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Infos congo - Actualités Congo - Mediacongo 08 mars
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Politique

Les consultations tous azimuts de Joseph Kabila divisent

2025-06-05
05.06.2025
Provinces
2025-06-05
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Présenté comme un exercice d’écoute, le retour sur le terrain à Goma de l’ex-président ravive les clivages autour de son rôle et de ses ambitions dans la région.

Joseph Kabila est de retour. Depuis son arrivée à Goma, l'ancien président congolais multiplie les consultations avec la société civile. Confessions religieuses, notables traditionnels, responsables académiques, associations de femmes : tous ont défilé devant le « raïs », qui s'efforce de réaffirmer sa présence dans l'Est.

Le message est limpide. « En se montrant publiquement et en multipliant les rencontres, Kabila envoie un message clair : je suis là », analyse Onesphore Sematumba, expert chez International Crisis Group. Pour certains, il s'agit d'un exercice de communication, visant à contrecarrer les rumeurs persistantes sur son isolement ou son retrait.

Mais la séquence va au-delà de la symbolique. Le 29 mai, les confessions religieuses ont même loué son bilan. « Pendant 18 ans, il a œuvré pour la réunification », a rappelé le pasteur Joël Amurani. Une manière de légitimer ce retour sur le devant de la scène, même si les intentions politiques de l'ex-chef d'État restent encore floues.

Un message bien reçu par les chefs coutumiers et les femmes de Goma

Après les confessions religieuses, Joseph Kabila a poursuivi, le vendredi 30 mai, ses consultations à Goma en rencontrant les chefs coutumiers du Nord-Kivu. Dans une province marquée par des années d'insécurité, d'attaques armées et de déplacements de populations, l'ancien président a placé son intervention sous le signe de la réconciliation et de la stabilité. Un message qui a résonné chez les garants de l'autorité traditionnelle. « Il nous a dit qu'il est venu ici pour la paix. Or, notre préoccupation première, c'est bel et bien la paix. Nos populations aussi aspirent profondément à cette paix. Toute personne qui s'inscrit dans cette logique, celle de ramener la paix, a tout notre soutien », a affirmé le Mwami Kalinda Nicolas, chef de la chefferie de Bahunde. Avant d'ajouter, avec gravité : « En tant que chefs coutumiers, c'est notre plus grand souci et notre vœu le plus ardent. Il est temps de tout mettre en œuvre pour que la paix revienne, et ce, de manière définitive. »

Le lendemain, samedi 31 mai, ce sont les femmes engagées de Goma qui ont été reçues à leur tour. Issues de différents milieux – associations locales, syndicats, coopératives –, elles ont tenu à faire entendre la voix des communautés directement affectées par les violences. La région du Nord-Kivu, en particulier, est partiellement occupée par les rebelles du M23 depuis plus de six mois, une situation qui exacerbe les vulnérabilités. Face à Joseph Kabila, les représentantes ont rappelé leurs exigences : la sécurité, oui, mais dans le respect des droits des populations et avec la participation des femmes aux processus de décision. « L'ancien président est venu à Goma pour voir comment la paix peut revenir dans notre pays », a expliqué Liberata Buratwa, l'une des participantes à la rencontre. « Il nous a dit qu'il n'est pas venu pour diviser le pays. Il a montré qu'il veut que le Congo reste uni. Nous sommes contentes de sa réponse », a-t-elle ajouté.

Goma, laboratoire du retour politique de Joseph Kabila ?

La tournée de Joseph Kabila dans l'est de la RDC intervient dans un climat explosif. Chaque prise de parole, chaque rencontre, est scrutée, analysée, et parfois interprétée comme un acte de défiance ou de calcul politique. « Joseph Kabila est dans une logique d'explication, presque pédagogique. Il veut expliquer ce plan, s'assurer qu'il soit compris et, en même temps, recueillir les réactions », analyse Sematumba. « Il a balayé toute la sphère sociale dans un format restreint, mais représentatif », note l'analyste.

