Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - Ecobank_30012026
mediacongo

Massacres de Beni : un an après… devoir de mémoire

2015-10-02
02.10.2015 , Beni
2015-10-02
Ajouter aux favoris
Il y a un an débutaient les massacres de Beni dans l’Est de la République démocratique du Congo. Sans aucun signe annonciateur, un havre de paix, Beni, s’est transformé, du jour au lendemain, en sordide abattoir. Des escadrons de la mort s’exprimant, pour la plupart, en kinyarwanda, surgissent des fourrés et se mettent à tuer femmes, enfants, vieillards… sans motif apparent.

Les victimes agonisent et meurent dans des conditions particulièrement atroces. Les tueurs se servent de machettes, de haches, de pilons, de douilles de houe, de marteaux, de couteaux. Les scènes de crime livrent un spectacle insoutenable, mais ce n’est pas ce qu’il y a de pire. Le pire est qu’à chaque fois, les assaillants repartent sans que l’armée et les casques bleus, pourtant positionnés non loin de là, ne soient en mesure d’en capturer un seul.

Certains massacres durent des heures. On compte jusqu’à trois massacres par semaine. Dans leur déclaration du 23 mai 2015, les évêques du Kivu, réunis dans la ville voisine de Butembo, parlent de « génocide ».

Qui sont les massacreurs ?

Face au flou entretenu sur l’identité des tueurs, une pétition a été lancée sur le web réclamant une enquête pénale internationale. Pour le gouvernement de Kinshasa, les massacres sont le fait des rebelles islamistes ougandais des ADF, une version qui ne convainc pas. Ces rebelles ont été vaincus militairement en avril 2014. Leur chef, Jamil Mukulu a fui la région pour s’installer en Tanzanie. Les massacres ont commencé six mois après la fuite des dirigeants du mouvement islamiste. 

Les premières informations recueillies auprès de la population et des rescapés sont que les tueurs n’ont rien de commun avec les ADF, un groupe armé que la population locale connaît depuis 1995 et qui ne s’est jamais livré aux tueries de ce genre. Dans son article du 21 octobre, la journaliste belge Colette Braeckman doute que « ces atrocités soient réellement l’œuvre des ADF ». Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi, originaire de Beni, le cerveau des massacres n’est autre que le général Mundos, un proche de Joseph Kabila qu’il accuse d’être à la fois le commandant des unités de l’armée sur place et le commandant des escadrons de la mort qui commettent les massacres. « Les gens parleront », dit-il en lançant un appel pour une enquête pénale internationale.

Avec le temps, les soupçons vont de plus en plus peser sur certaines unités de l’armée en complicité avec des assaillants qui s’infiltrent sur le territoire congolais à partir des zones frontalières de l’Ouganda et du Rwanda voisins, où se sont repliés les éléments du M23, une milice tutsie parrainée par les gouvernements des deux pays. Mais on n’est pas toujours avancé tant que des enquêtes judiciaires crédibles ne seront pas menées et que des poursuites seront engagées contre les tueurs, leurs complices et leurs commanditaires.

Pour une enquête pénale internationale

Pour éviter que ces atrocités ne rejoignent la pile de milliers d’autres restées impunies, des voix continuent de s’élever pour réclamer une enquête pénale internationale. L’organisme DESC a lancé une pétition appuyée par deux vidéos illustrant une partie des atrocités. De son côté, dans son rapport de décembre 2014, l’ONG américaine Human Rights Watch a également appelé à la mise en route d’une enquête pénale internationale. En décembre 2014, un forum organisé par la société civile du Nord-Kivu s’est clôturé sur un ensemble de recommandations appelant notamment à la mise en route d’une enquête pénale internationale. Des appels qui sont parvenus au gouvernement de Kinshasa qui se mure dans le silence, probablement pour ne pas embarrasser des personnalités haut placées qui seraient derrière ces tueries.

En effet, dans son point de presse du 24 novembre 2014, le ministre de la Communication Lambert Mende a affirmé que les massacreurs bénéficiaient de la complicité des personnalités « à tous les niveaux des institutions » du pays. Il n’a jamais été entendu par la justice pour recueillir la liste de ces personnalités et les renseignements dont il disposait sur le niveau de leur implication dans les crimes. En tout cas, au même moment, plusieurs personnalités locales, des hommes d’affaires et des membres des partis d’opposition étaient arrêtés et transférés dans des prisons secrètes à Kinshasa, avant d’être relâchées. Les massacres se poursuivaient ce qui signifie que les autorités n’avaient pas cherché dans la bonne direction. Manœuvre de diversion ou égarement involontaire ?

Quoi qu’il en soit, il faudra un jour que lumière soit faite sur cette effroyable affaire. Cela passe par le devoir de mémoire. Ne jamais oublier ces victimes, car c’est à force d’oublier les victimes comme celles de Beni, que le bilan de la tragédie du Congo en est aujourd’hui au chiffre ahurissant de six millions de morts. Dans le silence de la « communauté internationale ». Le monde sera toujours dangereux non pas tant à cause des gens qui commettent ces actes de cruauté, mais à cause des gens qui regardent et laissent faire.


C’est vous qui le dites :
8453 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Envie de réagir ou de participer ?

Pas de compte ? Pas de problème ! Vous pouvez quand même réagir à un commentaire en cliquant sur un émoji. Pour aller plus loin — commenter, répondre ou contacter un autre utilisateur — connectez-vous à votre compte MediaCongo.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise.

MediaCongo – Support Utilisateurs


right
Article suivant Theodora, Gims… qui sont les gagnants des Flammes 2026 ?
left
Article précédent Finances : le FMI anticipe un bond du PIB à 123,4 milliards USD en 2026, porté par les mines et les services

Les plus commentés

Culture Concerts de Fally Ipupa au Stade de France : « Je ne vois aucun musicien français faire la même chose au Stade des Martyrs » (Monsenepwo)

28.04.2026, 6 commentaires

Politique Urgent : Joseph Kabila sanctionné par les États-Unis, ses avoirs gelés et de nouvelles restrictions financières imposées

30.04.2026, 6 commentaires

Politique UDPS : forte mobilisation au Palais du Peuple en soutien à Jacquemain Shabani

29.04.2026, 5 commentaires

Politique L’idée du dialogue hante Fayulu

28.04.2026, 4 commentaires


Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance