
Afrique
L’ANC et ses 40 % tentent de se trouver des partenaires après 30 de domination sans partage.
Le Congrès national africain (ANC), le parti qui a dirigé en solo l’Afrique du Sud depuis 1994 et les premières élections post-apartheid qui ont permis à Nelson Mandela de décrocher la présidence de la république, n’a pas réussi à décrocher une nouvelle majorité absolue au Parlement.
Avec à peine plus de 40 %, le parti présidé par Cyril Ramaphosa, président de la République sortant et candidat à un second mandat, doit se trouver un ou des partenaires pour gérer le pays. Comme Nelson Mandela, son mentor, Cyril Ramaphosa a donc annoncé en fin de semaine que son parti invitait tous ses adversaires à la table des négociations pour former un gouvernement d’union nationale.
”L’ANC reconnaît que nous nous trouvons à un moment clé dans la vie de notre nation. Notre pays a besoin d’un leadership et d’un courage extraordinaires pour tracer le chemin à suivre. Nous devons agir rapidement pour sauvegarder l’unité nationale, la paix, la stabilité, une croissance économique inclusive, le non-racisme et le non-sexisme”, a expliqué Cyril Ramaphosa, en lançant cette invitation.
Mais 2024 n’est pas 1994 et si le geste de Nelson Mandela visait à fédérer un pays entré dans une nouvelle ère autour d’un processus de réconciliation nationale, celui posé par son héritier démontre toute la fragilité d’un parti profondément divisé sur la voie à suivre pour la constitution de ce nouvel exécutif.
Tensions à tous les étages
En effet, la main tendue par Cyril Ramaphosa ne fait pas l’unanimité au sein de l’ANC et suscite carrément la colère parmi certaines formations politiques pourtant bien placées pour jouer un rôle dans un futur exécutif.
L’ANC a besoin d’un partenaire et le plus évident, mais aussi le plus rassurant pour les marchés, serait une union avec l’Alliance démocratique (AD), le parti arrivé en seconde position de cette élection générale avec 21 % des voix. Mais pour nombre de membres de l’ANC et une partie de son électorat cette formation politique est vue comme une force qui cherche à préserver les privilèges économiques de la minorité blanche.
L’idée de partir sur un gouvernement d’union nationale pourrait être une manière de rendre acceptable une collaboration avec l’AD. L’ANC ne serait en effet pas responsable du choix de ses partenaires et l’AD a déjà laissé entendre qu’elle était disposée à entrer dans un gouvernement bâti sur ce principe pour “préserver la constitution sud-africaine”. Elle a aussi mis en avant les points de convergence avec l’ANC sur un certain nombre de réformes visant à redresser l’économie.
Dans un texte esquissant les contours d’un éventuel accord de gouvernement, elle note aussi sa disposition à faire des compromis sur des sujets qui pourraient fâcher son potentiel partenaire, comme le projet d’abandonner le salaire minimum et les politiques de discriminations positives. Dans le même temps, elle rejette l’idée de s’associer dans ce gouvernement avec le parti d’extrême gauche et anti-blancs des Combattants de la liberté (EFF) de Julius Malema, arrivé en 4e position avec 9,5 % des voix. Une formation qui a déjà dit qu’elle refuserait d’entrer dans un gouvernement d’union nationale avec l’AD, un de ses porte-parole ayant déclaré : “Nous ne voulons pas former un gouvernement avec les représentants du système colonial blanc et de l’apartheid”. Le parti de l’ancien président Jacob Zuma (MK), arrivé en 3e position avec 14,5 % des voix ne devrait pas non plus entrer dans ce gouvernement d’union nationale. La haine entre Zuma et Ramaphosa ne permet pas d’envisager une telle union.
L’ANC devrait aussi compter sur le soutien d’un petit parti, le Inkhata Freedom Party (IFP – 3,8 % des voix) qui s’est aussi montré ouvert à l’idée d’entrer dans ce gouvernement. Il permettrait à l’exécutif de compter sur une majorité de 65 % au Parlement et éviterait à l’ANC de ne s’embarquer qu’avec l’AD.
Le montage est crédible, mais il devra obtenir des résultats économiques et sociaux probants sous peine d’ouvrir la voie à une radicalisation encore plus marquée d’un électorat qui a déjà voté à plus de 25 % pour des partis extrémistes qui seront en embuscade tout au long de la législature.
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