
Société
Le dernier bilan du naufrage de Mbandaka fait état de 47 corps repêchés et plusieurs disparus.
Ce énième naufrage sur le fleuve Congo pourrait tout changer. Le ministre des Transports, Voies de Communication et de Désenclavement formalise, ce mardi 17 octobre, la mesure interdisant toute embarcation en bois, vieille de plus de 5 ans, de voguer. Marc Ekila Likombio l’a annoncé au cours du briefing presse qu’il a animé conjointement avec le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, hier lundi 16 octobre, autour de la « mise en œuvre du Programme du Gouvernement dans le secteur des Transports et Voies de Communication : réalisations et perspectives ».
Actualité oblige, le ministre des Transports s’est d’abord exprimé sur le naufrage qui a fait plus de 40 morts aux larges de Mbandaka, le 15 octobre courant. L’embarcation en bois a chaviré en faisant une « manœuvre nocturne et interdite », précise Marc Ekila.
« À la suite de cet accident, nous avons convenu avec le président de l’UCAB (Union congolaise des armateurs des baleinières) de renforcer les mesures que nous avions prises depuis le 12 septembre dernier. Nous avions insisté sur la nécessité de séparer le transport des marchandises et le transport des personnes. Si un passager prend place sur un bateau destiné au transport des marchandises, on l’appelle passager clandestin. Nous avons voulu rétablir l’ordre dans ce secteur-là. Nous avons accordé un temps pour permettre à tous ces armateurs de se conformer, mais malheureusement il y a un même incident qui est arrivé. Pour aujourd’hui nous avons, en sus des mesures prises le 12 septembre, décidé de commun accord et cela sera formalisé ce 17 octobre, que toutes les baleinières en bois vieilles de plus de 5 ans ne peuvent pas être opérationnelles. Nous allons exiger que pour le personnel naviguant puisse requérir tous les documents nécessaires », a déclaré Marc Ekila.

Selon le ministre des Transports, citant le commissaire fluvial sur place à Bolomba, jusqu’à 14 heures hier, le bilan de ce malheureux incident faisait état de 47 corps repêchés et plusieurs disparus. « Et comme l’embarcation était en situation d’irrégularité, on n’a pas pu avoir le manifeste pour déterminer exactement le nombre de passagers qui étaient à bord, bien que l’accident soit dû à la surcharge ».
Marc Ekila rapporte que « la surcharge en est la cause », tout en soulignant aussi que « dans notre pays, les réglementations, notamment plusieurs arrêtés qui existent, interdisent aux embarcations en bois de quitter le quai la nuit ».
« Nous avons travaillé sur la question, contacté les autorités provinciales pour leur demander de mettre en place une commission d’enquête qui se réunit déjà. Le Gouverneur étant à Kinshasa, la commission d’enquête est conduite par le vice-gouverneur qui est sur place. Il y a le représentant de l’ANR, le DGM, le Commissaire fluvial. J’avais souhaité qu’il y ait le représentant de la police sur place et également le Procureur de la République pour l’ouverture des enquêtes, mais aussi j’ai échangé avec ma collègue la ministre d’État, ministre de la Justice, nous avons convenu qu’il soit ouverte sur place une information judiciaire qui doit conduire à un procès en flagrance, et pour établir la responsabilité surtout de l’armateur, le gérant et le commandant ».
« Nous avons voulu que des responsabilités soient engagées, malheureusement le propriétaire de l’embarcation en bois, un certain Raymond n’est pas encore retrouvé et le conducteur serait en fuite, mais les investigations se poursuivent. Ce sont là quelques mesures prises dans l’immédiat », fait savoir le ministre.
Il ne s’est pas arrêté là. « Nous avons également suspendu le commissaire qui était posté à cet endroit. C’est vrai qu’il est interdit de quitter le quai la nuit, mais nous avons pensé qu’il y a une responsabilité qu’il fallait établir pour permettre que toutes les enquêtes se déroulent dans des bonnes conditions. »
Avant le briefing, le ministre des Transports dit avoir tenu une longue réunion avec le président de l’Union congolaise des armateurs des baleinières et lui a fait savoir que « face à cette situation, nous ne pouvons plus accepter une telle situation. Parce que rien qu’au cours de cette année, nous avons 88 cas d’accidents et des incidents causés par les embarcations en bois. C’est trop, ça représente près de 80 % d’accidents causés sur le fleuve. Nous avons dit qu’il est temps de prendre des mesures ».
Et depuis le 12 septembre dernier, bien avant la communication du Chef de l’État Félix Tshisekedi, nous au niveau du ministère avons pris la mesure de la situation, parce que j’avais mis une équipe au niveau du secrétariat général et de mon cabinet, avions lancé l’identification de toutes les unités flottantes sur le fleuve Congo. C’est-à-dire qu’il faut identifier non seulement les unités, regarder la dernière date à laquelle le bateau ou l’unité flottante est passé au contrôle technique et voir le profil du personnel. Et après, nous allions passer à une autre étape. Tous ceux qui ne seraient pas dans les conditions requises nous devrions prendre certaines mesures, d’autres nous devrions les suspendre.
L’accident qui s’est produit aux larges de Mbandaka est le énième de la série. La cause est souvent la même : la surcharge. En décidant d’immobiliser toute embarcation en bois vieille de plus de 5 ans, le gouvernement vient peut-être là de prendre le taureau par les cornes.
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