
Politique
Dans une déclaration marquante ce mardi premier juillet depuis le Vatican, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et figure majeure de l’Église catholique en Afrique centrale, a affirmé son soutien à l’accord de paix historique signé le 27 juin entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda sous médiation américaine à Washington. Ce discours intervient dans un contexte de tensions persistantes dans l’Est de la RDC, où le groupe armé M23, accusé d’être soutenu par Kigali, continue de semer la violence et la désolation.
Lors d’un entretien accordé aux médias dans l’enceinte du Saint-Siège, le cardinal Ambongo a reconnu la nécessité de cet accord, tout en soulignant les circonstances douloureuses qui l’ont précédé. « Il y a l’accord qui a été signé, et nous savons dans quel contexte il a été signé. C’est par rapport à la situation à l’Est du pays, où il y a guerre avec les M23 soutenus par un pays voisin, le Rwanda, avec des conséquences humanitaires désastreuses », a-t-il déclaré.
Le prélat congolaisna insisté sur la souffrance des populations civiles, victimes collatérales d’un conflit qui dure depuis des décennies. « Il y a nos frères et sœurs qui souffrent à l’Est. Face à cette situation, signer un accord pour mettre fin à la guerre et mettre fin à la souffrance de notre peuple, nous le soutenons », a-t-il martelé, appelant à une mise en œuvre effective des clauses de l’entente.
Un conflit aux ramifications régionales et internationales
L’implication présumée du Rwanda dans le soutien au M23 a longtemps été un sujet de tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali. Les récentes avancées militaires des rebelles dans le Nord-Kivu, couplées aux accusations répétées de la RDC contre le Rwanda, ont conduit la communauté internationale, notamment les États-Unis et l’Union africaine, à intensifier leurs efforts de médiation. L’accord de Washington, bien que salué par plusieurs acteurs clés, suscite néanmoins des interrogations quant à sa viabilité sur le terrain, où les groupes armés restent actifs malgré les déclarations de cessez-le-feu.
L’intervention du cardinal Ambongo s’inscrit dans la lignée des prises de position régulières de l’Église catholique congolaise, qui joue un rôle central dans la dénonciation des violences et la promotion du dialogue. Déjà en 2023, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) avait multiplié les appels à une résolution pacifique du conflit, tout en dénonçant l’ingérence étrangère et l’exploitation illégale des ressources naturelles, facteurs aggravants des tensions.
Le Vatican, par la voix du pape François pendant son vivant, avait également exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation face à la crise humanitaire en RDC, appelant à « un engagement renouvelé en faveur de la réconciliation et du développement intégral ».
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