
Provinces
Goma brûle. Goma s’effondre. Sous les assauts répétés du M23, la ville est en train de basculer dans le chaos, et avec elle, des centaines de milliers de vies. Mais alors que la catastrophe se déroule sous nos yeux, la communauté internationale reste figée, incapable de répondre autrement que par des condamnations creuses et des appels à la retenue qui ne trompent plus personne.
Goma
Depuis plusieurs semaines, les habitants de Goma vivent l’enfer. Déplacements forcés, pillages, bombardements : la population est abandonnée à elle-même, prise entre l’avancée inexorable des rebelles et l’impuissance d’un État congolais laissé sans véritable soutien. Plus qu’un conflit, c’est une guerre d’occupation qui se joue ici, une guerre dont les causes sont connues, dont les acteurs sont identifiés, mais dont les responsables échappent toujours à la justice.
M23
Car ne nous y trompons pas : l’attaque contre Goma n’est pas une simple rébellion locale. Elle s’inscrit dans un schéma de prédation bien rodé, où des puissances voisines tirent les ficelles dans l’ombre, où des multinationales exploitent les richesses d’un territoire en feu, où l’hypocrisie des grandes puissances permet à la barbarie de prospérer. Le M23 ne renaît pas de ses cendres par hasard. Il est soutenu, armé, financé, et ses victoires sont le reflet d’un équilibre géopolitique vicié, où la vie des Congolais vaut moins que les minerais extraits de leur sol. Il faudrait souligner que cette situation est le résultat du déplacement de populations lors du conflit rwandais.
Nous ne pouvons plus feindre l’ignorance. Nous ne pouvons plus accepter que Goma devienne une ville martyre, condamnée à subir les assauts des groupes armés dans l’indifférence générale. Le silence est un choix. L’inaction est une complicité.
Conflit
Face à cette tragédie, il est urgent d’imposer des sanctions économiques et politiques contre ceux qui alimentent ce conflit, d’exiger des comptes aux États qui soutiennent ces violences et de mettre fin au commerce des minerais du sang, qui transforme les ressources congolaises en malédiction plutôt qu’en richesse partagée. Il faut également repenser le statut de Goma pour qu’elle ne soit plus une ville livrée aux pillards et aux ambitions extérieures. Un statut juridique particulier, garantissant sa protection sous mandat international, pourrait offrir aux populations une chance de reconstruire un avenir sans craindre le retour incessant des massacres.
Assez de diplomatie de façade. Assez de discours creux. Chaque jour qui passe sans action ferme est un jour de trop, un jour où l’on abandonne encore un peu plus une ville et un peuple qui méritent bien plus que notre simple compassion.
Goma saigne, mais Goma résiste. Ne laissons pas son cri se perdre dans le silence du monde.
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Image d'archives. L'entrée des rebelles du M23 à Goma