Moïse Nyarugabo, compagnon politique de longue date de Joseph Kabila et présent à ses côtés lors de ces consultations, a tenu à préciser le sens de cette démarche. « Il ne s'agit pas simplement d'une visite de courtoisie ou d'un geste symbolique », a-t-il affirmé. « Dans son adresse à la nation, Joseph Kabila a clairement indiqué qu'il venait pour contribuer à la recherche de la solution à la crise actuelle, particulièrement pour œuvrer en faveur de la paix. » Et de préciser la méthode adoptée : « Une fois sur le terrain, la priorité était d'écouter, de s'informer et d'apprendre directement de ceux qui vivent les réalités de la crise. Avant de proposer une quelconque contribution, il est essentiel d'avoir une compréhension claire et partagée de la situation tant par la population que par ceux qui exercent l'autorité de l'État. »

Cette initiative intervient dans le sillage du discours solennel prononcé par Joseph Kabila le 23 mai dernier. L'ancien chef de l'État y appelait à un « pacte citoyen » décliné en douze engagements censés « sauver le Congo ». Parmi les priorités figurent la fin des conflits armés, la restauration de l'autorité de l'État et le retour à un cadre démocratique renforcé. Selon son entourage, les consultations engagées ne représentent qu'une première étape. À terme, elles devraient déboucher sur l'élaboration d'une feuille de route fondée sur les attentes recueillies auprès des communautés locales. Ce document, encore en gestation, devrait fixer les actions prioritaires et proposer un calendrier pour leur mise en œuvre. Une méthode participative affichée, mais dont les retombées politiques — attendues ou redoutées — nourriront à coup sûr les débats dans les semaines à venir.

Une tournée qui ravive les tensions politiques

La présence de Joseph Kabila dans une région en partie contrôlée par les rebelles de l'AFC/M23 ne cesse de faire réagir. Ancien président resté longtemps silencieux, Kabila intrigue, inquiète et divise. Pour certains, sa tournée à l'Est relève d'une démarche citoyenne en quête de solutions à la crise. Pour d'autres, elle ressemble davantage à une manœuvre politique, aux contours encore flous.

Dans les rangs de l'opposition, la riposte n'a pas tardé. Le 2 juin, Martin Fayulu a dénoncé ce qu'il considère comme une dangereuse légitimation implicite du mouvement rebelle. « Joseph Kabila doit quitter Goma. Aucune stratégie ne peut justifier une collaboration avec ceux qui déchirent notre pays », a-t-il martelé, appelant à une clarification sans ambiguïté.

Au sein du parti présidentiel, l'UDPS, la ligne est tout aussi tranchée. Augustin Kabuya, secrétaire général par intérim, a vivement critiqué l'initiative, qu'il perçoit comme une tentative de retour sur la scène politique nationale. « Joseph Kabila est un homme du passé, il n'a plus de leçon à donner », a-t-il cinglé, balayant d'un revers de main toute idée de réhabilitation.

D'autres, à l'image de Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre de l'Industrie, ont exprimé leur trouble. « Ce que je vois est en contradiction avec tout ce pour quoi nous avons lutté. Il se retrouve aujourd'hui entouré d'officiers qu'il avait lui-même radiés des Forces armées. J'ai du mal à croire qu'il soit là », a-t-il confié, laissant transparaître un malaise personnel autant que politique.

Face à cette polémique grandissante, une question s'impose : que fera Joseph Kabila des paroles recueillies et des critiques entendues ? « C'est la question centrale : va-t-il tirer des conclusions ? Va-t-il produire une synthèse, comme l'avait fait Mobutu à l'époque, pour clarifier ses intentions et ses futures actions ? » interroge un analyste de l'International Crisis Group. Nombre d'observateurs attendent également qu'il prenne position sur l'AFC/M23 et précise la durée, ainsi que les objectifs concrets, de son séjour à Goma.

En toile de fond, cette séquence met en lumière les fractures persistantes au sein de la classe politique congolaise. Tandis que certains saluent une initiative patriotique en faveur de la paix, d'autres y voient une opération de repositionnement, à mesure que se dessinent de futures échéances électorales. Le gouvernement, lui, adopte un silence prudent, tandis que plusieurs voix redoutent qu'en l'absence de clarification, cette tournée ne contribue à brouiller les lignes, voire à légitimer de fait la rébellion du M23.

