28
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Pour l’Opposition Républicaine (OR), le dialogue politique tel qu’envisagé par le président de la République est inopportun à ce stade. Kengo et tous ceux qui l’entourent aimeraient que le Gouvernement de cohésion nationale que dirige Matata, dont l’OR fait partie, exécute les Résolutions des Concertations nationales. A ce jour, 23 % des Résolutions sont, soit  réalisées, soit  en cours d’exécution.

C’est une déclaration politique qui ne manquera pas de faire jaser. Le camp Kengo s’oppose au dialogue national à venir. Raison évoquée, la plateforme Opposition Républicaine ne trouve plus d’opportunité à dialoguer. Aucun fait nouveau ne s’est ajouté depuis la fin des Concertations nationales de 2013. Les thématiques évoquées aux Concertations nationales ramassaient l’ensemble de questions brûlantes. D’importantes résolutions avaient été produites. Il ne restait plus qu’à les appliquer. Ce qui n’a été fait qu’en partie.

La position prise par l’Opposition Républicaine vient renforcer le Groupe de Fatima (UNC, MPCR, Envol, etc.), à la mi-mai. Pour des raisons différentes, car la plupart des opposants ayant produit la déclaration de Fatima pour rejeter l’offre de dialogue, n’avaient pas participé aux Concertations nationales. Le Groupe de Fatima exige que la CENI applique la contreproposition du calendrier électoral qui met en avant la présidentielle, les législatives nationales et provinciales. Parallèlement, les signataires réclamaient également, l’enrôlement des jeunes majeurs, dont le nombre est estimé à environ 9 millions de potentiels électeurs. Sans être ensemble, l’Opposition Républicaine rejoint le MLC qui ne trouve aucune importance à aller discuter avec le pouvoir.   

Que va faire le Président ?

Plus de deux ou trois semaines après le ballon d’essai lancé par le président Joseph Kabila dans l’arène politique congolaise pour sonder les intentions des dirigeants de l’Opposition au sujet d’un dialogue censé détendre le climat politique délétère, on suppose qu’il a réuni suffisamment d’éléments. Les réactions enregistrées, favorables ou hostiles au dialogue, permettent déjà au Chef de l‘Etat de se faire une idée précise sur le côté vers lequel penche la balance. Les pro-dialogue, dans les rangs desquels,  on compte l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, l’Opposition nationaliste de Steve Mbikayi, le Mouvement pour le Renouveau de Clément Kanku Bukasa wa Tshibuabua, l’UDPS Samy Badibanga Ntita ainsi que  tant d’autres formations politiques plus ou moins grandes ou petites, perçoivent ce forum comme une occasion de discuter de toutes les questions qui fâchent.

On parle, entre autres, de la Constitution d’un nouveau fichier électoral, du calendrier électoral à inverser, du financement des élections, etc. Toutefois, les pro-dialogue n’ont tous pas le même entendement des termes de référence. Il y en a qui rêvent d’une occasion dorée de se retrouver, à l’issue des discussions, dans un Gouvernement d’union nationale qui pourrait en résulter. Dans ces conditions, que va faire le président de la République ? Convoquer le dialogue avec une portion congrue de la classe politique congolaise ou ajourner carrément le dialogue ? On ne devrait pas attendre longtemps pour le savoir. Le temps étant, contrairement aux affirmations de certains politiques, un diviseur commun.     

Le temps avance

Les jours sont comptés. Il ne reste plus que 17 mois pour arriver à la fameuse date butoir. En Tanzanie, au Ghana, en Afrique du Sud, en Namibie ou au Kenya, les débats sur la question de l’alternance démocratique sont largement dépassés. En Afrique centrale, la notion de l’alternance constitue un point de crispation. La RDC, par exemple, n’a pas encore connu un passage civilisé de flambeau. Les politiciens de l’Opposition n’arrêtent pas d’émettre des doutes. Certains acteurs de la  Communauté internationale ne sont pas en reste. C’est le cas de l’organisation  ‘’International Crisis Group’’ qui, dernièrement, s’est interrogée sur la volonté du Gouvernement de la RDC à créer les conditions d’une alternance pacifique à l’horizon 2016.

Pourtant, le Gouvernement rassure

Une lettre de Lambert Mende adressée au président de International Crisis Group circule encore sur la toile. Des organes de presse paraissant à Kinshasa se sont délectés. Le ministre des Médias et Porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende, se veut rassurant. Le calendrier électoral global sera exécuté. Pour ce faire, il faudrait que la Communauté internationale contribue financièrement. Les 11 scrutins directs et indirects nécessitent environ 1,5 milliard de dollars. Aux élections 2011, le Gouvernement de la RDC a attendu, en vain, un apport financier significatif de la Communauté internationale. Personne n’a besoin que l’histoire électorale de 2011 se répète.

Que devient la Résolution 2211 de l’ONU ?

Dans l’hypothèse où le dialogue politique n’avait pas lieu, que deviendraient les paragraphes 19 et 20 de la Résolution 2211 du Conseil de Sécurité ? A qui incomberait la faute ? Ces questions, apparemment oratoires, ont leur portée. En effet, la Communauté internationale a soumis son aide matérielle et financière à des conditions. La principale condition, justement, c’est la tenue d’un dialogue entre le Gouvernement, les opposants et tous les partenaires impliqués dans le processus électoral. Si on ne dialogue pas, comment arriverait-on à inverser le calendrier électoral ? La neutralité de la CENI est souvent remise en cause. Par quel mécanisme sera rétablie la confiance entre la Centrale électorale et les opérateurs politiques? Autant de questions sur lesquelles Majorité et Opposition sont dans l’obligation de répondre. 


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