
Politique
Le gouvernement Suminwa a totalisé 100 jours depuis qu'il est aux affaires.
Dans un entretien accordé mardi 20 août à MCP, Eugène Diomi Ndongala, ancien ministre des Mines, fils idéologique d'Étienne Tshisekedi et prisonnier politique sous Joseph Kabila, estime qu' "après trois mois caractérisés par des séminaires, des fora, ateliers et des projets des états généraux, les Congolais commencent à désespérer dans la capacité de l'exécutif Suminwa de faire face aux défis énormes de la République démocratique du Congo en matière de lutte contre l'inflation, de dépréciation monétaire, de rareté et prix exorbitants des biens de première nécessité, sans oublier l'annonce d'une rentrée scolaire qui, n'en déplaise aux responsables du ministère de l'Éducation nationale, se fait dans le chaos, la non application de la gratuité de l'enseignement de l'école primaire ainsi que les prises des décisions ministérielles superbement ignorées aussi bien par les écoles publiques que privées".
Pour Diomi, l'impression générale qui découle du manque de pragmatisme de cet exécutif, se résume en un seul mot : "le désespoir".
Sur le front de la défense nationale, "les rebelles du M23 et AFC grignotent des localités dans le grand Nord, sans une véritable réaction des FARDC (Ndlr: Forces armées de la RDC)".
En diplomatie, poursuit-il, les observateurs les plus avisés se demandent le sens et l'avantage de la négociation de Luanda, telle que menée par la RDC et sa cheffe de la diplomatie congolaise, dans l'engagement avec une contrepartie - Le Rwanda - qui, tout en niant sa position de cobelligérant, est arrivé à obtenir l'engagement de la RD Congo à neutraliser les FDLR. "Un engagement de neutralisation des anciens génocidaires, lourd de conséquences sur le plan internationale et qui n'a pas été contrebalancé, curieusement, par aucun engagement concret, en termes de réciprocité, de la partie adverse", regrette-t-il.
Sur le plan de la sécurité intérieur, le gouvernement Suminwa, par l'entremise de son ministre de la Communication, "fait du déni des kidnappings et de l'insécurité ambiante, l'excuse principale du manque de dynamisme de l'exécutif dans ce domaine : comment combattre l'insécurité si l'on nie son existence ?", s'interroge le notable Ne Kongo.
Que dire de la politique sanitaire en pleine dénonciation de la diffusion de l'épidémie de M-Pox ? "Le ministre de la Santé ne fait que nous annoncer les dons de la Belgique et du Japon pour faire face à un projet de vaccination de la population des zones les plus touchées par ce fléau et rien de plus... Encore une démission de ses responsabilités", constate Diomi.
En matière des transports, la compagnie Congo Airways est menacée de retrait de ses licences, faute d'avions en mesure de voler. Les bus de la société de transport Transco sont devenus invisibles sur les "artères cabossées" de la capitale toujours martyrisée par des embouteillages chaotiques et une insalubrité ambiante qui fait partie désormais du lot quotidien des souffrances des Kinois.
Les Congolais demeurent sans carte d'identité, sans permis de conduire, aussi bien national qu'international, et leurs cartes d'électeur qui remplacent les documents d'identité, s'effacent après quelques mois d'utilisation...
En province, "rien ne se passe. Pas de projets de grands travaux, pas d'infrastructures.
Dans la ville de Kilwa, un massacre d'une dizaine de Congolais s'ajoute à la liste sans fin des massacres des civils sur le territoire national, que ce soit par les rebelles et groupes armés ADF, Codeco...
Le "dynamique" ministre de la Justice du gouvernement Suminwa se démarque du lot des passifs, "mais il est déjà combattu...".
D'où viendra l'espoir d'un sursaut positif pour les Congolais ?
Avec amertume, le leader de la Démocratie chrétienne (DC) constate que "les extravagances budgétivores continuent, comme ces assises de la jeunesse organisées dans l'enceinte du très prestigieux - et couteux - Hôtel Hilton, alors que le redressement économique qui peut donner de l'emploi à cette jeunesse désœuvrée fait lamentablement défaut, pour manque d'ambition politique".
Paraphrasant la campagne d'une autre jeunesse qui a récemment payé le prix de son engagement politique et social, le cri "To lembi pasi" afflige la majorité des Congolais "exclus de la manne tribalo-institutionnelle".
Une politique fanatique, inintelligente, conclut Diomi, accable l'ensemble de la classe politique. "Alors que les Congolais se demandent chaque jour, avec plus d'angoisse, d'où viendra le salut".
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