 


Le Point / MCP , via mediacongo.net
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Il y a 278 jours
Famille Tshisekedi Malheur de la RDC : 1. En 1960 : Tshisekedi est impliqué dans la sécession du Kasai avec Albert Kalonji qu’ils utiliseront comme outils de chantage sur Mobutu pour lui imposer leur volonté 2 Tshitshi Organise l’assasinat de Lumumba qu’il a appellé crapeau 3. Co-rédacteur de la manifestation de la Nsele : la présidence à vie à Mobutu, en contrepartie Tshisekedi obtient le contrôle de l’administration de tout le Zaire : Ainsi 100 % de l’administration publique 11 provinces confié aux Kasaïens 3. Tshisekedi sera à la base de pillages de 1991 ainsi que les massacres de Kasaïen au Katanga résultats de la révolte contre leur domination 4 Cela poussera plus de Kasaïen en exil, une diaspora qui s'octroie le droit de définir qui est congolais et à qui ils reconnaissent la congolité selon que leurs intérêts sont servis ou pas 5 Matama 15% chance eloko pamba arrive au pouvoir, il piétine la constitution crée de frustrations et utilise le nom de Kagame pour orchestrer balkanisation RDC

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Il y a 278 jours
Joseph kanambe est fini depuis

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Il y a 278 jours
(Suite)Il disait que Kabila voulait le chaos pour rester au pouvoir. C'est exactement c'est qu'il est en train de faire. Posons nous la question, sans paix, en 2028 il y'aura des élections ? Ceux qui peur de la paix, sont ceux qui ont le pouvoir. C'est dans leurs intérêts. Être patriotique veut dire etre derrière la constitution, textes du pays avant tout, avant d'être derrière le chef de l'état. En RDC il en est ainsi, non. Kabila est dans le chemin de la cherche de la paix. Malheureusement, il y'a des ceux qui pêchent mieux en eau trouble. Peur de perdre le pouvoir, privilèges et honneurs. Voilà ce qui hantent le camp Tshilombo. Si Kabila se comportait comme Fayulu, c'est à dire accepter les bêtises de Tshilombo, il serait aujourd'hui au panthéon de la gloire. Les congolais doivent retenir la question électorale et la guerre à l'est. Sont 2 questions liées. Voilà même pourquoi Kabila a pris le bâton de la paix.

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Réponse : 1
Il y a 278 jours
La grande question est? Qui a peur de la paix? Pourquoi on a peur de la paix. A qui profite la guerre ou crime. En effet, dans toutes les médiations externes, on nous renvoie toujours à l'intérieur du pays. Les proches du pouvoir, ont fait absorber au peuple congolais l'occupation de l'est par l'armée Rwandaise. Malgré cela la communauté internationale intensifie plutôt ses bonnes relations économiques avec le Rwanda. Alors posons les vraies questions sur nos responsabilités. Par ailleurs, nous oublions très souvent que les élections sont pour bientôt. En 2 ans Tshilombo et sa cour peuvent ils changer la situation ? Aurions nous les mêmes élections chaotiques comme en 2023 ? La pire erreur politique, n'était pas la fin de la coalition Fcc-cach. Mais plutôt la transhumance. Les transhumants, type Mende, ont peur de la normalité. Tshilombo est l'unique garantie pour tous les feneants manteaux dans ce mangeoire. À la prise de Bunangana, même avant, Tshilombo voulait lui aussi sa guerre, pour eterniser son clan au pouvoir. Pour ce faire, il faut aller réécouter les discours de Tshilombo alors opposant. Il disait que Kabila voulait le chaos pour rester au...

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Il y a 278 jours
Nous souffrons beaucoup à Goma et Bukavu depuis leur chute . Ceux qui sont là rien de promettant , ceux qui sont à Kin , nous ne savons pas ce qu’ils pensent de nous . Nous ne savons pas si nous sommes sacrifiés car si du moins l’occupation ,c’était pour libérer le peuple , ils devraient se mettre sur une table pour dialoguer . Nous voulons la paix et rien que la paix , qu’on cesse de s’accuser et qu’ils parlent ensemble pour voir comment nous faire ressortir de cette crise , ceux qui sont ailleurs pensent que la vie que nous menions , est facile et pourtant les gens souffrent , rien ne va .

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Article suivant 15 ans d’enquêtes, aucune poursuite contre Dan Gertler
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Article précédent Sanctions américaines : Kigali dénonce une décision « injuste » et accuse la RDC de violer le cessez-le-feu

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