Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Medias & tendances Immobilier Recherche Contact



Infos congo - Actualités Congo - Ecobank_30012026
mediacongo
Retour

Politique

Remaniement gouvernemental : Tshisekedi face au défi d’étouffer l’héritage de Kabila (Tribune de Jo M. Sekimonyo)

2025-07-28
28.07.2025
2025-07-28
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2025_actu/07-juillet/28-31/remaniement_gouvernemental_pht_ks_28_juillet_2025.jpeg -

Les Congolais scrutent avec ferveur la composition des Léopards, surtout l’équipe nationale de football. Chaque sélection est disséquée, chaque joueur évalué, les mérites débattus avec passion. Les discussions sont animées, les choix contestés, les attentes élevées, qui symbolisent l’honneur du pays.

Mais lorsqu’il s’agit de la formation d’un gouvernement, on applaudit par réflexe tribal, on célèbre la présence de sa province, et l’on accueille sans sourciller des visages inconnus, souvent sans compétence avérée. On ne cherche pas à savoir ce que ces futurs ministres ont pensé, écrit, réalisé ou proposé sur les portefeuilles qu’on leur attribue. Leur vision, leur parcours, leur capacité à gouverner ne suscitent ni débat ni exigence. On ne réclame même pas l’information manquante.

Les postes sont distribués comme des prix de consolation, puis l’on fait mine de découvrir, trop tard, que l’incompétence s’est invitée au sommet de l’État.

Au fond, on fait semblant de ne pas voir, on tolère l’à-peu-près, on flirte avec la médiocrité comme avec une vieille maîtresse — par fatigue, par cynisme, ou simplement parce qu’on s’y est attaché.

Et tous les régimes, tous ces syndicats criminels déguisés en partis politiques, qui finissent toujours par s’installer autour de la table, le savent parfaitement, s’en réunissent, et s’en servent, parce que c’est confortable, immobile, et surtout terriblement pratique pour ne rien changer.

Changement ou replâtrage ?

L’annonce d’un remaniement ravive une question devenue presque rituelle :

« Verra-t-on enfin naître une véritable équipe de rupture, ou s’agit-il d’un simple coup de pinceau sur les fissures d’un système à bout de souffle ? ». À chaque annonce, l’espoir renaît, mais la mécanique reste : les jeux d’équilibre, les concessions tribales, les calculs politiques. Rien qui ne laisse entrevoir une volonté réelle de transformation.

L’indifférence qui a entouré la nomination du nouveau gouverneur de la Banque Centrale en est une illustration frappante. Ce poste stratégique, essentiel pour stabiliser une économie en crise chronique, a été pourvu sans le moindre débat public. Ni la presse, ni l’opinion publique, ni les partenaires internationaux n’ont levé le petit doigt dans un sens ou un autre.

Comme si piloter la politique monétaire d’un pays économiquement pâle n’avait plus d’importance, était une simple formalité administrative. Silence total. Pas de vision exposée, pas d’objectifs clairs. Une occasion manquée, de plus.

Des gouvernements sans empreinte

Il faut dire que les gouvernements se sont succédé sous le règne Tshisekedi sans laisser de trace tangible dans la vie des Congolais. Aucune réforme structurelle majeure, aucune amélioration significative du quotidien. Seulement des promesses, toujours des promesses. Des nuages lourds qui annoncent la pluie, mais dont rien ne tombe.

L’histoire ne retiendra ni les discours bien ficelés, ni les effets d’annonce. Elle retiendra les actes qui auront, un jour, fait basculer le réel.

Faire la même chose en espérant un résultat différent ? Certes, on ne peut accuser formellement le régime Tshisekedi d’avoir élevé l’absurde au rang de doctrine d’État. Mais à force de recycler les mêmes recettes usées, en espérant des miracles à chaque remaniement, on finit par se demander si l’immobilisme n’est pas devenu une stratégie. Remanier, récompenser et recommencer. Voilà la boucle.

Le symbole Suminwa

Le maintien de Judith Suminwa à la tête du gouvernement en est un exemple emblématique. Sans feuille de route publique, sans vision annoncée, sans signe de rupture nette avec le passé, cette décision envoie un signal clair que l’on ne change pas une équipe qui n’a encore rien prouvé.

Au lieu d’incarner un renouveau, ce choix conforte l’idée que Tshisekedi ne souhaite ni gouverner autrement, ni déranger l’ordre établi, mais simplement continuer à régner avec les mêmes repères, les mêmes équilibres et les mêmes silences gênants.
On ne parle pas de choc de gouvernance ici, mais de douce continuité dans l’inaction.

