
Politique
Un climat délétère règne à l’Union sacrée. Quelques élus tentent un coup de force. Depuis quelques jours, la tête de Vital Kamerhe a été mise à prix. Dans les couloirs de l’hémicycle de la Chambre basse du Parlement, des dollars américains circuleraient pour faire éjecter le leader UNC du perchoir. « Nous avons déjà recueilli 131 signatures contre le président Kamerhe. On a largement dépassé le seuil requis en ce qui le concerne », a affirmé à Jeune Afrique, le député Crispin Mbindule.
Pour évincer VK, les signataires de la pétition le jugent incapable de diriger le bureau. Il lui est reproché une gestion opaque des fonds, alors que le gouvernement verse régulièrement la dotation : les émoluments de 15 millions de FC des députés, livrés en miettes. À ceux-ci s’ajoute la suppression des soins de santé pour les élus et leurs familles, ainsi qu’une absence de dotation en mobilité. L’élu du Sud-Kivu aurait siphonné avec les membres de son bureau le peu de moyens que le gouvernement mettait à la disposition de partager, oubliant de partager le butin avec ses collègues. L’ire des élus de l’USN est manifeste. D’autres ne s’empêchent pas d’évoquer le dossier 100 jours version Assemblée nationale.
Odieux, le plan anti-Kamerhe indigne certains esprits éclairés. Il est concocté là où certains radicaux refusent d’admettre la position du leader de l’UNC face à la crise multiforme actuelle. Pour séduire les plus malléables, plusieurs sources parlent de 500 dollars américains proposés par député pour destituer le speaker.
Les complotistes ont décidé de déclencher les hostilités dès l’ouverture de la session prévue le 15 septembre. Ils ne jurent que par le départ de leur président jugé trop gourmand et narcissique. Avec lui, les autres membres risquent aussi de chuter. Le vice-président, Jean-Claude Tshilumbayi, cadre du parti présidentiel est dans le viseur. « Pour les autres membres du bureau, il nous fallait 50 signatures. Or nous en avons 119 contre la questeuse, Chimène Polipoli Lunda, 67 contre la questeuse adjointe, Grâce Neema Paininye, 84 contre le rapporteur, Jacques Ndjoli, 93 contre la rapporteuse adjointe, Dominique Munongo Inamizi, 4 contre le premier vice-président, Jean-Claude Tshilumbayi, et une seule contre le deuxième vice-président, Christophe Mboso », indique le même parlementaire, membre de la famille politique du chef de l’État.
Et pourtant, sous Vital Kamerhe, le budget de fonctionnement de l’Assemblée nationale a été réduit de manière significative, passant de 48 milliards de francs congolais mensuels (plus de 16 millions de dollars) sous la présidence de Christophe Mboso à 28 milliards. « Une possible stratégie politique visant à limiter la marge de manœuvre de Kamerhe », a-t-on dénoncé dans son sérail.
En décidant de supprimer Kamerhe, la famille politique de Tshisekedi créera une grande division entre le peuple, prévient un cadre de l’UNC. « Vital Kamerhe représente aujourd’hui le ciment entre la partie-est et ouest du pays. Débattre de son cas en ce moment crucial est une preuve irréfutable que l’Union sacrée va alimenter des divisions entre les communautés. Kamerhe incarne aujourd’hui l’espace swahili. Son départ donnera sans doute un argument aux rebelles qui évoquent déjà le tribalisme, le régionalisme, mais surtout l’exclusion des leaders de l’espace swahili », a interpellé sur X, le journaliste Yves Buya qui demande au régime de penser à la cohésion nationale.
Vital Kamerhe avait été élu président de l’Assemblée nationale le mercredi 22 mai 2024, trois jours après l’attaque de son domicile lors d’une présumée tentative de coup d’État. Les seules voix qui lui avaient échappé étaient les 36 bulletins nuls ou blancs, sur un total de 407 votants. L’ex-candidat à la présidentielle de 2011 retrouvait un poste qu’il avait occupé de 2006 à 2009, sous la présidence de Joseph Kabila. En 2020, alors directeur de cabinet du chef de l’État, il était accusé de détournement de fonds et condamné à vingt ans de prison. Il sera libéré un an plus tard et acquitté en appel en 2022.
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