
Société
Le quatrième cycle électoral organisé mercredi par la commission électorale nationale indépendante (Céni) en République démocratique du Congo a connu un engouement sans pareil en dépit de quelques problèmes de logistique.
« De tous les quatre cycles électoraux de la Céni, celui de 2023 a battu le record en engouement. Dans la capitale, comme dans l’arrière-pays, des gens se sont réveillés tôt, dès 6 heures du matin, pour aller accomplir leur devoir civique et traîner jusque tard la nuit, malgré des difficultés de logistique », a confié à l’ACP un activiste de la société civile.
Kinshasa : centres pleins d’électeurs et des problèmes de déploiement des matériels

Dans la capitale, des électeurs de toutes les 24 communes ont répondu au rendez-vous. Tous ont tenu à voter en dépit de petites déceptions reconnues par la Céni.
Le secrétaire exécutif national de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Thotho Mabiku, approché mercredi par l’ACP au bureau de vote de Kabambare, dans la commune de Kinshasa, a justifié le retard enregistré dans le début des opérations dans la capitale par «un problème des logisticiens ».
«C'est un problème de logisticiens des antennes qui ont traîné pour déployer les matériels. Il n’y aura pas de jour de plus à ajouter. Chaque bureau couvrira son timing. Comme partout au monde, le jour de vote, la nuit a toujours été longue », a-t-il dit.
Bon déroulement dans certains centres. Une solution était trouvée là où il y avait des problèmes d’énergie électrique, des machines, de baisse d’énergie des batteries etc.
Parmi les difficultés majeures, on a retenu notamment la coupure du courant et la manipulation difficile du dispositif électronique de vote (DEV) par les personnes de troisième âge.
À Goma, des bureaux de vote pris d’assaut par de nombreux électeurs

La plupart des centres et bureaux de vote de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, ont été pris d’assaut la matinée de mercredi par les électeurs qui tenaient coûte que coûte à s’acquitter de leur devoir.
Les agents commis aux opérations électorales ainsi que les policiers ont été déployés de même que les matériels de vote, notamment les dispositifs électroniques de vote, les isoloirs ainsi que les autres consommables.
Mme Claudine Safari âgée de 38ans, personne vivant avec handicap, a été présente devant un bureau de vote après plusieurs heures d’attente passées, dans le centre logé de l’Institut Don Bosco à Majengo, quartier de la partie Nord de Goma.
Elle a fini par trouver son nom sur la liste des électeurs affichée devant le bureau de vote et ainsi accéder à l’intérieur pour remplir son devoir civique malgré son handicap. Claudine Safari espère à la restauration de la paix dans sa région natale de Kibumba dont elle est originaire.
La bonne ambiance a été observée dans les localités du territoire de Nyiragongo situées à la lisière avec la ville de Goma dans sa partie Nord. Il s’agit notamment Buhene, Munigi, Rukoko, Turunga, Mudja.
Tshikapa : un afflux des électeurs
Un afflux des électeurs a continué de s’observer au coucher du soleil dans presque plusieurs bureaux de vote de la commune de Kanzala, dans la ville de Tshikapa au centre de la RDC, malgré plusieurs heures d’interruption.
« Nous étions ici depuis 8 heures pour voter, mais il y a eu des incompréhensions entre quelques personnes non identifiées.
Ces dernières ont troublé le vote dans ce centre, ce qui a engendré les projectiles, faisant un blessé grave, qui a été hospitalisé », a déclaré un électeur interrogé.
Tshopo : des électeurs peinent à retrouver leurs noms sur les listes
La quasi-totalité des bureaux de vote ont ouvert leurs portes entre 6 h et 7 h 30, heure de Kisangani, dans le Nord-est de la République démocratique du Congo. Un engouement d’électeurs qui peinent à retrouver leurs noms sur les listes de vote affichées devant les bureaux, a été observé dans plusieurs centres de vote.
« Je m’étais enrôlée au complexe scolaire Anuarite. Arrivée là, je ne retrouve pas mon bureau de vote. Et on me dit d’aller au centre qui se trouve à l’EP La Chaumière (situé à au moins 1 km). Malheureusement même ici, mon nom n’est affiché nulle part », a dit une septuagénaire.
Même situation observée aux écoles primaires Maleke, Umoja et Mwana, ainsi qu’à l’Unikis, respectivement dans les communes Kabondo, Kisangani et Makiso.
Bandundu : un cas de fraude non vérifié
Les électeurs de Bandundu, dans le Kwilu, se sont dits désolés du fonctionnement des machines à voter qu’elle a considéré comme outil de la fraude, boycottant même celles proposées en remplacement par la Céni.
C’est le cas du centre de l’Ecole primaire Lutondo où une série de pannes de 3 machines a suscité une vive inquiétude parmi les électeurs qui ont remis en question l’intégrité du processus électoral. Les machines défectueuses ont été signalées dans des bureaux de vote clés, où une participation élevée était attendue.
Kasumbalesa/Haut-Katanga: bonne ambiance électorale
L’ambiance a été électrique dans la ville de Kasumbalesa, province du Haut-Katanga vu l’engouement des électeurs devant les bureaux de vote. Tout s’est déroulé très bien à Kasumbalesa où les bureaux de vote ont été ouverts depuis 7 heures.
Aucun incident n’est enregistré dans cette ville où la psychose s’était installée il y a quelques jours à la suite des affrontements entre des jeunes de certains partis politiques.
Buta (Bas-Uele) : engouement total
Un engouement des électeurs a été observé des électeurs depuis 6 heures du matin dans les différents sites et Centres de vote de la ville de Buta chef-lieu de la province.
Dans tous les sites les agents commis aux opérations électorales ainsi que les policiers appelés à assurer l’ordre ont été visibles de même que les matériels de vote.
Toute fois une certaine désorganisation a été dans l’administration des opérations de vote observée.
Satisfaction des Congolais d’Afrique du Sud

