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Guerre en Ukraine : 5 raisons pour lesquelles Vladimir Poutine se sent en "confiance"

2023-12-15
15.12.2023
2023-12-15
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Le président russe Vladimir Poutine a répondu aux questions de la presse et des citoyens, une semaine après avoir annoncé son intention de rester au Kremlin. Un exercice traditionnel auquel il avait renoncé l’année dernière. Cette fois, il est de retour et il a tenu à apparaître en confiance.

Pourtant, il y a à peine six mois, le président russe semblait essuyer de nombreux revers. Son allié, Evgueni Prigojine, l’ex patron de Wagner aujourd’hui décédé, opérait un mouvement de révolte et ordonnait à ses troupes de marcher vers Moscou. Un acte vécu comme une trahison de la part de celui qu’on surnommait le cuisinier de Poutine. Aujourd’hui, le président russe réaffirme sans sourciller ses objectifs en Ukraine après deux ans de conflit : à savoir, chasser le pouvoir actuel, qu’il qualifie de nazi, et détruire les capacités militaires de son voisin pro-occidental pour lui imposer une neutralité. "Le leadership russe sent qu’il a repris le contrôle de la situation. Et qu’il parvient à mieux évaluer où les budgets doivent aller et quel est le message politique qu’il doit lancer", analyse Nina Bachkatov, politologue, spécialiste de la Russie. Elle ajoute, "même dans son attitude physique, c'est très clair".

Comment expliquer que Vladimir Poutine semble si ragaillardi ?

1. L’échec de la contre-offensive ukrainienne

Il y a six mois encore, en juin dernier, les forces ukrainiennes lançaient une contre-offensive pour percer les lignes russes en direction de la mer d’Azov. Après plusieurs tentatives, cette contre-offensive n’a manifestement pas eu les effets escomptés. C’est même un échec. L’armée ukrainienne n’est parvenue qu’à faire quelques incursions dans les lignes russes tandis que, de son côté, l’armée russe est plus organisée qu’elle ne l’a été par le passé et donc plus résistante.

De plus, à mesure que le temps passe, l’Ukraine se retrouve à court de matériel et de munitions, mais aussi d’hommes sur le terrain. À tel point que l’armée ukrainienne se retrouve contrainte de faire appel à des mercenaires étrangers.

Comme le rappelle le Monde, en novembre dernier, le commandant en chef des forces ukrainiennes, Valeri Zaloujny faisait état de son pessimisme dans les colonnes de The Economist. "Nous sommes dans une impasse" avait-il expliqué. "La Russie a perdu 150.000 hommes, au bas mot. Dans n’importe quel autre pays, de telles pertes auraient mis fin à la guerre", disait-il alors.

"Sur le front en Ukraine, la Russie a mis le maximum de moyens dans la bataille, l’économe de guerre russe tourne à plein régime et par ailleurs le sacrifice des vies humaines russes sur le front n’est pas une préoccupation pour le Kremlin. Et donc on a une contre-offensive ukrainienne qui n’a pas été couronnée de succès par rapport aux attentes et du coup, le Kremlin tire les bénéfices de cette situation", analyse Aude Merlin, spécialiste de la Russie et professeure à l’ULB. Comme le rappelait l’agence de presse Reuters, le budget militaire russe va considérablement augmenter en 2024. 30 % des dépenses budgétaires russes seront orientées vers les forces armées l’année prochaine.

Et alors que la Russie continue à exercer sa pression militaire sur le front ukrainien, aujourd’hui, lors de sa prise de parole, Vladimir Poutine a indiqué pour la première fois combien de soldats russes étaient en Ukraine : 617.000, parmi lesquels 244.000 mobilisés. Une force considérable occupant quelque 17-18 % du territoire ukrainien. Il n’a en revanche pas révélé les pertes de son armée, les États-Unis les évaluant à 315.000 militaires blessés ou morts.

2. Fin de la menace Prigojine

L’autre élément à prendre en compte pour analyser cette sorte de regain de confiance, c’est la fin de la menace que constituait Evgueni Prigojine, l’ex-chef de la milice Wagner.

En effet, en juin dernier, celui qu’on appelait le cuisinier de Poutine, l’un de ses fidèles alliés se retournait contre le chef du Kremelin et menaçait de marcher sur Moscou avec ses forces armées. Une véritable trahison envers Vladimir Poutine. De quoi l’affaiblir. Et un coup de semonce pour ses états-majors incapables de prévoir cette révolte en interne. "Pendant cet épisode Prigojine, Vladimir Poutine a certainement été dans le questionnement […] c’est un épisode qui a reflété des tentatives de déstabilisation", pointe Aude Merlin.

