
Monde
Alors que le scrutin approche à grands pas et que le débat télévisé entre les deux candidats a lieu ce mardi 10 septembre, la machine électorale et les derniers sondages sont loin d'être défavorables au Républicain.
À moins de deux mois de l'élection présidentielle américaine, qui aura lieu le 5 novembre 2024, la campagne électorale entre dans le dur après les conventions des deux grands partis et le lancement en trombe de la campagne de Kamala Harris. Jusqu'ici les sondages et meetings ont montré un retour en force des Démocrates grâce au changement de candidat.
Mais la dernière enquête d'opinion du New York Times - Siena (l'un des instituts de sondage non partisans les plus réputés), qui donne Donald Trump avec un point d'avance à l'échelle nationale, est venue quelque peu refroidir l'excitation des soutiens de l'actuelle vice-présidente. Cette indication nous rappelle que la compétitivité électorale de l'ancien président des États-Unis reste importante, malgré les scandales et les ennuis judiciaires.
Une stagnation, mais pas de recul
Depuis la fin du mois de juillet et l'entrée de Kamala Harris dans la course à la Maison-Blanche, Donald Trump a connu des moments difficiles. D'une part, il a vu sa nouvelle adversaire rattraper le retard accumulé par Joe Biden. D'autre part, les projecteurs se sont détournés de lui. Le tout a donc entraîné la création d'un nouveau récit médiatique beaucoup moins favorable.
Durant cette traversée du désert d'un peu plus d'un mois, Donald Trump est resté dans l'ombre et a rongé son frein. Pour autant, en observant de près l'agrégateur de sondages FiveThirtyEight, on constate aisément qu'il n'a pas reculé durant ce laps de temps, comme après ses multiples inculpations et condamnations.
L'ancien président républicain pointe ainsi toujours à 44,2% d'intention de vote au début du mois de septembre, soit le même chiffre que le 25 juillet, au moment du changement de candidat chez les Démocrates. S'il accuse un retard de 3 points environ à l'échelle nationale sur Kamala Harris, sa base est –sans grande surprise– restée en place et son électorat potentiel ne s'est pas érodé. Un phénomène plus ou moins attendu par les observateurs qui lui permet d'envisager encore aujourd'hui une victoire en novembre prochain.
Un mode de scrutin favorable
Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, le vote populaire (ou national) n'est pas déterminant lors d'une élection présidentielle américaine, car le résultat final repose sur le collège électoral. Pour être élu président des États-Unis, un candidat doit en effet remporter une majorité de grands électeurs (soit 270 au minimum). Ces derniers, au nombre total de 538, sont répartis par États en fonction de leur poids démographique: trois pour le Dakota du Nord, dix-neuf pour la Pennsylvanie, quarante pour le Texas ou encore cinquante-quatre pour la Californie. Le candidat (ou la candidate) qui arrive en tête dans un État remporte tous les grands électeurs qui lui sont associés, selon le principe du «winner takes all».
Ce mode de scrutin permet donc d'accéder à la Maison-Blanche en ayant perdu le vote populaire et offre un avantage au Parti républicain comme le montre la victoire de George W. Bush en 2000 avec plus de 540.000 voix de retard sur Al Gore ou encore celle de Donald Trump en 2016 avec près de 2,9 millions de voix de retard sur Hillary Clinton. D'où le focus des candidats, des médias et des observateurs sur les États-clés (qui ne sont acquis à aucun des deux grands partis) à chaque élection.
Pour autant, le vote populaire et le collège électoral peuvent être associés pour lire les sondages et analyser les résultats électoraux. Si l'on en croit le modèle prédictif du statisticien américain Nate Silver, surnommé le «gourou des sondages», Kamala Harris aurait donc besoin de 3 à 4 points d'avance sur Donald Trump à l'échelle nationale pour remporter «confortablement» le collège électoral (probabilité de victoire à 85%). Avec 2 à 3 points d'avance, l'élection se jouerait à pile ou face. En dessous, la victoire de Donald Trump serait quasiment assurée.
Surestimation du vote démocrate
Comme nous l'avons vu dans la première partie de cet article, Kamala Harris a une avance nationale sur Donald Trump de +2,8 points au 9 septembre, d'après FiveThirtyEight, qui est similaire à celle de Hillary Clinton à la même période en 2016 (+3,2), mais inférieure à celle de Joe Biden en 2020 (+7,5). Des chiffres qui doivent être cependant pris avec des pincettes si l'on mesure les écarts entre le résultat final des agrégateurs et le résultat officiel de l'élection.
En effet, la veille du scrutin en novembre 2016, la moyenne des sondages indiquait une avance pour Hillary Clinton de 3,9 points, qui s'est transformée en une avance insuffisante de 2,1 points le jour J. Idem ou presque en 2020 avec un dernier pointage à +8,4 points pour Joe Biden pour une avance finale, suffisante cette fois, de 4,45 points.
Lors des deux dernières échéances électorales, le vote démocrate a donc été surestimé par les sondeurs, ce qui nous amène à penser qu'une avance de 3 points de Kamala Harris à l'échelle nationale pourrait être en réalité moins importante. Si vous ajoutez à cela le rôle central du collège électoral, vous avez deux éléments qui expliquent en partie pourquoi la plupart des observateurs de la politique américaine et des sondeurs ont une certaine tendance à tenir un discours plus «froid» lorsqu'ils évoquent les gains de la vice-président ou sa position dans la course à la Maison-Blanche.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Incendie du siège du PPRD : la société civile alerte sur une dérive violente du débat politique
06.05.2026, 11 commentairesProvinces Goma : des organisations de la société civile dénoncent l’imposition de registres de commerce rwandais aux opérateurs économiques locaux
05.05.2026, 9 commentairesPolitique Probable 3e mandat de Tshisekedi : Delly Sesanga appelle les démocrates à « faire obstacle à cette dérive »
07.05.2026, 7 commentaires
Ils nous font confiance
Donald Trump et Kamala Harris