« Depuis ce matin, ce que nous voyons ici, je trouve cela très positif. Je vis dans ce pays depuis plus de 30 ans, et je vote pour la première fois. C’est un plaisir d’exercer mon devoir patriotique », a déclaré M. Mike Lwambwa, un pasteur congolais résidant en Afrique du Sud.
« Je suis enchanté par le déroulement, et mon impression est totalement positive. Pour une première c’est une réussite, et j’aimerais féliciter notre gouvernement avoir organisé les élections ici », a-t-il renchéri.
Selon des experts, le nombre des Congolais installés en Afrique du Sud est estimé 300.000 à 1 million de personnes. C’est de loin la plus grande diaspora congolaise au monde. Seuls 3.201 d’entre eux ont pu s’enrôler, selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
Une journée chaotique
Ces machines à voter, selon l’évêque Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de la mission d’observation de l’Eglise du Christ au Congola (ECC), étaient défectueuses dans 45 % des bureaux. Un chiffre établi à 9 h 30 sur la base des rapports provenant d’environ un cinquième de son vaste réseau. La CENCO a déployé 25 000 observateurs sur tout le territoire de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un autre bureau situé dans le quartier Basoko, les électeurs patientaient sur des gradins ombragés autour d’un terrain de basket. A 15 heures, les machines n’étaient pas encore arrivées, pour une raison mystérieuse. Jean René, président d’un des bureaux, gardait son flegme, alors même que la veille, il avait décidé de dormir sur place, par terre, pour « bien accueillir les électeurs dès l’ouverture, à 6 heures ». Peter, un étudiant qui votait pour la première fois, était en effet venu depuis l’aube. Il venait voter « pour que ça change dans ce pays, qu’on ne voit plus les mêmes têtes ». Il a noté sur un papier les numéros attribués à chacun de ses quatre candidats favoris (la présidentielle, les deux législatives et les municipales) « pour les retrouver dans la machine » et se disait déterminé à attendre.
Il n’y a pas que ces tablettes qui ont posé problème : dans un bureau de la Gombe, quartier central de Kinshasa, on attendait encore l’arrivée des listes électorales ; dans un autre situé à Kitambo, des mauvais bulletins de vote avaient été livrés… « On est là jusqu’à demain », soupirait un agent électoral dans l’après-midi.
« On va voter jeudi », tranche Denis Kadima

Lors du dernier scrutin, en 2018, la CENI avait déjà généralisé l’usage de cet outil produit en Corée du Sud : une grande tablette dans laquelle l’électeur introduit son bulletin de vote et sur lequel s’inscrivent ses choix effectués sur l’écran tactile. Une fois le bulletin codé par la machine, le votant le dépose dans une urne. La manœuvre sur l’écran prend plusieurs minutes. Voire une éternité pour les gens peu habitués, ou pas du tout, aux pratiques numériques. Cette année, de nouvelles machines ont été commandées en Corée mais la plupart de celles utilisées mercredi ont été ressorties des placards congolais dans lesquelles elles avaient dormi un quinquennat dans une atmosphère tropicale saturée d’humidité.
Trois heures après l’ouverture des bureaux de vote, plus de 31 % d’entre eux n’avaient pas encore ouvert dans les villes principales, selon l’évêque Donatien Nshole de la CENCO, qui a déployé des observateurs.
La CENI a promis de tenter de compenser ces retards. Mercredi dans la soirée, son président Denis Kadima a annoncé que « les bureaux qui n’ont pas du tout ouvert vont le faire jeudi », sans préciser le nombre de bureaux concernés.
« Nous avons permis aux électeurs qui étaient dans les files d’attente de continuer à voter au-delà des heures prévues. Nous allons continuer jusqu’à ce que le dernier électeur puisse voter.
Cette déclaration de bonne foi ne convainc pas une opposition persuadée que les organes d’organisation, de contrôle et de certification du vote sont inféodées au pouvoir. « C’est un chaos total planifié par Denis Kadima », a lancé Martin Fayulu, l’un des principaux opposants avec Moïse Katumbi, après avoir voté à Kinshasa. Il a accusé encore une fois la CENI de vouloir à tout prix « faire passer » Félix Tshisekedi. Moïse Katumbi, considéré comme le principal challenger à ce dernier, a quant à lui demandé aux électeurs de « surveiller » le dépouillement « jusqu’à la fin ».
Face à tous ces problèmes, l’archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, véritable autorité morale, a espéré que « des solutions (seront) trouvées rapidement, sinon, les élections vont s’étendre sur plusieurs jours ». Cyrille Ebotoko, représentant des observateurs de la CENCO a toutefois dit craindre « un impact négatif sur l’intégrité du processus si celui-ci s’étendait sur plusieurs jours ». En se grattant la tête un diplomate européen s’interroge : « Pourquoi n’ont-ils pas retardé ce vote d’une semaine ? »
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