Récompense avant mérite

Derrière ces choix se cache une constante bien connue : la récompense avant le mérite. Dans cette loterie politique, les portefeuilles ne vont pas aux adroits ou brillants dans le domaine, ni aux plus compétents, mais à ceux qui ont su plaire, protéger, ou applaudir au bon moment.

Aucune exigence de compétence, aucun débat sur les idées, aucun critère public d’évaluation.La loyauté supplante la vision, les dettes politiques remplacent les programmes, et les nominations ressemblent à des faveurs échappées d’une soirée de remerciements.

Résultat ? L’immobilisme se pare des habits du changement, on repeint la façade pendant que les fondations pourrissent, et l’on feint la surprise quand le bâtiment ne tient pas.

Et si on osait rêver grand pour la RDC ?

Il faut bien s’autoriser à rêver un peu, surtout quand la réalité politique vous sert les mêmes plats réchauffés.

Imaginons un instant un gouvernement congolais qui ne soit pas une loterie ethno-politique, mais un véritable casting de compétences. Un cabinet qui ferait lever les sourcils à Kinshasa, mais aussi à Bruxelles, Washington et Addis-Abeba.

Ramener Freddy Matungulu de la Banque mondiale pour le poste de Premier ministre ou à défaut, celui de ministre des Finances.
Et pourquoi ne pas confier le ministère de l’Intérieur à François Beya, alias « Fantômas », s’il consent à revenir sur scène.

Injecter du sang neuf : Nicole Sulu, fondatrice du réseau Makutano, comme ministre de l’Entrepreneuriat. Richard Ali, pilier culturel, à la Culture et aux Arts. Denis Mukwege, prix Nobel, aux Affaires étrangères. Jean Bele, entrepreneur technologique, à l’Industrie. Mme Malangu Kabedi Mbuyi, à la Fonction publique. Et Trésor Lomana LuaLua, au ministère des Sports.

Pour calmer les frustrations, on pourrait caser Jean-Pierre Bemba aux Affaires sociales et Julien Paluku à la Jeunesse. Au moins là, les frustrations se règleront au micro, et non à la machette.

La gomme du destin

L’histoire poursuit sa marche, mais Tshisekedi, lui, commence sérieusement à manquer d’air et d’encre s’il espère inscrire son nom au-dessus de celui de Joseph Kabila dans la mémoire collective congolaise.

Un simple remaniement ministériel n’y changera rien. Ce qu’il faut, c’est une rupture nette, audacieuse, avec l’image tenace d’une médiocrité institutionnalisée.

Sans cela, il restera un nom de plus sur la liste des présidents qui ont frôlé la grandeur sans jamais l’atteindre.

Mais soyons honnêtes : il reste bien peu de choses que Tshisekedi puisse encore accomplir dans le court laps de temps qu’il lui reste. Deux ans à peine.
Trop court pour construire ce qu’il n’a pas su enclencher en plus d’un mandat.

Une dernière carte : la digitalisation

Il lui reste peut-être une carte : la digitalisation du secteur public.

Un chantier fondateur, mené à bien en moins de deux ans, à coût modeste, misant sur le savoir-faire local.

Créer un ministère délégué à la Présidence, exclusivement dédié à cette mission, et confié à une figure affranchie du clientélisme.

Une réforme capable de moderniser l’État, rationaliser la gouvernance, et ouvrir les portes d’un autre Congo : numérique, transparent, plus efficace.

Ce ne serait peut-être pas suffisant pour effacer le reste, mais ce serait une œuvre vraie, profondément transformatrice. Une empreinte. Une gomme contre l’oubli.

Jo M. Sekimonyo, Économiste politique, théoricien, militant des droits humains et écrivain


LePotentiel / MCP , via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 9 commentaires
3932 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Poster un commentaire, réagir ?

Les commentaires et réactions sont postés librement, tout en respectant les conditions d’utilisation de la plateforme mediacongo.net. Vous pouvez cliquer sur 2 émojis au maximum.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise

MediaCongo – Support Utilisateurs


Il y a 209 jours
Les causes du mal ont été identifiées, il y a longtemps. Les remèdes aussi sont identifiés. Ce qui nous manque est cette fibre patriotique, cette fierté personnelle de l’accomplissement, cette culture de travail. Cela peut se developper si ceux qui aspirent à gouverner se challengent quotidiennement. Avez vous deja entendu une analyse soutenue des politiciens ? Depuis Kabila, chance eloko pamba à Tshilombo, un tonneau vide. Aujourd’hui, on se tourne encore vers la communauté internationale . Nous avons les outils pour nous prendre en main mais hélas nous attendons le retour du Christ.

