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Pollution et déchets : ces tueurs silencieux des Congolais ! (Analyse de Sylvain Ngabo*)

2024-10-14
14.10.2024
2024-10-14
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La qualité de l'air est un enjeu majeur de santé publique tant en Afrique qu’ailleurs. Bien que les contextes et les réponses diffèrent, l'impact de la pollution de l'air sur la santé des populations est une préoccupation universelle, nécessitant des efforts concertés pour améliorer les conditions de vie et protéger la santé des citoyens. Selon Institute for Health Metrics, 48 % de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), 34 % des naissances prématurées en 2021 et 33 % des décès sont attribuables à la pollution de l'air. Ainsi,à la même année, la pollution de l’air était la deuxième cause de mortalité au monde.

Dans le continent Africain, environ 236 000 nouveau-nés meurent au cours du premier mois de leur vie des suites d’une exposition à la pollution de l’air.En Afrique subsaharienne, la pollution de l’air est le troisième facteur de risque de décès chez les enfants de moins de 5 ans, après la malnutrition et l’eau, l’assainissement et l’hygiène.Sur la base de données de 2019, les scientifiques estiment que l’exposition à la pollution de l’air raccourcit la durée de vie d’une personne moyenne de 1,8 an.

Considérant les données de la revue annuelle de la santé publique, l’urbanisation grandissante et la pression croissante des problèmes sociaux constituent des facteurs majeurs de la pollution de l’air en Afrique. En des termes différents, l’augmentation du taux d’urbanisation entraine l’augmentation des concentrations des particules fines dans l’air. Comme l’indique le graphique 1, en RDC, le taux d’urbanisation en 2010 était de 40% avec une production en l’air de 37µg/m3 de PM 2.5 (particules fines en suspension dans l’air dont le diamètre est inférieur à 2.5 micromètres). En 2019, ce taux est passé 45% entrainant des émissions ans l’air de 44µg/m3  de PM 2.5. Au Ghana, le taux d’urbanisation était de 50% et 57% respectivement en 2010 et en 2019 entrainant ainsi 50 µg/m3  et 57 µg/m3  de PM 2.5.

Figure 1: Taux d'urbanisation et émissions des PM 2.5

 

Sources :Banque mondiale.

Plusieurs études établissent des liens étroits entre l’urbanisation et l’augmentation de nombre des véhicules ainsi que la production des déchets, ayant des conséquences incalculables sur la qualité de l’air urbain.

Essayons d’analyser quelques chiffres au niveau de Kinshasa.

NOS PROPRES VEHICULES NOUS TUENT !

Les données du Ministère des Finances et de l’Office des routes font ressortir une augmentation de la demande des voitures à Kinshasa, la plus grande zone urbaine de la RDC, passant de 14.748 véhicules immatriculés en 2012 à 21.971 en 2017, soit une augmentation de l'ordre de 48,98%. Mais aussi, en 2012, O. Kodila (2022) note que la ville de Kinshasa représentait, en elle seule, 39,4% de tous les véhicules immatriculés du pays. Cette situation n’a d’incidence que sur les embouteillages ? Loin de là. La qualité de l’air en pâtit considérablement. A ce sujet, le Programme des Nations Unies sur l’Environnement (PNUE) détermine la norme environnementale sur le Carburant à faible teneur en soufre (carburant propre), qui doit être soit de 50 à 15 ppm. En RDC, le Rapport du PNUE (2020) note que le carburant consommé est largement au-delà de la norme, soir environ 500 ppm. Il y a donc lieu d’harmoniser la consommation des types de carburants et des types de filtres des véhicules lors des contrôles techniques. Les filtres jouent un rôle majeur dans la réduction des particules fines dans l’air.

En outre, les émissions atmosphériques liées uniquement au trafic sont généralement prises en considération non seulement en rapport avec les processus de combustion, mais aussi et sur tout le contact des pneus avec le sol. Savez-vous que les pneus polluent plus que les gaz d’échappements ? Selon Emissions Analytics, les particules pneumatiques seraient 2000 fois plus toxiques que les autres gaz émis par les échappements des véhicules. Pour s’en convaincre, un pneu neuf utilisé sur la route émet jusqu’à 73 mg de particules fines par kilomètre. Chiffre à comparer aux particules émises par un moteur thermique, environ 0,02 mg/km. L’inhalation de ces particules provoque des maladies respiratoires et conduit à petit feu à la mort. Cependant, sommes-nous alarmistes ? Devons-nous effectuer nos déplacements à pied ? Loin d’être une solution. Il faut, en effet, envisager un découplage entre les secteurs de transport et de pollution de l’air. Ceci n’est possible que (entre autres) grâce à une législation rigoureuse et suivie. Mais hélas, le législateur Congolais n’a jusqu’à ce stade rien prévu pour limiter les particules issues des pneumatiques.

LES DECHETS, LE « SERIAL-KILLER » DES KINOIS ?

À côté des véhicules se cache un géant méconnu et abandonné : Les déchets. Rien que pour la ville de Kinshasa, les estimations de la Banque mondiale notent une production journalière d’environ 7.000 tonnes des déchets, soit 2,6 millions l’an ! Les déchets non traités ont plusieurs impacts sur la qualité de l'air, induisant des maladies respiratoires. Pour la ville de Kinshasa, seulement 10% des déchets sont traités dans des dépotoirs à ciel ouvert, et le montant de l’aide publique au développement liée à l’assainissement, qui fait partie d’un plan de dépenses coordonné par le Gouvernement s’élève à 94 Millions de USD, soit seulement 0.5% du budget national et très en deçà de la moyenne Africaine qui est de 2,4 milliards d’USD.

Ainsi donc, les conséquences sur la santé publique sont fâcheuses, comme d’aucuns ne pouvaient le penser. En République Démocratique du Congo, les données de l’OMS (2019) indiquent que le nombre de décès, selon l’âge, attribué à la pollution de l’air ambiant et des ménages (pour 100 000 habitants) est de 421. Ceci représente plus du double de la moyenne des autres pays de l’Afrique centrale (152 décès). De la même manière que les pouvoirs publics congolais et la communauté scientifique Congolaise s’emploient à réduire la mortalité maternelle -qui est aujourd’hui de 541 décès pour 100 000 habitants en 2022 selon l’OMS-, on devrait aussi s’employer à réduire la mortalité attribuable à la pollution de l’air en RDC, qui elle aussi, est de 421 décès pour 100 000 habitants, selon la même source. 

 

*Sylvain Ngabo Useni, Spécialiste en Environnement et Climat

 

Sylvain Ngabo
congo-press.com (MCP) / mediacongo.net
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