Mais depuis, les choses ont bien changé. Evgueni Progojine a disparu dans un crash d’avion, et les forces de Wagner ont dû rejoindre les rangs de l’armée régulière. De plus, l’épisode Evgueni Prigogine a aussi été un "électrochoc dans l’état-major" russe qui s’est rendu compte "que les opérations dépendaient du moral des troupes et que celui-ci dépendait du fait à la fois de se sentir bien équipé, bien payé, mais aussi du fait que les efforts sur le terrain puissent fonctionner", explique Nina Bachkatov.

Maintenant "que l’élément Evgueni Prigogine n’est plus dans le paysage, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de concurrence en termes de monopole de la violence, Vladimir Poutine, sans doute, se sent un peu plus solide. Néanmoins, sur le fond du discours, de ses objectifs officiels et sur la justification de ce qu’il nomme "l’opération militaire spéciale", là il n’y a pas de changement", détaille Aude Merlin.

3. Résilience face aux sanctions

Alors que les sanctions européennes se voulaient très dures à l’égard de la Russie avec un embargo sur un certain nombre de produits comme les hydrocarbures, force est de constater que l’impact est un peu plus limité qu’attendu. Citant l’économiste Sergueï Gouriev, Aude Merlin explique que "l’économie russe est touchée, mais pas coulée". Elle est en fait assez résiliente face aux sanctions économiques occidentales.

Il y a une sorte d’agilité des acteurs de l’économie russe qui permet de réorienter les flux. L’économie russe avait la possibilité de résister aux sanctions en ayant une dette réduite et des réserves en devises. De plus, les sanctions actuelles sont détournées en "profitant des canaux mis en place déjà en 2014 lors des premières sanctions", explique Nina Bachkatov, permettant au Kremlin d’écouler ses produits sous embargo vers d’autres acteurs. La Russie continue de vendre assez de ses hydrocarbures pour financer l’effort de guerre. Et l’industrie a été réorientée sur les commandes d’État d’armements et de munitions.

Interrogé sur la résistance de l’économie russe face aux sanctions occidentales, Vladimir Poutine s’est d’ailleurs montré confiant, évoquant la "forte consolidation de la société russe", la "stabilité du système financier et économique" et "l’augmentation des capacités militaires" de la Russie.

L’économie russe semble ainsi avoir absorbé le choc immédiat des sanctions. Néanmoins, tout n’est pas rose, le pays doit encore faire face à une forte inflation. De plus, ce sont les effets à plus long terme qui peuvent être dévastateurs, le pays étant coupé de certaines technologies de pointe et de pans entiers du système bancaire international. De plus, la hausse des dépenses publiques vers cette économie de guerre met le système économique à rude épreuve.

4. Contestation contenue en interne

Cette économie russe qui finalement résiste plutôt bien aux sanctions permet même au Kremlin de contenir leurs effets sur la population. Nina Bachkatov explique que ces derniers temps "il y a eu toute une série de hausses des aides sociales, notamment l’ajustement des pensions. […] Toute une série de mesures prises au niveau interne qui sont des mesures essentiellement sociales pour que la population bénéficie d’un salaire qui permette un tout petit peu de rattraper l’inflation". Ce qui, d’une certaine manière, tend à contenter la population russe et donc à stabiliser la situation au niveau interne, même si, comme le rappelle le New York Times, la population russe a subi de plein fouet la hausse des prix.

Mais, quoi qu’il en soit, la répression interne est toujours active et en interne la contestation de la population face à la guerre menée en Ukraine reste faible.

5. Chamboulements internationaux

Enfin, Vladimir Poutine est également de retour sur la scène diplomatique, malgré un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale qui pèse sur lui. Le contexte international actuel, avec notamment la guerre au Proche-Orient, lui permet de tenir le narratif autour d’un prétendu deux poids deux mesures de la part des Occidentaux. Lors de sa grande conférence de presse télévisée, il a d’ailleurs qualifié la guerre de "catastrophe".

De plus, le conflit entre Israël et le Hamas occupe actuellement les esprits des Occidentaux et "le Kremlin mise aussi sur une fatigue des Occidentaux", explique Aude Merlin. Cela semble exacerber également par les doutes des Américains concernant l’aide à apporter à l’Ukraine mais aussi celle des Européens. Ce jeudi et vendredi se tient le Sommet européen, et Viktor Orban, a tenté de freiner la demande d’adhésion de l’Ukraine. Sans y parvenir puisque les 27 ont finalement décidé d’ouvrir la voie à l’adhésion de l’Ukraine et de la Moldavie.

Mais, "le fait que ces éléments de doutes s’insinuent dans différents discours occidentaux concernant l’Ukraine, ça donne des éléments de renforcement en quelque sorte au récit et au discours de Vladimir Poutine. En tout cas, il joue énormément là-dessus", analyse Aude Merlin. "Tout cela est en quelque sorte du pain béni pour Vladimir Poutine. Donc ça peut expliquer sur le ton triomphant", dit la professeure qui précise néanmoins que la confiance exprimée du dirigeant russe n’a rien de nouveau.


rtbf / MCP , via mediacongo.net
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