
Monde
Si la région et sa capitale Dnipro est régulièrement la cible de frappes meurtrières de drones et de missiles, la zone semblait jusqu’alors épargnée de toute offensive terrestre.
Mauvaise nouvelle pour le front ukrainien. L’armée russe a annoncé ce dimanche 8 juin mener une offensive dans la région ukrainienne de Dnipropetrovsk, bordant celle de Donetsk, une première en plus de trois ans de conflit, à un moment où les négociations de paix entre Kiev et Moscou sont dans l’impasse.
Pour l’heure, côté ukrainien, seul le commandement des forces de défense du Sud a réagi, disant que « l’ennemi n’abandonnait pas ses intentions d’entrer dans la région de Dnipropetrovsk », dans le centre est, et que les soldats ukrainiens « tenaient leur secteur du front ». Mais ni le haut commandement militaire ni le président Volodymyr Zelensky n’ont pour l’instant fait de commentaires face à ce qui pourrait, si cela était confirmé, marquer un revers pour des forces ukrainiennes en difficulté sur le front faute d’hommes et d’armements.
L’entrée de l’armée russe dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) marquerait un nouveau revers symbolique pour des forces ukrainiennes, en difficulté sur le front faute d’hommes et d’armements.
« Les unités de la 90e division blindée (...) ont atteint la frontière ouest de la République populaire de Donetsk et continuent de mener l’offensive sur le territoire de la région de Dnipropetrovsk », a écrit l’armée russe sur Telegram, en utilisant le nom que Moscou utilise pour la région de Donetsk annexée.
Objectif « numéro un »
L’Ukraine n’a pas réagi dans l’immédiat à ces déclarations, mais les autorités régionales de Dnipro avaient fait part d’un mort dans un bombardement russe à Mejivska, localité située non loin de la région de Donetsk. Moscou a par ailleurs annoncé la prise de Zarya, petit village dans cette région de Donetsk.
Au-delà de l’aspect symbolique, cette avancée des troupes de Moscou pourrait également avoir une valeur stratégique sur le terrain, en pleines discussions diplomatiques poussées par Washington pour un règlement du conflit. Certains observateurs estiment en effet que les Russes pourraient vouloir continuer leur progression dans la zone de façon à mettre à mal le dispositif défensif ukrainien dans le Donbass, objectif « numéro un » proclamé par le président russe Vladimir Poutine.
Avant l’offensive russe en février 2022, quelque trois millions de personnes vivaient dans la région de Dnipropetrovsk, dont environ un million dans la capitale régionale, Dnipro. De nombreux Ukrainiens, fuyant les combats dans les régions orientales de Donetsk et Lougansk, y ont trouvé refuge après l’assaut initial des troupes russes.
Si Dnipro a est régulièrement la cible de frappes meurtrières de drones et de missiles - en novembre 2024, la Russie y avait tiré pour la première fois son missile expérimental de portée intermédiaire Orechnik, affirmant avoir touché un site industriel militaire - la zone semblait jusqu’alors épargné de toute offensive directe comme celle annoncée ce dimanche.
« Plus de risques que d’avantages »
Selon l’analyste militaire ukrainien Oleksiï Kopytko, une avancée russe dans la région de Dnipropetrovsk présente « beaucoup plus de risques que d’avantages pour la Russie », en raison de son « impossibilité à concentrer des troupes » en nombre suffisant « pour une percée ». « L’armée russe ne dispose pas des forces et des moyens nécessaires pour mener des opérations à grande échelle », avait assuré auprès de l’AFP cet expert quelques semaines avant l’annonce de la percée russe.
L’annonce de cette percée intervient alors que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement de perturber un échange de prisonniers prévu ce week-end, unique résultat concret des pourparlers directs tenus en début de semaine, plus de trois ans après le lancement de l’invasion russe en février 2022.
Mais ces négociations menées à Istanbul entre Kiev et Moscou sur une trêve, encouragée par Washington, n’ont pas permis de rapprocher les positions. La délégation russe a remis à Kiev une liste de demandes comprenant notamment le retrait de ses forces de quatre régions dont Moscou revendique l’annexion, la renonciation de l’Ukraine à intégrer l’Otan et la limitation de la taille de son armée. Des conditions qualifiées mercredi par Volodymyr Zelensky d’« ultimatums » inacceptables.
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