Réagir

Répondre
Il y a 209 jours
C'est la tête du pays qui ne marche pas. Tshilombo n'est pas à sa place. Tenez, en Occident, après la guerre 40-45 et le début de la démocratie. Les hommes politiques de cette période là, du début de la démocratie sont des chefs politiques des partis et sont restés au pouvoir pendant 30 ans, avec les mêmes noms et ministres. C'est maintenant que nous voyons des nouveaux venus. Mais tous ces hommes avaient, et ont la culture du respect des écrits. Les gens restent fidèles aux constitutions, textes des leurs pays, lois. On fait la cuisine avec ce qu'on a. La RDC aura pour un long moment les mêmes noms en politique. Mais c'est le respect des textes et constitution qui changent la donne.

Réagir

Répondre
Réponse : 1
Pourquoi nécessairement un poste ministériel à Jean Pierre Bemba et un autre à Julien Paluku ? Ces deux congolais sont nés pour être nécessairement et tout le temps des ministres ? Vous avez bien pointé les causes de nombreux échecs du gouvernement actuel. Avez-vous évalué les performances actuelles du ministre de transport pour lui accorder un antre ministère? Jean-Pierre ne mérite rien. Le pays est sans permis de conduire depuis combien de temps? En plus, si le clan Kabila a géré le dossier de livraison de passeports congolais pendant son règne, qui est le vrai gérant du dossier "livraison de nouveau passeport" en RDC? Les mêmes erreurs risquent de se reproduire avec un impact plus négatif que dans le passé. Des milliers de congolais en dehors de Kinshasa et à l'étranger sont sans passeports. Nos étudiants résidents sont entrain de perdre leur permis de séjour par manque d'un passeport en cours de validité.

Réagir

Répondre
Pays maudit. Tshilombo est le problème. Avec lui, rien ne se fera… il doit être chassé du Congo

Réagir

1
1
Répondre
Réponse : 1
Il y a 209 jours
Peine perdue. Les de Kabila ? D'avoir tiré le mieux chez chaque ministre. Tous les anciens premiers ministres et ministres se vantent toujours d'avoir fait quelque chose pour le pays. En effet, notre constitution est très claire sur les fonctions du Président et du Premier ministre. Sont 2 programmes en compétition pour le bien du pays. Les empruntes du 1 ministre et Président sont là pour chercher les meilleurs solutions. Tshilombo par contre il convaincu d'avoir la primoter sur les idées. Nicolas Kazadi le dit lui-même. Multiplication des agences sans programme. Si un président promet de faire de la RDC l'Allemagne d'Afrique c'est déjà signe de l'autocratie. Ainsi on attend le pain fabriquer avec la farine de manioc. Kabila était jeune garçon avec un cerveau flexible. Ainsi il apprenait beaucoup des ses ministres et étudier beaucoup chaque dossier. Il semblait etre loin du gouvernement pour mieux évaluer. Il privilège le travail et le silence. Chaque capitaine a son style.

Réagir

1
1
Répondre
Réponse : 1
Il y a 209 jours
Une belle plume vanant d'une tête bien faite. Nous sommes les seuls à pouvoir nous affranchir de nos propres carcans. Soyons des Congolaises et Congolais de conviction et d'action. Merci pour votre article cher compatriote.

Réagir

2
1
Répondre
right
Article suivant Après la messe en mémoire des martyrs du 16 février 1992 : "Ils ont attaqué le cortège du président Martin Fayulu" (Prince Epenge)
left
Article précédent Conférence de Munich : Thérèse Kayikwamba plaide pour une sécurité érigée en socle du développement en Afrique

Les plus commentés

Politique Dialogue, le schéma Kabund exposé à Louis Michel et Marc Pecsteen

20.02.2026, 7 commentaires

Politique « Les Congolais doivent rester vigilants face aux initiatives de dialogue avec le Rwanda » (Roland Ngoie)

22.02.2026, 6 commentaires

Société Retards de paie des agents de l’État: Félix Tshisekedi ordonne un audit de l’état liquidatif en 30 jours

21.02.2026, 5 commentaires

Economie RDC : 81 organisations réunies au sein du MOSSAC contestent les Accords de Washington et exigent leur révision

22.02.2026, 5 commentaires

Ont commenté cet article



Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance