
Société
Aucune audition plus de dix jours après son arrestation. L’opposant Franck Diongo ne connaît toujours pas les mobiles de sa détention au quartier général du renseignement militaire à Kinshasa.
“Son statut de prisonnier personnel du président Félix Tshisekedi se confirme”, dénonce un de ses avocats, dépité par les méthodes autocratiques de l’actuel régime. Privé de visites, des membres de sa famille et de ses avocats, Diongo vit le calvaire. “Ni médicament, ni nourriture, il ne reçoit rien. Pire que tout, il est malade”. Jeudi 29 juin devant la presse à Kinshasa, les avocats du “héros vivant” ont décrié la non-assistance de leur client, mais surtout, ils ont condamné “la longue détention illégale”. Les plaidants considèrent l’acte comme “une violation intentionnelle de la Constitution”.
Enlevé la nuit du 21 juin alors qu’il venait de s’incliner devant la dépouille de l’ex-docteur Kabamba, Franck Diongo, depuis lors, n’a été assisté ni par ses avocats, ni visité par ses proches. D’ailleurs, sa mère, internée dans un hôpital de la place suite au choc subi par cette situation, se trouve dans un état critique, s’est inquiété le collectif. Deux jours après le kidnapping de son fils, Mme Ima avait saisi ses avocats pour qu’ils cherchent le lieu où il était détenu.
-Franck Diongo à la Demiap-
Devant la presse, les avocats ont confirmé qu’après avoir fait des recherches, le leader du MLP est bel et bien “séquestré” à la Demiap. Nous sommes allés là-bas pour poser des questions au numéro un du renseignement militaire à propos des irrégularités qui ont suivi l’enlèvement de notre client, a révélé un avocat de l’opposant candidat à la présidentielle de 2023.
Le rendez-vous promis a avorté. Pourtant, il était ferme. Les avocats brûlaient d’envie de voir leur client, de connaître son état de santé et surtout de s’enquérir de ses chefs d’inculpation. “Aujourd’hui, nous étions partis répondre au rendez-vous avec le responsable numéro un de la Demiap. C’est lui qui nous avait dit de revenir aujourd’hui pour parler. Nous avons souhaité lui poser toutes sortes de questions à propos de l’enlèvement de notre client Franck Diongo. Le but de notre rendez-vous était aussi de savoir avec précision où est-il, parce que, selon les informations à notre disposition, notre client est à la Demiap”.
Et, de poursuivre : “Pour rencontrer le numéro un de ce service, ils nous ont dit que ce n’était pas possible. Nous, nous voulions lui poser des questions par rapport aux irrégularités qui ont suivi l’enlèvement de notre client”.
-Une violation flagrante de la procédure-
Le collectif a fustigé le blocus imposé par la Demiap pour voir son client. Une interdiction qu’il qualifie “d’illégale”. Suite à cette entrave, les avocats de Franck Diongo ont accusé la Demiap de “violer systématiquement la Constitution”. La loi prévoit un délai de 48 heures pour que le suspect soit présenté devant son juge naturel. Il est inadmissible, selon eux, que le leader du MLP continue à subir un châtiment pour les faits qu’il ne connaît pas.
“La Demiap est au même titre que la police nationale. Dès lors que quelqu’un est arrêté au niveau de la police, il doit avoir accès à ses avocats pour l’assister judiciairement, même si on doit l’entendre sur PV. Et puis, il ne peut pas dépasser un délai de 48 heures. Nous avons remarqué que Franck Diongo a été arrêté, il n’a jamais été entendu sur PV, aucun de ses avocats ne l’a vu, ne l’a assisté et ne connaît rien de quoi il est poursuivi. Donc, il y a une violation flagrante de la procédure en matière pénale et militaire”, ont-ils rappelé.
Pire, ont-ils décrit, “il est gardé comme ça, il n’y a aucun procès-verbal et nous-mêmes nous sommes ignorants de quoi on lui reproche”.
La défense rappelle que Franck Diongo n’est pas condamné. “Il n’est qu’un simple prévenu”. Par conséquent, il jouit de la présomption d’innocence comme tout autre justiciable. “D’ailleurs, même le ministère public ne connaît rien de cette affaire”, ont désapprouvé ses avocats.
-Le dossier porté par les avocats à l’auditorat militaire-
Face à cette dérive, les avocats ont annoncé avoir saisi l’auditorat général de l’armée congolaise afin de savoir pourquoi “leur client est interpellé, enlevé depuis 12 jours sans bénéficier de l’assistance de ses avocats, ni de ses proches”.
À l’auditorat général, l’auditeur nous avait promis hier qu’il allait nous recevoir pour nous dire un peu plus sur le dossier. Mais, nous sommes surpris de constater qu’il n’a encore rien traité. Il n’y a même pas d’annotations sur le dossier. Mais, nous sommes sereins, convaincus que l’auditeur général va traiter le dossier et peut-être ouvrir une action contre ceux qui ont arrêté illégalement et brutalement Franck Diongo, ont-ils affiché un brain d’espoir.
-Saisir la communauté internationale
Le collectif des avocats de l’opposant a fait part de sa volonté de saisir la communauté internationale pour porter à la connaissance de l’opinion mondiale le supplice que subit le candidat Franck Diongo dans les geôles au quartier général du renseignement militaire à six mois des élections.
Comme ils ne veulent pas nous faciliter la tâche, nous allons saisir la communauté internationale pour qu’ils justifient ce comportement. C’est illégal dans un État de droit de détenir quelqu’un comme ça. C’est la honte de voir que Franck Diongo qui est défenseur de droits de l’homme et de la liberté soit détenue plus de 12 jours et il ne connaît pas son sort. C’est extrêmement grave. Nous allons saisir l’ONU, l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et toutes les organisations des droits de l’homme sur le martrye que subit injustement Franck Diongo de la part du pouvoir en place, ont-ils râlé.
Le MLP, parti de Franck Diongo, exige la libération sans condition ni délai de son président. À haute voix, Me Lohata dénonce la « dictature qui s’installe au pays » à l’approche des élections générales – dont la présidentielle à laquelle M. Diongo s’est aussi déclaré candidat – prévues le 20 décembre prochain en République démocratique du Congo (RDC).
Grand combattant de la démocratie et de la liberté, le radical Diongo aura été emprisonné par tous les régimes qui ont succédé au pouvoir de Lumumba et Kasa-Vubu.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Urgent : Joseph Kabila sanctionné par les États-Unis, ses avoirs gelés et de nouvelles restrictions financières imposées
30.04.2026, 15 commentairesPolitique Kabila : Washington valide le diagnostic de Kinshasa (Tribune)
01.05.2026, 11 commentairesPolitique Sanctions contre Joseph Kabila : Kinshasa salue « un pas significatif contre l’impunité »
01.05.2026, 11 commentairesPolitique Sanctions américaines : Si Kagame a étudié dans les académies militaires, Tshisekedi a été formé par Étienne Tshisekedi », affirme Kabuya
02.05.2026, 8 commentairesOnt commenté cet article
Ils nous font confiance
Radical opposant, le leader du MLP, Franck Diongo est détenu depuis plus de douze jours au quartier général du renseignement militaire à Kinshasa.