
Politique
Un an après la rédaction de la chronique : « Entre Promesses et Chiffres ; la bataille des projets de société » sur le programme de campagne des candidats à la magistrature suprême, dont le Président Tshisekedi a été le grand vainqueur avec plus de 70 % des suffrages exprimés, il est pertinent de faire le point sur l’état d’avancement des six engagements (hexagone) pris par le Président de la République.
Lors de sa candidature à sa propre succession, Félix-Antoine Tshisekedi avait présenté un projet de société évalué à 88,7 milliards de dollars sur cinq ans (soit 17,74 milliards USD par an), articulé autour de six engagements majeurs et trois initiatives présidentielles prioritaires, axé sur l'unité, la sécurité et la prospérité. Bien que le budget du pouvoir central ait connu un accroissement de 21,6 % (atteignant 49.846,8 milliards de FC en 2025, par rapport à 40.986,0 milliards de FC en 2024), ce montant correspond à 16,9 milliards USD, inférieur à la projection faite lors du programme de campagne. De plus, l'engagement de créer 6,4 millions d'emplois répartis sur trois secteurs au cours des cinq prochaines années n'a pas été accompagné de politiques de grande envergure, et la situation sociale continue de se détériorer.
Dans le cadre de l'engagement d'améliorer le pouvoir d'achat par des mesures d'atténuation et de stabilisation du cadre macroéconomique, notamment en ce qui concerne le taux de change, la valeur est passée de 2700 FC pour 1 USD à 2850 FC pour 1 USD, ce qui représente une dévaluation de 5,6 % par rapport à l'année dernière. Les mesures visant à améliorer la qualité et l'efficience des dépenses publiques n'ont pas non plus connu de succès significatif. L'examen du projet de Loi portant Réédition des Comptes 2023 et les récentes déclarations de l'ancien ministre des Finances révèlent une dégradation importante dans le respect de la chaîne des dépenses, avec des paiements effectués en procédures d’urgence représentant plus de 50 % de la dette intérieure globale. De plus, le manque de priorités dans les infrastructures et les services publics est flagrant, notamment avec des projets tels que Kinshasa Arena et le Centre Financier de Kinshasa, qui s'inscrivent dans le cadre du « Soft Power », alors que le pays continue de faire face à d’énormes défis de sous-développement et de pauvreté.
Un autre engagement présidentiel se traduit par l'expression « Villes assainies et villes connectées », dans laquelle le programme évoque l'amélioration de la mobilité urbaine. Il a été souligné que le nombre de voitures dans la ville de Kinshasa devrait atteindre 2,17 millions d'ici 2040, entraînant une augmentation des déplacements à 21,7 millions en 2030 et 30,2 millions en 2040. Un an plus tard, la solution proposée par le Gouvernement a été l'instauration de « sens unique » dans certaines artères de la ville de Kinshasa, entraînant des embouteillages considérables. Par ailleurs, la situation de la salubrité à Kinshasa continue de se détériorer : bien que la production de déchets augmente, aucun projet ou programme d'assainissement n'a été mis en place depuis la mort par asphyxie de KIN-BOPETO.
Le dernier engagement examiné est le Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), un programme phare censé résoudre le problème de sous-développement et conduire le Congo vers l’émergence, qui stagne depuis plusieurs mois. Bien que la construction des routes à dessertes agricoles ait été annoncée comme imminente après la prise de fonction, il a été constaté un abandon total de ce projet. Ce n'est qu'à la fin d'octobre 2024 que le Gouvernement a décidé de débloquer 59.729.397 USD pour financer la clôture de la première phase de ce programme, répartis comme suit : BCECO (24.732.160 USD pour 181 ouvrages), CFEF (7.645.000 USD pour 635 ouvrages) et PNUD (27.352.237 USD). De plus, rien de concret n’est présenté pour la suite : que ce soit en termes de financement ou de réalisations différents volets qui sont : les routes à desserte agricole, ouvrages d’art, électrification des zones rurales, etc.
Parallèlement à ce qui s’apparente à un échec, le Président de la république s’ajoute un nouveau pilier : « la révision de la Constitution », qui transforme l’hexagone en pentagone. Grande est la déception, lorsque nous constatons la vigueur et les énergies qui se mobilisent avec une force quasiment divine pour réviser, ou mieux doter le pays d’une nouvelle Constitution, alors qu’il serait plus honorable, plus noble pour le Président, que ces énergies se mobilisent pour changer positivement la vie des congolais. Il nous reste qu’à espérer que l’exécutif national mettra tout en œuvre pour rencontrer les aspirations de la population par le biais de la réussite de l’hexagone.
*Jessy GOLOZE WABO, Consultant sur les questions de politiques publiques, projet de développement et Partenariat Public-Privé.
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