
Politique
La classe politique congolaise est en ébullition depuis que l’idée de modifier ou de changer carrément la Constitution a été évoquée par le régime en place. Cette initiative, portée par l’Udps et soutenue par le président Félix Tshisekedi, est perçue par une grande partie de l’opinion comme une tentative dangereuse de prolonger indûment le mandat du chef de l’État, au détriment de la stabilité démocratique du pays.
La tentative de révision ou de changement constitutionnel rappelle aux Congolais les manœuvres similaires sous Joseph Kabila qui, entre 2015 et 2016, avaient suscité une vive opposition. Du point de vue de l’opposition, il est clair que l’actuel président Félix Tshisekedi veut toucher à des dispositions verrouillées comme l’article 220, limitant le nombre de mandat présidentiel. Le discours du président Tshisekedi à Kisangani a ravivé les inquiétudes identiques à celles de l’époque de Kabila fils, provoquant une levée de boucliers au sein de l’opposition, de la société civile principalement de l’Église catholique.
La CENCO alerte
Monseigneur Donatien Nshole a exprimé sa vive préoccupation face à ce projet. « Changer la Constitution est très dangereux, car cela peut déstabiliser le pays, surtout dans un contexte fragile », a averti le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). L’épiscopat congolais qu’il représente, avec son influence significative, dénonce des acteurs politiques qu’il accuse de se concentrer uniquement sur leurs propres intérêts, ignorant le bien-être des citoyens.
Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala trahis?
Entre 2015 et 2018, deux jeunes braves avaient versé leur sang dans l’espoir d’un changement au sommet de l’État. “Ils ont payé de leur vie rêvant d’une gouvernance juste et démocratique”, fait comprendre un prélat. Thérèse Kapangala, jeune aspirante religieuse de la paroisse Saint-François de Salles à Kintambo, avait été fauchée par une balle tirée par la soldatesque du régime Kabila. Son seul « crime » fut d’avoir répondu à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC) pour manifester pacifiquement contre la dérive d’un troisième mandat illégal et un fichier électoral truffé de doublons, mineurs et expatriés. Quelques mois plus tard, en février 2017, Rossy Mukendi Tshimanga, figure de la résistance citoyenne, tombait à son tour sous les balles, froidement abattu par la police dans la cour de la paroisse Saint-Benoît, à Lemba. Son tort? Avoir défendu, lui aussi, le droit et la vérité.
On se rappelle aussi des militants de l’Udps, brûlés vifs par des miliciens de l’ex-majorité au pouvoir en septembre 2016, au siège de leur parti à Limete. Cette tragédie s’est déroulée en pleine tension politique, alors que feu Étienne Tshisekedi adressait son fameux « carton jaune » à Joseph Kabila et à l’autorité électorale, coupables à ses yeux, de n’avoir pas lancé l’enrôlement des électeurs avant l’échéance constitutionnelle de décembre 2016.
Avec ce mécontentement croissant, la modification ou le changement de la Constitution pourrait devenir le nouveau catalyseur d’une confrontation politique majeure en RDC. Si la majorité présidentielle persiste dans cette voie, le pays pourrait replonger dans une nouvelle crise, annihilant les acquis démocratiques obtenus au prix d’énormes sacrifices.
À l’époque de Kabila, des dizaines, voire des centaines de Congolais y avaient laissé leurs peaux. Partout, des églises catholiques furent profanées, envahies par des hommes en uniforme et des miliciens acquis à la cause de Kabila. Des prêtres furent battus, des religieuses violées. Ces atrocités n’avaient qu’un seul but : briser la solidarité d’un peuple qui, malgré les coups et les larmes, s’accrochait encore à l’espoir d’un lendemain meilleur.
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Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala, deux figures de la résistance contre le 3e mandat de l’ex-président Joseph Kabila @Photo Montage Ouragan.